Antigua-et-Barbuda durcit temporairement ses conditions d’entrée pour les voyageurs en provenance d’Afrique, dans un contexte de vigilance sanitaire accrue face à Ebola et à d’autres maladies infectieuses graves.
Dans ses notes publiées après la réunion du Cabinet du 27 mai 2026, le gouvernement d’Antigua-et-Barbuda indique que le pays continue de suivre plusieurs préoccupations émergentes de santé publique mondiale, notamment la propagation du virus Ebola dans certaines régions d’Afrique. Les autorités annoncent, à ce titre, le maintien de mesures de précaution aux frontières.
« Dans le cadre des mesures de précaution prises par le gouvernement, le Conseil des ministres a réitéré sa politique actuelle selon laquelle aucune exemption de visa ne sera accordée aux personnes en provenance de pays africains », a déclaré Maurice Merchant, le directeur général de la communication, lors du point presse organisé après la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres.
La mesure repose donc sur la provenance du voyageur, et non sur sa nationalité : toute personne voyageant depuis un pays africain est concernée, y compris lorsqu’elle possède une citoyenneté normalement exemptée de visa pour Antigua-et-Barbuda.
Les voyageurs concernés devront donc solliciter un visa avant leur déplacement, sans pouvoir bénéficier d’une dispense habituellement applicable.
Un historique de voyage sur 45 jours sera demandé
Les autorités précisent également que les personnes demandant un visa pour Antigua-et-Barbuda depuis un pays africain devront déclarer leur historique de voyage des 45 jours précédant la demande. Cette information sera intégrée au processus d’examen et de filtrage des demandes de visa.
Le gouvernement ajoute que les voyageurs ayant récemment séjourné dans des pays ou régions touchés par Ebola, ou par d’autres flambées virales graves connues, se verront refuser un visa d’entrée.
« Le Conseil des ministres a en outre indiqué que les personnes ayant récemment voyagé dans des pays ou des régions touchés par Ebola ou d’autres épidémies virales graves connues se verront refuser des visas d’entrée dans l’intérêt de la protection de la santé publique et de la sécurité nationale », a ajouté Maurice Merchant.
Le Cabinet présente ces mesures comme préventives et destinées à limiter les risques liés à la propagation internationale de maladies infectieuses. À ce stade, les notes du Cabinet ne détaillent pas la liste exacte des pays africains ou des zones sanitaires concernées, ni les modalités pratiques applicables à chaque situation de voyage.
Des contrôles sanitaires renforcés à l’aéroport
Cette décision s’inscrit dans un ensemble de mesures sanitaires annoncées par le ministère de la Santé, du Bien-être, de l’Environnement et de la Fonction publique. Dans un communiqué, le ministère indique qu’aucun cas suspect ou confirmé d’Ebola n’a été signalé à Antigua-et-Barbuda, mais que le pays a renforcé sa préparation nationale et sa surveillance aux points d’entrée.
Les mesures mentionnées comprennent notamment une surveillance accrue dans les ports d’entrée, le renforcement des procédures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de santé, ainsi qu’une coordination continue avec les agences régionales et internationales de santé publique.
Le ministère annonce aussi la réinstallation de caméras thermiques infrarouges à l’aéroport international V.C. Bird, afin de renforcer le dépistage des passagers à l’arrivée.
Cette surveillance intervient également dans le contexte de l’arrivée de vols internationaux supplémentaires en provenance du Nigeria à partir du 25 mai 2026, avec un renforcement de la présence sanitaire à l’aéroport et de la coordination avec l’immigration, les douanes, les autorités aéroportuaires et les compagnies aériennes.
Une mesure présentée comme temporaire et préventive
Le ministère de la Santé avait indiqué qu’il proposerait au Cabinet des mesures temporaires visant les personnes ayant séjourné dans des zones de flambée identifiées au cours des 45 jours précédant leur arrivée à Antigua-et-Barbuda.
Les notes du Cabinet publiées le 27 mai confirment désormais l’orientation retenue par le gouvernement, avec une restriction des exemptions de visa et un filtrage renforcé des demandes.
Les autorités antiguanes affirment que le risque pour le pays reste faible à ce stade, mais estiment nécessaire de maintenir une vigilance renforcée aux frontières. Le gouvernement indique qu’il continuera de suivre l’évolution de la situation et de rester en contact avec les agences régionales et internationales de santé publique.
Pour les voyageurs concernés, cette annonce implique de vérifier avant tout déplacement si une demande de visa est désormais requise et de préparer, le cas échéant, les informations relatives aux déplacements effectués au cours des 45 jours précédents.







