Le lancement officiel de l’autorisation de voyage électronique (ETA) de l’Afrique du Sud aura lieu le 12 août 2026 à l’aéroport international OR Tambo, près de Johannesburg.
Le président Cyril Ramaphosa dévoilera officiellement l’ETA aux côtés du ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber.
Le programme comprendra également une démonstration en direct du système et une visite guidée conduite par Michael Masiapato, commissaire de la Border Management Authority (BMA).
Un lancement officiel après une phase pilote
La cérémonie du 12 août ne correspond pas à la toute première mise en service de l’ETA.
La plateforme a été introduite en octobre 2025 dans le cadre de la présidence sud-africaine du G20. Sa première phase a concerné les ressortissants de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique, les quatre pays membres du G20 dont les citoyens avaient besoin d’un visa pour entrer en Afrique du Sud.
Après avoir été proposée aux participants aux réunions du G20, l’ETA a été ouverte plus largement aux touristes de ces quatre pays.
Le portail officiel permet actuellement aux voyageurs éligibles titulaires d’un passeport ordinaire d’effectuer leur demande en ligne lorsqu’ils prévoient d’arriver à l’aéroport international OR Tambo, à l’aéroport international du Cap ou à l’aéroport de Lanseria. Les arrivées par les autres points de passage restent soumises aux procédures habituelles.
Le rendez-vous du 12 août doit donc consacrer institutionnellement le dispositif après sa période pilote et présenter la prochaine phase de son déploiement.
Biométrie et contrôle automatisé des voyageurs
La Présidence sud-africaine présente l’ETA comme la pierre angulaire du futur système d’immigration numérique du pays et comme l’une des principales réformes du ministère de l’Intérieur.
La plateforme associe une demande entièrement numérique, la vérification biométrique, l’apprentissage automatique et une version actualisée du système électronique de contrôle des mouvements, appelée eMCS 2.0.
Selon la Présidence, cette infrastructure doit renforcer la sécurité aux frontières tout en rendant les voyages vers l’Afrique du Sud « plus rapides, plus simples et plus sûrs ».
La procédure comprend notamment la création d’un compte, la photographie du passeport utilisé pour le voyage, le remplissage d’un formulaire et la capture d’une image biométrique en direct.
Une fois accordée, l’ETA est liée électroniquement au passeport du demandeur. Elle permet aux titulaires éligibles d’effectuer plusieurs voyages pendant sa période de validité, mais ne les autorise pas à travailler en Afrique du Sud.
Les autorités estiment que la réforme doit également renforcer l’attractivité du pays pour le tourisme, les voyages d’affaires et les investissements, tout en améliorant l’efficacité de la gestion des frontières.
Une extension « à tous les pays » prévue en septembre 2026
Le lancement officiel doit précéder de quelques semaines une nouvelle étape du déploiement.
Dans son rapport de progrès du premier trimestre 2026/2027, publié dans le cadre de l’Opération Vulindlela, le gouvernement inscrit parmi les prochaines échéances l’objectif d’« étendre l’ETA à tous les pays » en septembre 2026.
La présentation générale du rapport emploie une formulation légèrement plus restrictive. Elle indique que les travaux portent sur l’élargissement de la plateforme « à tous les pays éligibles » et à plusieurs catégories de visas.
Le projet de règlement tarifaire publié quelques jours auparavant apporte une autre précision. Le président Ramaphosa s’est engagé à étendre l’ETA aux touristes provenant de tous les pays dont les ressortissants ont besoin d’un visa pour visiter l’Afrique du Sud.
L’annonce de septembre doit donc avant tout être comprise comme une ouverture géographique de la plateforme. Elle ne signifie pas encore officiellement que tous les visiteurs étrangers seront obligés d’obtenir une ETA à partir de cette date.
L’ETA restera facultative pour les voyageurs exemptés de visa
L’extension annoncée en septembre ne doit pas être confondue avec l’instauration d’une nouvelle obligation pour les nationalités déjà dispensées de visa.
Le portail officiel eta.dha.gov.za indique que les voyageurs provenant de pays soumis à visa peuvent utiliser l’ETA à la place d’un visa de visiteur traditionnel. Il précise également que les ressortissants exemptés de visa peuvent demander volontairement une ETA afin de bénéficier d’un traitement plus efficace à la frontière.
Le projet de règlement publié le 27 juillet 2026 confirme explicitement cette distinction.
Lors de la prochaine phase, l’ETA doit devenir obligatoire pour les voyageurs des pays non exemptés de visa intégrés à la plateforme. Pour les voyageurs exemptés de visa, son utilisation restera « initialement facultative ».
Ces derniers pourront donc continuer à voyager en bénéficiant de leur exemption habituelle ou choisir de solliciter une ETA afin d’accéder à un parcours frontalier présenté comme plus rapide et plus fluide. Le ministère affirme que cette approche volontaire doit favoriser l’adoption du système sans remettre en cause les facilités de voyage sans visa existantes.
Les titulaires de passeports européens, britanniques, américains, canadiens, australiens ou encore japonais restent ainsi dispensés de visa pour les séjours en Afrique du Sud d’une durée maximale de 90 jours. Aucune ETA obligatoire ne leur est annoncée, ni pour le lancement du 12 août ni pour l’extension programmée en septembre.
Des demandes traitées en moins de 24 heures
Selon le gouvernement, les demandes peuvent être finalisées en moins de 24 heures. Dans les aéroports, les voyageurs titulaires d’une ETA pourraient être contrôlés en moins de 60 secondes grâce à des files dédiées.
Ces durées correspondent aux performances présentées par les autorités dans leur rapport. Elles ne constituent pas nécessairement une garantie de traitement pour chaque demande ou chaque passage à la frontière.
À terme, le gouvernement prévoit de transformer l’ETA en une plateforme numérique unique et sécurisée, appelée à remplacer les anciens systèmes. Son périmètre doit progressivement inclure les visas de visiteur, de travail et d’études.
Des frais de 500 rands encore à l’état de projet
Actuellement gratuite, l’ETA devrait pourtant bientôt devenir payante.
Dans son projet de règlement, le ministère sud-africain de l’Intérieur propose d’instaurer des frais de traitement électronique de 500 rands par demande, soit environ 26 euros.
La plateforme fonctionne jusqu’à présent sans frais spécifiques, car sa première version ne disposait pas d’un module de paiement intégré. Le ministère estime que le maintien d’un service entièrement financé par l’État ne serait pas viable et prévoit désormais d’ajouter cette fonctionnalité.
Pour les ressortissants soumis à l’obligation de visa et au paiement des droits consulaires, les 500 rands de traitement électronique s’ajouteraient aux 425 rands facturés pour un visa de visiteur. Le coût total atteindrait donc 925 rands.
Les ressortissants soumis à visa, mais dispensés des droits consulaires, ne paieraient que les 500 rands correspondant au traitement de leur demande sur la plateforme.
Les voyageurs exemptés de visa ne paieraient rien s’ils continuaient à utiliser leur exemption habituelle. En revanche, ceux qui choisiraient volontairement de demander une ETA devraient également régler les 500 rands. Le tableau tarifaire officiel distingue ainsi un coût de zéro rand sans ETA et de 500 rands en cas de demande volontaire.
Le montant n’est toutefois pas encore définitif. Le projet réglementaire reste soumis à consultation publique jusqu’au 11 août 2026. Le texte prévoit une entrée en vigueur le 17 août, mais cette date et le tarif devront être confirmés par la publication de la version définitive.
L’éclairage VisasNews
Le lancement officiel de l’ETA le 12 août 2026 et son extension annoncée pour septembre ne rendent pas l’autorisation électronique obligatoire pour les voyageurs déjà exemptés de visa. Les visiteurs internationaux dispensés de visa pourront continuer à séjourner en Afrique du Sud jusqu’à 90 jours sans ETA et sans frais. Lorsqu’elle leur sera accessible, ils pourront choisir de demander volontairement une ETA afin de bénéficier d’un traitement accéléré à la frontière. Dans ce cas seulement, les frais de 500 rands proposés leur seraient facturés, sous réserve de l’adoption définitive du règlement tarifaire.







