Infos Voyage - Aérien

EES : Ryanair demande à la France de suspendre les contrôles biométriques jusqu’en septembre

Ryanair appelle le gouvernement français à mettre en pause l’application de l’EES dans les aéroports jusqu’à la fin de l’été. La compagnie évoque des files d’attente d’une à deux heures aux contrôles des passeports, notamment à Beauvais, Marseille et Nantes.

Rédigé par VisasNews

Publié le

EES : Ryanair demande à la France de suspendre les contrôles biométriques jusqu’en septembre
Ryanair demande une pause dans l’application de l’EES en France cet été © Depositphotos

Depuis le 10 avril 2026, le système européen d’entrée et de sortie, ou EES, est pleinement opérationnel dans les pays Schengen qui l’utilisent.

Ce dispositif remplace le tampon manuel sur les passeports par un enregistrement numérique des entrées et sorties des voyageurs non européens effectuant de courts séjours. Il implique notamment la collecte de l’image faciale, des empreintes digitales et des données du document de voyage. À la différence de l’ETIAS, qui interviendra avant le voyage pour certains voyageurs exemptés de visa, l’EES s’applique au moment du passage de la frontière.

Présenté par l’Union européenne comme un outil de modernisation des frontières extérieures, l’EES se heurte aussi à des difficultés très concrètes dans certains points de passage. C’est dans ce contexte que Ryanair demande à la France de suspendre son application jusqu’en septembre, afin d’éviter une dégradation supplémentaire de l’expérience passagers pendant la haute saison estivale.

Ryanair alerte sur des files d’attente dans plusieurs aéroports français

Dans un communiqué publié ce 30 avril 2026, Ryanair indique avoir écrit aux gouvernements des 29 pays concernés par l’EES, dont la France, pour leur demander de suspendre le dispositif jusqu’en septembre.

La compagnie irlandaise affirme que les passagers sont déjà confrontés à de longues files d’attente aux contrôles des passeports dans plusieurs aéroports français. Elle cite notamment Beauvais, Marseille et Nantes, où les temps d’attente dépasseraient, selon elle, une à deux heures dans certains cas.

Ryanair met en cause un manque de personnel, une préparation insuffisante des systèmes et un nombre jugé trop limité de bornes disponibles. Selon la compagnie, ces difficultés entraînent déjà des perturbations pour les voyageurs, avec des passagers qui manqueraient parfois leur vol en raison de l’allongement des contrôles aux frontières.

Une demande ciblée sur la période estivale

Ryanair ne demande pas l’abandon de l’EES, mais une suspension temporaire de son application jusqu’à la fin de l’été. La compagnie estime que le dispositif devrait être mis en pause pendant la période de plus forte affluence, avant une reprise en septembre, lorsque la pression sur les aéroports sera moins importante.

Pour son directeur des opérations, Neal McMahon, le calendrier actuel pose problème. « Les gouvernements européens tentent de mettre en place un système informatique mal ficelé en pleine haute saison touristique, et ce sont les passagers qui en font les frais », affirme-t-il. Selon lui, les voyageurs sont « contraints de faire la queue pendant des heures aux contrôles d’identité et, dans certains cas, de rater leur vol ».

Ryanair considère que cette suspension temporaire est possible dans le cadre du règlement européen encadrant le déploiement progressif du système. « La solution est simple et déjà prévue par la législation européenne : les gouvernements devraient suspendre l’EES jusqu’en septembre, lorsque la haute saison estivale sera terminée, comme l’a fait la Grèce », poursuit Neal McMahon.

La compagnie fait ici référence au règlement européen 2025/1534, qui encadre le déploiement progressif de l’EES et prévoit des possibilités de suspension temporaire dans certaines situations exceptionnelles, notamment lorsque les temps d’attente deviennent excessifs aux frontières.

Selon Ryanair, une telle pause permettrait de limiter les tensions dans les aéroports pendant les grands départs. Neal McMahon estime qu’elle offrirait aux passagers, « dont beaucoup voyagent avec de jeunes familles », une expérience aéroportuaire plus fluide pour leurs vacances d’été.

Un test grandeur nature avant l’été

La prise de position de Ryanair illustre les tensions autour du déploiement opérationnel de l’EES, quelques semaines seulement après sa généralisation. Sur le principe, le système doit permettre de mieux suivre les séjours de courte durée, de détecter les dépassements de durée autorisée et de renforcer les contrôles contre la fraude documentaire.

Mais dans les aéroports, son efficacité dépend aussi de facteurs très pratiques : effectifs aux frontières, nombre de bornes, fluidité des procédures, signalétique et capacité des passagers à réaliser les formalités dans de bonnes conditions.

À l’approche des grands départs d’été, la demande de Ryanair place donc la France face à un arbitrage sensible : maintenir le rythme de déploiement du nouveau système européen ou activer davantage de souplesse pour éviter une accumulation de retards aux contrôles des passeports…

Auteur:
La rédaction de VisasNews
Fort de plus de 30 ans d’expérience dans les démarches administratives pour les voyageurs et les professionnels du secteur touristique, VisasNews est le 1er média francophone d’informations et d’actualités sur les formalités de voyage à travers le monde.

Vous pourriez aimer:

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.