Le 23 septembre 2026, les États-Unis annoncé plusieurs mesures destinées à mieux lutter contre les fraudes liées aux visas américains.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a notamment présenté une nouvelle politique de restriction de visas visant les personnes qui pratiquent ou facilitent le « tourisme de naissance ». Les autorités américaines indiquent vouloir cibler en particulier les organisateurs et intermédiaires qui mettent en place ce type de séjour, ainsi que les prestataires qui y participent sciemment ou encouragent des demandeurs à fournir de fausses informations lors de leur demande de visa.
Cette annonce s’accompagne, le même jour, du lancement d’un nouvel outil d’une portée plus large : un portail en ligne permettant au public de transmettre directement au Département d’État des informations concernant des soupçons de fraude ou d’utilisation abusive d’un visa américain.
Un formulaire pour signaler les fraudes et utilisations abusives de visas
Accessible depuis le site officiel Travel.State.gov, le formulaire « Report Visa Fraud » permet à toute personne disposant d’informations sur une fraude potentielle ou une utilisation abusive d’un visa américain de les transmettre directement aux autorités.
Le Département d’État demande aux personnes effectuant un signalement de communiquer les informations les plus complètes possible. Selon l’administration américaine, plus les éléments permettant d’identifier les personnes ou les faits concernés sont précis, plus les renseignements transmis sont susceptibles de permettre une enquête.
Le signalement peut être effectué de manière anonyme. Le nom et l’adresse électronique de la personne qui transmet les informations restent facultatifs. Les communiquer permet toutefois aux autorités de reprendre contact avec elle si des précisions sont nécessaires.
Le Département d’État précise que ce nouveau portail peut notamment être utilisé pour signaler des faits concernant de faux documents ou de faux projets de voyage, des mariages de complaisance organisés par des intermédiaires, des sociétés fictives, des offres d’emploi fabriquées ou encore des pratiques liées au « tourisme de naissance ».
Des informations qui peuvent conduire à une enquête ou à la révocation d’un visa
Les renseignements recueillis ne sont pas uniquement destinés à être enregistrés comme des signalements.
La notice de confidentialité du portail indique qu’ils peuvent être utilisés par le Département d’État pour ouvrir ou soutenir une enquête des forces de l’ordre, ainsi que pour examiner des mesures relevant de l’immigration. Les informations peuvent également être partagées, lorsqu’une base juridique et un besoin opérationnel existent, avec différentes autorités américaines fédérales, étatiques ou locales, mais aussi avec des services étrangers chargés de l’application de la loi.
Dans son annonce du 23 septembre, le Département d’État indique également que les fraudes établies peuvent conduire notamment à la révocation d’un visa ou à la transmission d’un dossier aux services compétents pour une enquête complémentaire.
Washington affirme par ailleurs avoir identifié et sanctionné « des dizaines de milliers » de personnes impliquées dans des fraudes aux visas depuis le début du second mandat de Donald Trump, dont un grand nombre grâce à des informations transmises par le public. Il s’agit d’un bilan communiqué par le Département d’État, sans données détaillées accompagnant cette annonce sur le nombre ou les catégories de visas concernés.
Les États-Unis renforcent les contrôles autour des visas
La création de ce portail intervient alors que les autorités américaines multiplient ces derniers mois les mesures de contrôle applicables aux demandes de visa.
Le Département d’État a ainsi annoncé le 18 septembre qu’à compter du 1er octobre 2026, l’examen de la présence en ligne des demandeurs sera étendu aux visas I, destinés notamment aux représentants des médias étrangers, ainsi qu’aux catégories TN et TD, utilisées par certains professionnels canadiens et mexicains et leurs personnes à charge.
Les demandeurs concernés sont invités à rendre leurs profils sur les réseaux sociaux accessibles en mode « public » ou « ouvert » pour permettre ces vérifications. Plusieurs autres catégories de visas, notamment certains visas étudiants, d’échange et de travail temporaire, sont déjà concernées par ce contrôle renforcé.
Avec son nouveau portail de signalement, le Département d’État ajoute donc un outil supplémentaire à ses mécanismes de détection des fraudes. Celui-ci ne modifie pas, en lui-même, les conditions d’obtention d’un visa américain ou d’une autorisation de voyage électronique ESTA, mais permet désormais au public de transmettre plus directement aux autorités des informations concernant une demande, un visa délivré ou une éventuelle utilisation abusive de celui-ci.
L’éclairage VisasNews
Le nouveau portail ne constitue pas une nouvelle formalité pour les voyageurs et ne change pas les conditions d’entrée aux États-Unis. Il centralise en revanche les signalements concernant les soupçons de fraude ou d’utilisation abusive des visas américains. Sa mise en service, parallèlement à de nouvelles mesures de contrôle et de restriction annoncées par Washington, illustre le renforcement des vérifications effectuées aussi bien au moment de la demande qu’après la délivrance d’un visa.







