Une nouvelle étape de la dématérialisation des formalités d’immigration vient de débuter au Brésil.
Dans une annonce publiée le 28 août 2026, l’ambassade du Brésil à Lima indique qu’à compter du 1er septembre 2026, l’émission des visas temporaires (VITEM) destinés aux ressortissants dispensés de visa de visite (VIVIS) doit s’effectuer sous forme électronique.
La mesure a vocation à s’appliquer dans l’ensemble du réseau consulaire brésilien aux ressortissants des pays dispensés de visa de visite (VIVIS), et ne semble donc pas limitée aux seules demandes déposées au Pérou.
Cette évolution ne modifie pas les règles applicables aux séjours touristiques ou d’affaires de courte durée. Elle concerne les voyageurs qui, malgré leur exemption de visa pour une visite, doivent obtenir un visa temporaire pour séjourner au Brésil dans un autre cadre, notamment pour étudier, travailler, rejoindre un membre de leur famille, investir, exercer certaines activités professionnelles ou s’installer temporairement comme nomade numérique.
Les Français, Belges et Suisses sont notamment concernés
La mesure s’adresse aux ressortissants des pays bénéficiant d’une dispense de visa de visite (VIVIS) pour entrer au Brésil.
Le ministère brésilien des Relations extérieures tient à jour le tableau général des régimes de visas applicables aux étrangers, qui permet de déterminer les nationalités bénéficiant de cette exemption.
Les Français, Belges et Suisses sont notamment concernés, comme les ressortissants de nombreux autres pays européens tels que l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, ainsi que plusieurs nationalités d’Amérique latine et d’Asie, dont les Japonais et les Sud-Coréens.
Pour un Français, par exemple, rien ne change pour un voyage touristique ou d’affaires répondant aux conditions de l’exemption de VIVIS. En revanche, lorsqu’un projet nécessite un visa temporaire VITEM, c’est ce document qui devra prochainement être délivré électroniquement.
La législation brésilienne prévoit des visas temporaires notamment pour la recherche et l’enseignement, les études, le travail, les activités religieuses, le volontariat, l’investissement, le regroupement familial ou encore certaines activités artistiques et sportives. Le VITEM XIV couvre par ailleurs, selon les réglementations correspondantes, des situations telles que le nomadisme numérique.
Les États-Unis, le Canada et l’Australie se trouvent dans une situation différente. Depuis le 10 avril 2025, leurs ressortissants ne sont plus dispensés de VIVIS et doivent obtenir un e-Visa pour leurs séjours de visite au Brésil. La nouvelle mesure annoncée le 28 août vise spécifiquement les nationalités exemptées de VIVIS.
Une demande traitée électroniquement dans le Sistema Consular Integrado
Le nouveau processus s’appuie sur le Sistema Consular Integrado (SCI) du ministère brésilien des Relations extérieures, déjà utilisé pour enregistrer et traiter les demandes de visa.
Le demandeur doit remplir son formulaire dans le Sistema Consular Integrado (SCI) et transmettre électroniquement les justificatifs correspondant au type de VITEM sollicité.
Une fois le visa approuvé, le nouveau dispositif prévoit sa délivrance sous forme électronique, sans qu’une vignette consulaire ait à être apposée dans le passeport. Le document électronique doit ainsi pouvoir être transmis directement au demandeur, notamment à l’adresse électronique renseignée dans son dossier.
Le Brésil utilise déjà ce principe pour d’autres procédures de visas électroniques : dans un dispositif de VITEM électronique mis en place en 2025, le document est par exemple délivré au format PDF avec un QR Code et envoyé par e-mail au bénéficiaire.
Plus besoin, en principe, de déposer son passeport au consulat
C’est probablement la conséquence la plus concrète de cette évolution.
Avec le nouveau dispositif, le dépôt physique du passeport dans le seul but d’y apposer le visa n’a plus lieu d’être. Le demandeur n’a donc, en principe, plus à remettre son passeport au consulat puis à attendre sa restitution après émission du VITEM.
Cette possibilité était déjà prévue par l’article 26 du décret brésilien n° 9.199 du 20 novembre 2017. Le texte dispose qu’un visa peut être demandé et émis électroniquement, sans apposition de la vignette consulaire correspondante dans le document de voyage.
Il prévoit également que le formulaire et les documents nécessaires puissent être transmis électroniquement et que les frais liés au traitement du visa puissent être acquittés dans le cadre de cette procédure.
La dématérialisation ne signifie toutefois pas qu’aucun demandeur ne pourra jamais être appelé à se présenter au consulat.
Le même article autorise expressément l’autorité consulaire à demander les documents originaux afin de lever un doute, à réclamer des justificatifs supplémentaires ou à convoquer le demandeur pour un entretien. Ces démarches devraient donc devenir des exceptions liées à l’instruction du dossier plutôt qu’une étape systématique nécessaire à l’apposition du visa.
Les conditions d’obtention des VITEM ne changent pas
La réforme porte principalement sur la procédure consulaire et le mode de délivrance du visa, et non sur les critères permettant de l’obtenir.
Les documents exigés pour chaque catégorie de VITEM restent donc applicables, de même que les éventuelles exigences de traduction, d’apostille ou de légalisation et le paiement des frais consulaires correspondants.
Pour certains visas liés notamment à l’exercice d’une activité professionnelle, l’obtention d’une autorisation de résidence préalable auprès des autorités brésiliennes demeure également nécessaire.
La Police fédérale brésilienne rappelle que cette autorisation préalable concerne certaines catégories de visas temporaires. La demande est alors traitée en amont via le système MigranteWeb avant que le ministère des Relations extérieures et le poste consulaire compétent puissent procéder à la délivrance du visa.
La dématérialisation du VITEM ne supprime donc pas cette étape lorsqu’elle est prévue par la réglementation.
De même, après son arrivée au Brésil, le titulaire d’un visa temporaire soumis à cette obligation doit toujours procéder à son enregistrement auprès de la Police fédérale.
Le 1er septembre est passé, mais les consulats affichent encore les anciennes procédures
Si la date annoncée pour le nouveau dispositif est bien celle du 1er septembre 2026, son déploiement opérationnel dans le réseau consulaire brésilien paraît encore en cours.
Au 2 septembre 2026, VisasNews n’a identifié, parmi les représentations consulaires vérifiées, aucune instruction présentant encore clairement le nouveau parcours électronique des VITEM comme pleinement opérationnel.
En France, par exemple, le portail e-Consular du Consulat général du Brésil à Paris indique toujours qu’après le téléchargement et la validation électronique des justificatifs, le demandeur reçoit par e-mail des propositions de rendez-vous au consulat ou, selon le service concerné, des instructions pour transmettre ses documents par courrier. En cas de rendez-vous, les documents originaux préalablement téléversés doivent encore être présentés.
À Marseille, la page consacrée au VITEM XIV pour les nomades numériques prévoit elle aussi toujours une demande via e-Consular suivie d’un rendez-vous après validation du dossier.
Le constat est similaire ailleurs en Europe.
À Londres, les instructions relatives au VITEM I précisent toujours que la demande doit être présentée personnellement et que les documents originaux doivent être apportés au consulat.
À Barcelone, le Consulat général du Brésil indique encore que les demandes de visas temporaires sont traitées exclusivement par courrier postal et que le passeport demeure au consulat pendant toute la procédure. La page consacrée au VITEM V pour le travail explique même toujours qu’après approbation, le visa est apposé dans le passeport avant son retour par courrier.
À Genève, les instructions relatives au VITEM XIV destiné aux retraités et pensionnés continuent également de demander l’envoi du passeport et de documents originaux.
À Porto, la procédure du VITEM XIV pour les nomades numériques prévoit toujours une prévalidation sur e-Consular suivie d’un rendez-vous au cours duquel les documents originaux doivent être présentés.
Ces pages peuvent simplement ne pas avoir encore été actualisées. Elles illustrent néanmoins le décalage actuel entre l’entrée en vigueur annoncée du nouveau système et sa traduction concrète dans les instructions données aux demandeurs.
Il reste également à voir comment les différents postes consulaires intégreront le nouveau parcours au SCI et quelles consignes seront données pour les dossiers déposés avant le 1er septembre mais toujours en cours de traitement.
Dans l’attente de la mise à jour des procédures locales, les demandeurs ont donc intérêt à vérifier les instructions du consulat brésilien compétent avant d’engager leur démarche ou d’envoyer leur passeport.
L’éclairage VisasNews
Le passage des visas temporaires à la délivrance électronique constitue une évolution importante du système consulaire brésilien. Pour les ressortissants dispensés de visa de visite, dont les Français, Belges et Suisses, la procédure doit désormais pouvoir être traitée électroniquement via le Sistema Consular Integrado et ne plus nécessiter le dépôt systématique du passeport pour l’apposition d’une vignette. Les conditions propres à chaque VITEM et les éventuelles autorisations préalables restent toutefois inchangées, et un consulat conserve la possibilité de demander des originaux ou un entretien. Au 2 septembre 2026, le déploiement pratique de la réforme n’est par ailleurs pas encore clairement visible dans les instructions publiées par les représentations consulaires consultées, qui continuent pour beaucoup de décrire les anciennes procédures.







