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Le Cambodge pourrait envisager une exemption de visa pour les Européens

Alors que le Cambodge prépare une exemption de visa temporaire pour les voyageurs chinois, les autorités touristiques évoquent une possible extension à d’autres marchés, notamment européens.

Rédigé par VisasNews

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Le Cambodge pourrait envisager une exemption de visa pour les Européens
Les autorités cambodgiennes pourraient étudier une exemption de visa pour les citoyens européens si le projet pilote actuellement prévu pour les touristes chinois donne des résultats positifs © Depositphotos

L’idée d’un accès sans visa au Cambodge pour les voyageurs européens refait surface à Phnom Penh.

Selon le média cambodgien Kiripost, le ministre du Tourisme, Huot Hak, a indiqué que les autorités pourraient examiner cette option si le programme pilote de quatre mois accordé aux visiteurs chinois produit les effets attendus.

Cette déclaration intervient après la présentation du Livre Blanc 2027 de la Chambre européenne de commerce au Cambodge, EuroCham, qui recommande une modernisation de la politique cambodgienne en matière de visas. Le document, qui ne vise pas explicitement les citoyens européens, appelle le gouvernement cambodgien à envisager une période d’entrée sans visa de 15, 30 ou 45 jours pour les voyageurs d’affaires et les touristes.

EuroCham recommande une politique de visa plus souple

Dans son Livre Blanc 2027, EuroCham consacre une recommandation spécifique à la politique de visa du Cambodge. L’organisation estime que le cadre actuel reste prudent et traditionnel, alors que plusieurs pays de la région ont adopté des régimes d’entrée plus souples pour attirer les voyageurs internationaux.

EuroCham rappelle que les touristes titulaires d’un passeport d’un pays n’appartenant pas à l’ASEAN doivent toujours payer un visa pour entrer au Cambodge, quelle que soit la durée du séjour. Que le voyage dure trois jours ou soixante jours, les frais restent les mêmes. L’organisation souligne également qu’un projet pilote a récemment été lancé pour permettre l’entrée sans visa des touristes chinois, en exprimant le souhait de voir cette initiative étendue à d’autres marchés.

La recommandation formulée par EuroCham repose sur deux axes. Le premier consiste à mettre en place une politique d’entrée sans visa pour une durée déterminée, de 15, 30 ou 45 jours, applicable de la même manière aux voyageurs entrant au Cambodge pour affaires ou pour tourisme. Le second porte sur la création d’une catégorie de visa dédiée aux nomades numériques.

Le ministre du Tourisme ouvre la porte à une extension vers l’Union européenne

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Selon Kiripost, qui indique s’être adressé au ministre cambodgien du Tourisme, Huot Hak, le ministère accorde de l’importance aux recommandations touchant au secteur touristique et continue d’explorer des politiques plus progressistes afin de renforcer la compétitivité du Cambodge comme destination internationale.

Le ministre a déclaré au média que son ministère était engagé dans la mise en œuvre d’initiatives stratégiques destinées à faciliter les déplacements et à stimuler les arrivées de touristes internationaux, en citant notamment l’approbation du programme pilote d’exemption de visa pour les citoyens chinois.

Huot Hak présente ce test comme une première étape permettant au gouvernement d’évaluer les effets d’exemptions de visa ciblées, notamment sur les plans logistique, économique et sécuritaire, pendant la « saison verte », qui correspond à la basse saison touristique au Cambodge.

« Si le projet pilote avec le marché chinois donne des résultats positifs, le gouvernement envisagera sans aucun doute d’étendre cette stratégie à d’autres marchés majeurs et à forte valeur ajoutée, notamment l’Union européenne », a-t-il déclaré à Kiripost.

Les voyageurs européens représentent déjà un marché important

Selon les données touristiques du gouvernement, le Cambodge a accueilli 684 386 visiteurs en provenance de l’Union européenne en 2025. Ce volume représente une hausse de 12,3 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Ces chiffres donnent du poids à l’hypothèse d’une mesure ciblant les voyageurs européens. Pour le Cambodge, l’Union européenne constitue un marché touristique à la fois lointain, générateur de séjours potentiellement plus longs et compatible avec l’objectif affiché de diversifier les profils de visiteurs.

En 2025, le pays a accueilli plus de 5,5 millions de touristes internationaux, contre 6,7 millions en 2024, soit une baisse de 16,9 %. Cette contraction intervient dans un contexte marqué par le conflit frontalier avec la Thaïlande, des incertitudes géopolitiques régionales et des inquiétudes persistantes liées aux escroqueries en ligne.

Un test d’abord réservé aux citoyens chinois

Avant toute éventuelle extension à d’autres marchés, le Cambodge doit mettre en œuvre son programme pilote pour les citoyens chinois. Annoncée le 3 décembre 2025, cette mesure permettra aux ressortissants chinois de séjourner au Cambodge sans visa pendant 14 jours, à tout moment entre le 15 juin et le 15 octobre 2026. Les voyageurs concernés devront uniquement remplir la carte numérique d’arrivée au Cambodge avant leur entrée dans le pays.

L’agence officielle AKP précise que cette exemption s’appliquera aux détenteurs d’un passeport chinois, pendant une période initiale de quatre mois correspondant à la saison verte. Pendant cette phase pilote, les voyageurs chinois n’auront pas à demander de visa au préalable ni à payer de frais de visa ; ils devront seulement compléter l’e-Arrival Card.

Huot Hak avait déjà présenté cette décision comme « une nouvelle réalisation historique dans la coopération touristique entre le Cambodge et la Chine ». Il avait aussi estimé qu’elle aiderait à « ouvrir la voie à une coopération plus large entre les deux pays », notamment en encourageant un plus grand nombre de touristes chinois à se rendre au Cambodge.

Les recettes de visas restent un point sensible

Une exemption de visa pour les voyageurs européens aurait toutefois un coût immédiat pour les finances publiques. Selon le site officiel du e-Visa du Cambodge, les voyageurs européens paient actuellement 30 dollars pour un visa électronique touristique.

Le Livre Blanc 2027 d’EuroCham reconnaît cet enjeu, mais estime qu’une éventuelle baisse des recettes directes liées aux visas pourrait être compensée par d’autres retombées économiques.

« Cela serait effectivement compensé par la perception de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) grâce à l’augmentation de la consommation intérieure dans les magasins et les entreprises locales, ainsi que par les frais administratifs générés par les demandes de visa pour nomades numériques », précise le document dans sa recommandation.

EuroCham considère en effet qu’une entrée plus facile pourrait encourager des voyages plus fréquents vers le Cambodge, soutenir les dépenses dans les commerces, les hôtels, les restaurants et les services touristiques, et renforcer l’attractivité du pays pour les délégations d’affaires.

La carte d’arrivée numérique comme outil de contrôle

Les préoccupations en matière de sûreté et de sécurité sont aussi abordées dans le Livre Blanc. EuroCham estime que la carte d’arrivée électronique « Cambodia e-Arrival » fournit déjà un outil fiable pour suivre et gérer l’arrivée des visiteurs internationaux.

« Ce système garantit que le gouvernement peut maintenir une surveillance stricte des entrées dans le pays, à l’instar des modèles efficaces utilisés en Malaisie », indique le document qui établi un parallèle avec la MDAC malaisienne. EuroCham ajoute que ces ajustements stratégiques permettraient non seulement de moderniser les frontières du Cambodge, mais aussi de donner un élan significatif à l’économie nationale.

Cette approche permettrait au Cambodge de tester des exemptions de visa ciblées sans abandonner le contrôle préalable des entrées. Elle s’inscrit aussi dans une tendance régionale, plusieurs pays d’Asie du Sud-Est cherchant à simplifier les formalités tout en maintenant des dispositifs numériques de suivi des voyageurs.

Les nomades numériques également dans les discussions

Au-delà des exemptions de visa de courte durée, EuroCham recommande la création d’un visa pour les nomades numériques. L’organisation observe que plusieurs pays de la région, notamment la Malaisie et l’Indonésie, proposent déjà des dispositifs permettant aux travailleurs à distance de séjourner plus longtemps sur leur territoire.

Huot Hak a également évoqué cette piste auprès de Kiripost. Tout en notant l’évolution des habitudes de voyage, notamment la montée du télétravail, il a indiqué que les recommandations concernant des cadres innovants, comme un visa pour les nomades numériques, restaient un élément important des discussions menées par le ministère.

« Nous cherchons à attirer des visiteurs de longue durée et à diversifier notre population touristique », a-t-il déclaré, ajoutant que les autorités se réjouissaient de poursuivre leur collaboration avec des parties prenantes comme EuroCham afin de bâtir un secteur touristique plus accessible et plus dynamique.

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