La Commission européenne publie ce 18 mai 2026 son rapport annuel sur l’état de l’espace Schengen. Ce document dresse un bilan du fonctionnement de l’espace Schengen et fixe les priorités du nouveau cycle 2026-2027, dans un contexte marqué par la modernisation des contrôles aux frontières, la pression migratoire, les enjeux de sécurité et la préparation d’ETIAS.
Pour les voyageurs internationaux, plusieurs points ressortent directement du rapport.
L’Union européenne confirme d’abord que l’Entry/Exit System (EES), le système automatisé d’enregistrement des entrées et sorties des ressortissants de pays tiers, est désormais pleinement déployé à tous les points de passage frontaliers Schengen depuis le 10 avril 2026.
Bruxelles rappelle également que les préparatifs de l’ETIAS progressent, tandis que le lancement officiel de cette autorisation de voyage est toujours prévu au cours du dernier trimestre de 2026.
60 millions de passages déjà enregistrés par l’EES
Comme le rappelle la Commission européenne, les États Schengen ont commencé à déployer progressivement l’EES à la mi-octobre 2025. Durant cette phase de démarrage de six mois, le système a permis d’enregistrer plus de 60 millions d’entrées et de sorties de ressortissants de pays tiers.
Dans le communiqué de presse accompagnant le rapport, la Commission indique également que 32 000 personnes, qui n’avaient aucun droit d’entrer dans l’Union européenne, se sont vu refuser l’entrée. Parmi ces cas, près de 800 personnes ont été considérées comme représentant une menace pour la sécurité intérieure, tandis que près de 7 000 voyageurs se sont vu refuser l’entrée pour dépassement de la durée de séjour autorisée dans l’espace Schengen.
Pour Bruxelles, l’EES apporte déjà des bénéfices visibles en matière de sécurité, notamment grâce à la détection de documents frauduleux, d’identités usurpées ou de voyageurs ayant dépassé leur durée de séjour autorisée.
La Commission reconnaît toutefois que certains États ont rencontré des difficultés pratiques pendant la phase de déploiement, notamment sur le fonctionnement des bornes en libre-service, la capacité à enregistrer correctement les données biométriques ou la gestion des flux à certaines heures de forte affluence.
L’ETIAS entrera en service au dernier trimestre 2026
Le rapport 2026 confirme aussi que le lancement d’ETIAS constitue la prochaine étape importante pour le contrôle préalable des voyageurs exemptés de visa.
L’ETIAS, pour European Travel Information and Authorisation System, concernera les voyageurs de pays tiers dispensés de visa pour entrer dans l’espace Schengen. L’autorisation permettra aux autorités européennes d’évaluer certains risques avant le départ, tout en conservant une procédure de voyage simplifiée pour la majorité des visiteurs.
Comme l’indique le portail officiel de l’Union européenne consacré à l’ETIAS, le système doit entrer en service au cours du dernier trimestre de 2026. Pour l’instant, aucune démarche n’est requise de la part des voyageurs.
La Commission souligne que la participation anticipée du secteur du voyage sera essentielle au bon déploiement du système. Compagnies aériennes, agences de voyage, plateformes de réservation et voyageurs devront en effet intégrer cette nouvelle formalité avant l’embarquement.
Une stratégie européenne des visas plus affirmée
Le document revient également sur l’adoption, en janvier 2026, de la première stratégie européenne en matière de visas. Cette stratégie vise à faire de la politique commune des visas un outil à la fois de sécurité, d’attractivité et de coopération avec les pays partenaires.
La Commission annonce notamment la préparation d’un nouveau cadre d’évaluation pour les pays bénéficiant d’une exemption de visa. L’objectif est de mieux définir les critères permettant d’accorder ou de maintenir un accès sans visa à l’espace Schengen.
Bruxelles prévoit aussi une révision ciblée du Code des visas afin de renforcer la sécurité de l’Union européenne. Cette évolution pourrait avoir des conséquences sur les règles applicables aux demandes de visa Schengen, même si le rapport ne détaille pas encore les mesures envisagées.
Le rapport rappelle par ailleurs qu’en 2025, l’espace Schengen est resté la destination la plus visitée au monde, avec plus de 790 millions de voyageurs. Les États Schengen ont délivré 10 millions de visas, tandis que plus de 60 pays bénéficiaient d’un accès sans visa à l’espace Schengen.
Les contrôles aux frontières intérieures restent un sujet sensible
La Commission consacre également une partie du rapport à la situation des frontières intérieures. En 2025, dix États Schengen ont prolongé ou maintenu des contrôles à leurs frontières intérieures, principalement pour des raisons liées à la migration et à la sécurité.
Bruxelles estime que ces contrôles peuvent répondre à certaines préoccupations nationales, mais rappelle que des alternatives existent, notamment les contrôles de police ciblés, la coopération transfrontalière, l’échange d’informations et les outils biométriques mobiles.
La Commission indique que l’EES et les nouveaux instruments du Pacte sur la migration et l’asile doivent progressivement permettre de réduire le recours aux contrôles aux frontières intérieures, en renforçant la gestion des frontières extérieures et la lutte contre les mouvements non autorisés au sein de l’espace Schengen.
Le rapport évoque aussi la poursuite de l’intégration de certains États au cadre Schengen. La Commission indique vouloir achever l’adhésion complète de Chypre à l’espace Schengen, après des progrès jugés substantiels en 2025.
L’Irlande, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen pour la libre circulation des personnes, poursuit de son côté ses efforts pour appliquer pleinement les parties du cadre Schengen liées à la sécurité intérieure.







