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Schengen : Bruxelles appelle neuf pays à lever progressivement les contrôles aux frontières intérieures

La Commission européenne a rendu des avis sur les contrôles réintroduits aux frontières intérieures par neuf pays Schengen, dont la France, l’Allemagne et l’Italie. Bruxelles reconnaît des préoccupations de sécurité et de migration, mais recommande une levée progressive de ces dispositifs au profit de mesures alternatives.

Rédigé par VisasNews

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Schengen : Bruxelles appelle neuf pays à lever progressivement les contrôles aux frontières intérieures
La Commission européenne appelle à une levée progressive des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen © Depositphotos

La Commission européenne souhaite voir les contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen progressivement réduits.

Dans un communiqué publié le 2 juin 2026, Bruxelles annonce avoir rendu des avis concernant la réintroduction temporaire de contrôles aux frontières intérieures par neuf pays : l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la France, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Slovénie et la Suède.

Ces avis s’inscrivent dans le cadre du code frontières Schengen révisé. Lorsque des contrôles aux frontières intérieures sont maintenus pendant plus de douze mois pour le même motif, la Commission européenne doit évaluer leur nécessité et leur proportionnalité. Elle examine aussi les mesures alternatives disponibles, ainsi que les dispositifs mis en place pour limiter les effets négatifs sur les déplacements transfrontaliers.

Des contrôles autorisés, mais qui doivent rester exceptionnels

La Commission rappelle que le droit de l’Union permet aux États membres de réintroduire temporairement des contrôles aux frontières intérieures lorsqu’ils sont confrontés à une menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure.

Bruxelles reconnaît que les pays concernés ont agi en réponse à des préoccupations jugées « réelles et légitimes », liées notamment aux menaces sécuritaires et à la situation migratoire.

Mais ces contrôles ne doivent pas devenir une mesure ordinaire de gestion des frontières. Dans l’espace Schengen, la libre circulation repose précisément sur l’absence de contrôles systématiques aux frontières intérieures. Toute réintroduction doit donc rester temporaire, nécessaire et proportionnée.

La Commission souligne aussi que ces dispositifs ont des conséquences directes sur les pays voisins, les travailleurs frontaliers, les transporteurs et les communautés vivant de part et d’autre des frontières. Les temps d’attente, les contrôles routiers ou ferroviaires et les perturbations logistiques peuvent affecter le fonctionnement quotidien des régions transfrontalières.

Bruxelles recommande une levée progressive

Dans ses avis, la Commission recommande aux neuf États concernés de travailler à la suppression progressive et à la levée graduelle des contrôles aux frontières intérieures.

Cette recommandation ne signifie pas que Bruxelles nie les enjeux de sécurité ou de migration invoqués par les États membres. Elle estime toutefois que d’autres outils peuvent, dans de nombreux cas, répondre aux mêmes objectifs avec un impact moindre sur la libre circulation.

La Commission cite notamment les contrôles de police non systématiques, les contrôles fondés sur les risques, les technologies mobiles d’identification biométrique et les outils de suivi des véhicules. Selon Bruxelles, ces solutions peuvent constituer des alternatives plus efficaces et plus proportionnées que des contrôles frontaliers prolongés.

Elle note également que plusieurs États membres utilisent déjà des contrôles ciblés et non systématiques. Ces pratiques pourraient donc, selon elle, être progressivement remplacées ou intégrées dans des dispositifs alternatifs de contrôle, sans maintenir des contrôles aux frontières intérieures sous leur forme actuelle.

L’EES et l’ETIAS mis en avant dans la stratégie européenne

La Commission replace aussi ces avis dans le contexte de la modernisation des frontières extérieures de l’Union européenne.

Elle indique que le système d’entrée-sortie (EES), désormais pleinement applicable depuis avril 2026, doit renforcer le suivi des entrées et sorties des ressortissants de pays tiers aux frontières extérieures de l’espace Schengen.

Le futur système européen d’information et d’autorisation de voyage électronique (ETIAS) est également mentionné comme un outil appelé à compléter cette architecture. Une fois déployé, l’ETIAS imposera aux voyageurs exemptés de visa d’obtenir une autorisation numérique avant de se rendre dans l’espace Schengen pour un court séjour.

Pour Bruxelles, ces nouveaux systèmes doivent améliorer la capacité des États membres à identifier les mouvements, repérer les dépassements de séjour et mieux suivre les passages aux frontières extérieures. L’objectif est aussi de réduire la pression politique et opérationnelle qui conduit certains pays à maintenir des contrôles aux frontières intérieures.

Le Pacte sur les Migrations et l’Asile présenté comme un élément clé

La Commission fait également le lien avec l’entrée en vigueur prochaine du pacte sur les migrations et l’asile.

Selon Bruxelles, ce nouveau cadre doit renforcer la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne et fournir aux États membres des outils plus efficaces pour lutter contre les mouvements non autorisés à l’intérieur de l’espace Schengen.

Cette perspective est présentée comme une condition structurelle importante pour permettre, à terme, la levée progressive des contrôles intérieurs.

La Commission met aussi en avant le dialogue engagé avec les États membres concernés. Le processus de consultation conduit par le coordinateur Schengen aurait déjà permis, selon elle, d’améliorer la coordination opérationnelle, l’échange d’informations et la gestion des temps d’attente aux frontières.

Une question sensible pour l’espace Schengen

Les contrôles aux frontières intérieures restent un sujet sensible au sein de l’espace Schengen.

Depuis plusieurs années, différents États membres ont réintroduit ou prolongé ces contrôles pour des motifs liés à la sécurité, au terrorisme, à l’immigration irrégulière ou à des tensions aux frontières extérieures. La durée de certains dispositifs a nourri un débat sur leur compatibilité avec l’esprit de Schengen, fondé sur la libre circulation.

Le code frontières Schengen prévoit qu’un État membre peut réintroduire de tels contrôles lorsqu’une menace grave le justifie. En principe, leur durée maximale ne doit pas dépasser deux ans. Une prolongation supplémentaire peut toutefois être envisagée dans une situation exceptionnelle majeure, liée à une menace grave et persistante.

C’est dans ce cadre que la Commission a adopté les avis du 2 juin 2026.

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