L’épidémie d’Ebola Bundibugyo déclarée en République démocratique du Congo et en Ouganda commence à se traduire par des mesures concrètes aux frontières.
Ces derniers jours, la Thaïlande, la Corée du Sud, l’Inde et les États-Unis ont annoncé ou appliqué des contrôles sanitaires renforcés, des obligations de déclaration ou des restrictions ciblées.
Les mesures ne sont pas identiques d’un pays à l’autre, mais elles visent toutes les voyageurs ayant récemment séjourné dans des pays où des cas d’Ebola sont confirmés ou surveillés, principalement la RDC, l’Ouganda et, selon les dispositifs nationaux, le Soudan du Sud.
Le 17 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en RDC et en Ouganda constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Quelques jours plus tôt, l’OMS avait indiqué que la flambée avait été confirmée en Ituri, dans l’est de la RDC, avant la notification de cas importés en Ouganda. L’organisation rappelle qu’il n’existe pas de vaccin homologué ni de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo, contrairement à certains outils disponibles contre d’autres espèces du virus Ebola.
L’OMS évoque un risque élevé au niveau régional
Dans ses dernières déclarations, l’OMS insiste sur le risque de propagation régionale, en particulier en raison des mouvements transfrontaliers entre l’est de la RDC, l’Ouganda et les pays voisins. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé le 20 mai que la situation constituait une urgence internationale, mais pas une urgence pandémique. Il a également indiqué que le risque était jugé élevé aux niveaux national et régional, mais faible au niveau mondial.
Cette distinction est importante pour les voyageurs. Les annonces récentes ne signifient pas que les frontières sont fermées à tous les voyageurs venant d’Afrique centrale ou orientale. Elles marquent plutôt une montée en puissance des dispositifs de surveillance sanitaire, avec des contrôles avant ou à l’arrivée, des formulaires de santé, des mesures de suivi et, dans certains cas, des restrictions d’entrée ciblées.
La Thaïlande classe la RDC et l’Ouganda comme zones infectées
La Thaïlande a été l’un des premiers pays à formaliser des mesures d’entrée renforcées. Le ministère thaïlandais de la Santé publique a annoncé que la République démocratique du Congo et l’Ouganda étaient classés comme zones infectées par une maladie transmissible dangereuse, après la déclaration d’urgence de l’OMS. Cette décision est entrée en vigueur le 21 mai 2026.
Les voyageurs étrangers arrivant de ces zones doivent compléter avec exactitude la Thailand Digital Arrival Card, ou TDAC, afin de permettre aux autorités sanitaires d’identifier et de contacter les personnes concernées si nécessaire. Les ressortissants thaïlandais doivent, eux, enregistrer leurs informations via le Thai Health Pass. Les autorités thaïlandaises prévoient également des contrôles sanitaires à l’arrivée, notamment la vérification des informations, la prise de température et la possibilité d’un suivi par les services de santé.
La Corée du Sud renforce Q-CODE et les contrôles de quarantaine
La Corée du Sud a également renforcé ses procédures sanitaires. L’agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, la KDCA, demande aux personnes ayant séjourné ou transité dans une zone soumise à une inspection de quarantaine renforcée de soumettre une déclaration via Q-CODE ou un formulaire de déclaration sanitaire.
Dans le cadre de cette alerte, la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud sont concernés par une vigilance renforcée. Les voyageurs arrivant de ces pays peuvent donc être soumis à des formalités sanitaires supplémentaires à leur arrivée en Corée du Sud, en complément des contrôles d’immigration habituels. Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a aussi relevé son niveau d’alerte voyage pour l’Ouganda et évoqué des restrictions renforcées pour certaines zones de RDC, notamment l’Ituri.
L’Inde demande aux passagers concernés de se signaler avant l’immigration
L’Inde a publié un avis sanitaire officiel par l’intermédiaire de la Directorate General of Health Services, rattachée au ministère de la Santé et du Bien-être familial. Le document vise les passagers arrivant de pays touchés par Ebola, ou y ayant transité, notamment la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud, présentés comme pays à haut risque selon la liste mise à jour par l’OMS.
Les voyageurs concernés doivent se signaler immédiatement au Airport Health Officer ou au health desk avant le passage de l’immigration s’ils présentent des symptômes tels que fièvre, faiblesse ou fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, vomissements, diarrhée, saignements inexpliqués ou mal de gorge. La même consigne s’applique aux passagers ayant eu un contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’une personne suspectée ou confirmée comme atteinte d’Ebola.
L’avis indien rappelle aussi que tout voyageur développant ces symptômes dans les 21 jours suivant son arrivée doit consulter immédiatement et informer les autorités sanitaires de son historique de voyage. Les passagers sont invités à coopérer avec les contrôles sanitaires et les mesures de santé publique mises en place dans les aéroports, dans le cadre du Règlement sanitaire international.
Les États-Unis appliquent des restrictions d’entrée ciblées
Les États-Unis ont adopté une approche plus restrictive. Le CDC indique que, depuis le 18 mai 2026, des mesures de dépistage renforcé, de suivi des voyageurs et de restriction d’entrée sont appliquées afin de réduire le risque d’introduction de la maladie à virus Ebola sur le territoire américain. Ces restrictions visent les personnes qui ne détiennent pas de passeport américain et qui ont séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 jours précédents.
Le Département d’État américain a également relevé son avis voyage pour la République démocratique du Congo au niveau 4, “Do Not Travel”, en raison de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo dans la province de l’Ituri, en plus des risques sécuritaires déjà mentionnés pour le pays.
Ce que doivent vérifier les voyageurs
Les voyageurs ayant récemment séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud doivent vérifier les exigences de leur pays de destination avant leur départ. Selon le pays d’arrivée, ils peuvent devoir remplir un formulaire sanitaire, se signaler avant l’immigration, déclarer leur itinéraire récent ou se soumettre à des contrôles supplémentaires.
Les personnes concernées doivent aussi surveiller l’apparition de symptômes compatibles avec Ebola pendant les 21 jours suivant leur arrivée. En cas de fièvre, fatigue inhabituelle, vomissements, diarrhée, douleurs musculaires, maux de tête, mal de gorge ou saignements inexpliqués, les autorités sanitaires recommandent de consulter rapidement et de signaler son historique de voyage.







