Obtenir un rendez-vous pour un visa visiteur pour les États-Unis reste, dans de nombreux pays, beaucoup plus long qu’avant la pandémie.
Dans un rapport publié le 28 septembre 2026, le Government Accountability Office (GAO), organisme indépendant chargé notamment d’évaluer le fonctionnement des administrations fédérales américaines, dresse un état des lieux du traitement des visas de non-immigrant par le Département d’État.
Son constat est assez parlant : le délai moyen mondial pour obtenir un entretien en vue d’un visa visiteur pour les États-Unis, principalement les visas B1/B2 pour les voyages d’affaires ou touristiques, était de 26 jours au cours de l’exercice fiscal 2019. En 2025, cette moyenne atteignait 201 jours, soit près de huit fois plus.
Plus de visas traités, mais des rendez-vous encore difficiles à obtenir
Cette hausse des délais ne s’explique pas par une baisse de l’activité consulaire.
Le nombre de visas visiteurs traités par le Département d’État a au contraire dépassé son niveau d’avant la pandémie : 11,7 millions de dossiers ont été examinés en 2025, contre 9,2 millions en 2019. Les visas visiteurs représentaient alors l’essentiel des demandes de visas américains de non-immigrant.
Mais les situations diffèrent considérablement d’un pays à l’autre.
En 2019, seuls deux pays affichaient un délai moyen supérieur à 90 jours pour obtenir un entretien. Ils étaient 39 en 2025. Parmi les délais moyens les plus longs relevés par le GAO figuraient notamment 597 jours en Colombie, 489 jours en Turquie, 346 jours en Inde, 297 jours au Bangladesh et 293 jours en Ouganda.
Ces chiffres portent toutefois sur l’exercice fiscal 2025 et ne correspondent pas nécessairement aux délais actuellement proposés aux demandeurs.
Des effectifs consulaires sous pression
Selon le GAO, l’un des principaux facteurs expliquant ces écarts est le nombre d’agents disponibles par rapport au volume de demandes.
Le nombre d’agents consulaires consacrant l’essentiel de leur activité aux visas de non-immigrant avait presque retrouvé son niveau d’avant la pandémie en 2024, avec 1 342 agents, avant de retomber à 904 en 2025. Le Département d’État a notamment évoqué auprès du GAO les restrictions de recrutement et les départs de personnel.
La situation est particulièrement visible dans les pays où la demande est très forte. En 2025, l’Inde enregistrait environ 1,45 million de demandes de visas de non-immigrant pour 68 agents principalement affectés à leur traitement, avec un délai moyen de 346 jours pour l’entretien. Au Brésil, où 87 agents traitaient environ 1,14 million de demandes, la moyenne était de 32 jours.
Le GAO souligne néanmoins que les effectifs ne constituent pas le seul facteur : la demande accumulée depuis la pandémie, les capacités physiques des consulats, les procédures de contrôle et les outils informatiques peuvent également influer sur les délais.
L’organisme recommande au Département d’État de procéder plus régulièrement à une évaluation mondiale de ses besoins afin de mieux répartir les effectifs entre les postes consulaires. Le Département d’État n’a ni approuvé ni rejeté formellement cette recommandation et indique vouloir poursuivre ses exercices annuels d’évaluation des besoins.
Des délais actuels parfois beaucoup plus courts
Pour les voyageurs, le chiffre de 201 jours ne doit donc pas être interprété comme un délai uniforme applicable aujourd’hui partout dans le monde.
Le Département d’État publie et actualise régulièrement les délais de rendez-vous par ambassade et consulat. Dans sa dernière mise à jour du 17 septembre 2026, le prochain rendez-vous disponible pour un visa B1/B2 était ainsi annoncé à moins d’un demi-mois à Paris, contre environ un mois et demi à Bruxelles et deux mois à Berne. À l’inverse, certains postes continuent d’afficher plusieurs mois d’attente.
Ces délais évoluent régulièrement, de nouveaux créneaux pouvant être ouverts par les ambassades et consulats.
Pour la majorité des Français, Belges ou Suisses voyageant aux États-Unis pour un court séjour touristique ou d’affaires et remplissant les conditions du Visa Waiver Program, cette problématique ne concerne pas directement leur voyage puisqu’ils peuvent généralement solliciter une autorisation électronique ESTA plutôt qu’un visa. Elle concerne en revanche les voyageurs qui doivent obtenir un visa américain ou qui ne sont pas éligibles à l’ESTA.
L’éclairage VisasNews
Les 201 jours relevés par le GAO correspondent à une moyenne mondiale calculée sur l’exercice fiscal 2025 et non au délai actuel dans chaque ambassade américaine. Les disponibilités varient fortement d’un poste consulaire à l’autre et peuvent évoluer rapidement. Avant toute demande de visa, il reste donc essentiel de consulter les délais actualisés publiés par le Département d’État.







