L’autorisation de voyage électronique (ETA) de l’Afrique du Sud est désormais officiellement lancée.
Comme annoncé la semaine dernière par la présidence sud-africaine, Cyril Ramaphosa s’est rendu mercredi 12 août 2026 à l’aéroport international OR Tambo, près de Johannesburg, pour inaugurer officiellement le système ETA (Electronic Travel Authorisation) aux côtés du ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber.
« C’est pour moi un honneur et un privilège de lancer officiellement l’autorisation de voyage électronique de l’Afrique du Sud », a déclaré le président au terme de son discours.
La cérémonie ne marque toutefois pas la première utilisation de l’ETA. Le dispositif fonctionne depuis octobre 2025 dans le cadre d’une phase pilote initialement mise en place pour la présidence sud-africaine du G20, puis ouverte aux touristes de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique.
Le lancement du 12 août ouvre surtout la voie à son élargissement progressif à davantage de voyageurs.
Plus de 216 000 demandes d’ETA déjà traitées
À l’occasion du lancement, Leon Schreiber a communiqué pour la première fois des chiffres détaillés sur l’utilisation du système ETA.
Dans son discours prononcé à OR Tambo, le ministre de l’Intérieur a indiqué que 216 204 demandes d’ETA avaient déjà été traitées depuis le début de la phase pilote. Parmi celles-ci, 6 126 demandes frauduleuses ont été identifiées et rejetées, notamment en raison de passeports falsifiés, de documents manipulés ou d’autres indicateurs de fraude.
« Toutes ces fonctionnalités sont opérationnelles au moment où nous parlons », a souligné Leon Schreiber, présentant ces premiers résultats comme la démonstration du fonctionnement concret de la plateforme.
Ces données illustrent également l’un des principaux objectifs poursuivis par Pretoria. L’ETA n’est pas seulement destinée à simplifier les demandes de visa : elle constitue désormais la clé de voûte de la réforme du système migratoire sud-africain, avec une forte composante de contrôle biométrique et automatisé.
Pour Cyril Ramaphosa, cette modernisation doit permettre de rendre les voyages vers l’Afrique du Sud « plus faciles, plus rapides et plus prévisibles », tout en renforçant la capacité du pays à détecter les abus avant l’arrivée des voyageurs. Le chef de l’État résume cette philosophie en affirmant que « un système d’immigration moderne n’est pas un système plus faible. C’est un système plus intelligent ».
Passeport, selfie et contrôle biométrique : comment fonctionne l’ETA sud-africaine ?
Le fonctionnement présenté lors du lancement reprend les principales caractéristiques déjà apparues sur le portail ETA.
La demande débute sur le portail gouvernemental eta.dha.gov.za par la création d’un profil, avec vérification du numéro de téléphone et de l’adresse électronique au moyen d’un code à usage unique.
Le voyageur doit ensuite scanner son passeport et transmettre un selfie. La plateforme compare biométriquement le visage du demandeur à la photographie figurant dans le passeport, tandis qu’un algorithme contrôle automatiquement plus de 40 paramètres du document de voyage afin d’en vérifier l’authenticité.
Une analyse automatisée des risques est ensuite effectuée et, lorsque la demande est approuvée, les autorités annoncent la délivrance de l’ETA dans un délai pouvant être inférieur à 24 heures. L’autorisation peut être conservée dans le portefeuille numérique accessible depuis le smartphone du voyageur.
À l’arrivée, une nouvelle vérification faciale permet de confirmer que la personne se présentant au contrôle est bien celle à laquelle l’autorisation a été accordée.
Cette procédure repose sur l’EMCS 2.0, la nouvelle version biométrique du système électronique de contrôle des mouvements utilisée dans les aéroports sud-africains. Des comptoirs dédiés aux titulaires d’une ETA doivent accélérer leur passage à l’immigration, avant une future intégration du dispositif aux portes électroniques « eGates ».
L’ETA permettra aussi de demander une prolongation de séjour
Le lancement apporte également une précision importante pour les voyageurs déjà présents en Afrique du Sud.
Leon Schreiber annonce que la plateforme intègre désormais la possibilité, pour un voyageur admis pour un séjour pouvant aller jusqu’à 90 jours, de demander en ligne une prolongation pouvant atteindre 90 jours supplémentaires, conformément aux possibilités prévues par la législation sud-africaine.
Le ministère entend ainsi dématérialiser une procédure qui nécessitait jusqu’à présent davantage de démarches administratives. Cette fonctionnalité doit également être proposée aux voyageurs exemptés de visa lorsqu’ils auront accès à l’ETA.
De nouveaux pays ajoutés à l’ETA « dans les prochaines semaines »
La prochaine étape concerne désormais l’élargissement géographique du système.
Selon Leon Schreiber, l’ETA doit progressivement devenir obligatoire pour les courts séjours des ressortissants de pays soumis à l’obligation de visa, à mesure que ces pays seront intégrés à la plateforme.
Les ressortissants actuellement dispensés de visa pourront, de leur côté, utiliser volontairement l’ETA afin de bénéficier des files dédiées à l’arrivée ou de solliciter plus facilement une prolongation de séjour.
« Au cours des prochaines semaines, nous informerons les ambassades à mesure que les pays seront systématiquement ajoutés à l’ETA », a annoncé le ministre.
Cette formulation précise le calendrier évoqué quelques jours avant le lancement. Comme l’expliquait récemment VisasNews, le gouvernement sud-africain a inscrit dans son programme de réformes l’objectif d’étendre l’ETA à l’ensemble des pays éligibles en septembre 2026.
Le discours du 12 août ne donne cependant pas encore de liste des prochaines nationalités concernées ni de date unique d’ouverture. Il évoque désormais un ajout progressif des pays au cours des prochaines semaines.
L’ETA reste pour l’instant limitée à quatre nationalités sur le portail
Malgré le lancement officiel, l’élargissement annoncé n’apparaît pas encore sur la plateforme de demande.
Ce 13 août 2026, le portail officiel indique toujours que la procédure est accessible aux citoyens de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique. Il continue également d’afficher comme points d’arrivée éligibles les aéroports internationaux OR Tambo de Johannesburg, du Cap et de Lanseria.
Leon Schreiber a toutefois annoncé hier que le système serait dans un premier temps disponible aux voyageurs arrivant dans quatre aéroports internationaux :
- OR Tambo International Airport, à Johannesbourg ;
- Cape Town International Airport, au Cap ;
- King Shaka International Airport, à Durban ;
- Lanseria International Airport, près de Johannesbourg.
King Shaka devient donc le quatrième aéroport annoncé pour le dispositif ETA, même si cette évolution n’est pas encore reflétée sur le portail gouvernemental au moment de la publication.
Les autorités prévoient ensuite d’équiper progressivement les postes-frontières terrestres et maritimes avec la reconnaissance faciale et l’EMCS 2.0 au cours des prochains mois.
Pas encore de confirmation définitive du tarif de 500 rands
Le ministre confirme également que le parcours ETA comprend désormais une étape de paiement en ligne, mais les communications officielles publiées à l’occasion du lancement ne précisent pas le montant qui sera facturé.
Le ministère de l’Intérieur a récemment proposé des frais de traitement de 500 rands par demande d’ETA, soit environ 26 euros. Ce montant figurait dans un projet de modification réglementaire soumis à consultation publique jusqu’au 11 août 2026.
Les annonces du 12 août ne présentent donc pas ces 500 rands comme un tarif définitivement entré en vigueur. Une publication réglementaire définitive reste nécessaire pour confirmer le montant et sa date d’application.
Les voyageurs français et européens restent exemptés de visa et d’ETA obligatoire
Pour les voyageurs français et européens, le lancement du 12 août 2026 ne crée pas de nouvelle formalité obligatoire immédiate.
Les titulaires d’un passeport français, belge, suisse, britannique, canadien ou encore américain continuent de bénéficier de l’exemption de visa sud-africaine pour les courts séjours pouvant aller jusqu’à 90 jours.
Lorsque la plateforme leur sera ouverte, les voyageurs exemptés pourront choisir volontairement de demander une ETA pour profiter du parcours dédié à l’arrivée ou utiliser plus facilement certaines fonctionnalités numériques. Le ministre confirme que ce caractère facultatif sera maintenu lors de la prochaine phase de déploiement.
À terme, l’ambition du gouvernement dépasse largement les seuls voyages touristiques. L’ETA doit devenir le point d’entrée numérique central du système d’immigration sud-africain, avec l’intégration progressive des visas d’études, de conjoint et de travail, ainsi que d’autres catégories de titres.
L’éclairage VisasNews
Le 12 août 2026 constitue avant tout le lancement institutionnel d’un système déjà testé depuis plusieurs mois. Pour les voyageurs à destination de l’Afrique du Sud, la principale étape se jouera désormais au cours des prochaines semaines, avec l’ajout progressif de nouvelles nationalités et de nouveaux points d’entrée. À ce jour, le portail reste limité aux ressortissants de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique et n’impose aucune ETA aux voyageurs français ou aux autres nationalités bénéficiant de l’exemption de visa. VisasNews suivra la mise à jour de la plateforme et les annonces des autorités sud-africaines concernant les prochains pays éligibles.







