Asie - Cambodge

Face au recul du tourisme, le Cambodge examine de nouvelles exemptions de visa

Réunis le 4 août 2026, les autorités du Cambodge et les professionnels du tourisme ont examiné une demande visant à exempter de visa plusieurs marchés prioritaires. La proposition gagne du terrain, mais aucune nouvelle exemption n’a encore été décidée.

Rédigé par VisasNews

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Face au recul du tourisme, le Cambodge examine de nouvelles exemptions de visa
Le Cambodge envisage d’assouplir ses formalités pour stimuler les arrivées internationales © Depositphotos

L’élargissement des exemptions de visa fait désormais partie des solutions examinées au Cambodge pour enrayer le recul du tourisme international.

Le 4 août 2026, des représentants du gouvernement et du secteur privé se sont réunis au siège du ministère du Tourisme afin d’évaluer les mesures déjà engagées et d’étudier de nouvelles propositions destinées à soutenir l’activité touristique.

Parmi les demandes présentées par les professionnels figure l’instauration d’exemptions de visa en faveur de plusieurs marchés touristiques considérés comme prioritaires.

La mesure n’est pas encore adoptée. Son examen dans le cadre d’une instance officielle présidée par le ministre du Tourisme montre néanmoins que l’assouplissement des formalités d’entrée occupe une place croissante dans les discussions sur la relance du secteur.

Une demande d’exemption de visa examinée par les autorités et le secteur privé

La réunion était consacrée aux travaux du groupe de travail sur le tourisme, appelé groupe de travail « B », constitué dans le cadre du Forum gouvernement-secteur privé.

Selon la communication officielle du ministère cambodgien du Tourisme, cette instance constitue un mécanisme de dialogue entre le gouvernement royal et les entreprises. Elle permet de suivre l’avancement des mesures déjà engagées, de répondre aux difficultés rencontrées par les professionnels et d’examiner leurs demandes.

La rencontre était présidée par Huot Hak, ministre du Tourisme, aux côtés de Luu Meng, coprésident du groupe de travail. Environ 150 participants représentaient les ministères concernés, la Chambre de commerce du Cambodge, les associations professionnelles et les opérateurs touristiques.

Au total, onze demandes du secteur privé ont été examinées. Elles portaient notamment sur :

  • des exemptions de visa pour les marchés touristiques prioritaires ;
  • la création d’un fonds de développement touristique ;
  • le renforcement de la promotion du Cambodge à l’étranger ;
  • la transformation de grands rendez-vous nationaux en événements internationaux ;
  • l’amélioration des liaisons aériennes entre les destinations cambodgiennes ;
  • l’ouverture de davantage de vols directs depuis les principaux marchés émetteurs ;
  • l’amélioration du climat des affaires et des conditions d’investissement dans le tourisme.

Les échanges ont également porté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre le ministère du Tourisme, les autorités de l’aviation civile, les compagnies aériennes et les professionnels pour développer de nouvelles dessertes internationales.

Le Cambodge reconnaît un recul notable des arrivées internationales

Lors de la réunion, Huot Hak a reconnu que le Cambodge avait enregistré « une baisse notable des arrivées de touristes internationaux au cours du premier semestre 2026 ».

Le ministre a attribué ce ralentissement à plusieurs facteurs, dont les informations négatives associant le pays aux escroqueries facilitées par les technologies, les difficultés à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande ainsi que les tensions au Moyen-Orient, qui ont contribué à la hausse du prix du carburant et du coût des voyages internationaux.

Dans ce contexte, le gouvernement affirme avoir déjà mis en œuvre plusieurs interventions destinées à soutenir les entreprises touristiques.

Le groupe de travail a recensé 22 mesures désormais achevées. Les deux plus récentes concernent le développement de Phnom Kulen comme destination tournée vers la nature et la création de « ceintures vertes » dans les régions touristiques, à la suite d’un accord signé le 1er août entre les ministères du Tourisme et de l’Agriculture.

À l’issue de la rencontre, les participants ont proposé plusieurs actions urgentes destinées à restaurer l’image internationale du Cambodge, renforcer la confiance des voyageurs, intensifier la promotion touristique et attirer davantage de grands événements.

La communication du ministère ne précise cependant pas si l’exemption de visa figure parmi les mesures qui seront effectivement soumises au gouvernement ou mises en œuvre à court terme.

EuroCham réclame jusqu’à 30 jours sans visa au Cambodge

La réunion du 4 août intervient quelques jours après une nouvelle intervention de la Chambre européenne de commerce au Cambodge, EuroCham.

Le 31 juillet 2026, l’organisation a annoncé avoir transmis une lettre de suivi au ministère de l’Économie et des Finances au sujet de sa recommandation sur la politique des visas.

EuroCham propose d’accorder jusqu’à 30 jours sans visa au Cambodge, au moins jusqu’au 31 décembre 2027, aux voyageurs originaires :

  • des pays européens ;
  • des États-Unis ;
  • du Japon ;
  • de Corée du Sud ;
  • d’Australie ;
  • de Nouvelle-Zélande.

La Chambre suggère également une procédure permettant aux nomades numériques et aux travailleurs à distance de séjourner au Cambodge pendant trois à six mois.

Cette démarche s’appuie sur les résultats de l’enquête Business Pulse H2 2026, réalisée auprès de 154 entreprises membres d’EuroCham.

Dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, 52,4 % des répondants indiquent que leurs revenus du premier semestre 2026 sont restés largement inférieurs à leurs objectifs. Pour 38,1 %, ils se situent légèrement en dessous des prévisions.

Plus de neuf entreprises touristiques interrogées sur dix n’ont donc pas atteint leurs objectifs de revenus. Cette proportion concerne les membres ayant participé à l’étude et ne représente pas l’ensemble des hôtels ou opérateurs touristiques du Cambodge.

Les visas présentés comme un levier économique

EuroCham estime que l’abandon temporaire des frais de visa pourrait être compensé par l’augmentation du nombre de visiteurs et de leurs dépenses sur place.

Les hôtels, les restaurants, les transports, les commerces et les activités touristiques bénéficieraient directement d’une fréquentation internationale plus importante.

Dans sa recommandation officielle sur la politique des visas, la Chambre invite le gouvernement cambodgien à envisager une entrée sans visa de 15, 30 ou 45 jours, aussi bien pour les voyages touristiques que professionnels.

Selon elle, la diminution des recettes tirées des visas pourrait être compensée par les recettes fiscales générées par une consommation intérieure plus élevée.

EuroCham avait déjà présenté ces propositions en mai dernier dans son Livre blanc 2027, alors que le ministre du Tourisme avait ouvert la porte à une possible exemption de visa pour les voyageurs européens. L’outil de suivi de la Chambre indique toutefois qu’aucune réponse officielle du gouvernement n’a encore été enregistrée.

L’exemption chinoise fait figure de test

Le Cambodge expérimente déjà une exemption temporaire de visa destinée aux voyageurs chinois.

Du 15 juin au 15 octobre 2026, les titulaires de passeports de Chine continentale, de Hong Kong et de Macao peuvent entrer au Cambodge sans visa pour un séjour maximal de 14 jours.

Le programme autorise plusieurs entrées pendant sa période d’application. Les voyageurs concernés doivent cependant remplir la Cambodia e-Arrival Card avant leur arrivée.

Les conditions sont détaillées sur le portail gouvernemental officiel de l’e-Visa cambodgien.

Cette expérimentation est régulièrement présentée comme un moyen d’évaluer les effets d’une ouverture ciblée sur la fréquentation touristique. Elle pourrait également servir de référence si le gouvernement décidait d’étendre le principe à d’autres marchés.

L’éclairage VisasNews

Le Cambodge ne vient pas d’annoncer une nouvelle exemption de visa. Les autorités ont examiné une demande du secteur privé dans le cadre du dialogue consacré à la relance du tourisme. Cette étape confirme néanmoins que l’assouplissement des formalités d’entrée est désormais envisagé comme un levier économique. Une décision du gouvernement, accompagnée d’une liste de nationalités, d’une durée de séjour et d’une date d’application, reste indispensable avant tout changement pour les voyageurs.

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