Le lancement de l’ETIAS pourrait connaître un nouveau décalage.
Selon le Financial Times, l’Union européenne s’apprêterait à reporter à 2027 la mise en service de son système européen d’information et d’autorisation de voyage, mieux connu sous l’acronyme ETIAS. Cette formalité, souvent comparée à l’ESTA américain, doit concerner les voyageurs exemptés de visa se rendant dans 30 pays européens pour un court séjour.
À ce stade, aucune annonce officielle de report n’a toutefois été publiée par la Commission européenne, eu-LISA ou le Conseil de l’Union européenne. Les pages officielles continuent d’indiquer que « l’ETIAS entrera en service au cours du dernier trimestre de 2026 ». Mais les informations rapportées par le quotidien britannique montrent que le calendrier est désormais fragilisé.
Un report évoqué après les difficultés de l’EES
D’après le Financial Times, les discussions autour d’un report de l’ETIAS interviennent dans le sillage des difficultés rencontrées avec le système européen d’entrée/sortie, l’EES.
Mis en œuvre progressivement depuis le 12 octobre 2025, puis pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, l’EES remplace le tampon manuel des passeports par un enregistrement numérique des entrées et sorties des voyageurs non ressortissants de l’Union européenne effectuant un court séjour. Le système prévoit aussi l’enregistrement de données biométriques, notamment l’image faciale et les empreintes digitales.
Ce déploiement a provoqué des files d’attente dans plusieurs points de passage frontaliers, en particulier dans certains aéroports et aux frontières terrestres très fréquentées. Le secteur aérien alerte depuis plusieurs semaines sur le risque de perturbations pendant la haute saison estivale.
Selon trois personnes informées du dossier citées par le Financial Times, eu-LISA, l’agence européenne chargée de la mise en œuvre technique de l’EES et de l’ETIAS, aurait reconnu qu’un lancement de l’ETIAS avant la fin de l’année n’était plus réaliste. Le conseil d’administration de l’agence se serait réuni à la mi-juin pour évoquer un report, avant une nouvelle discussion attendue en septembre sur un calendrier révisé.
Un porte-parole d’eu-LISA a confirmé au Financial Times que le conseil d’administration avait discuté de la « mise en service » de l’ETIAS le 17 juin 2026, en ajoutant que « depuis lors, il n’y a pas eu d’autres développements sur ce sujet ».
L’Union européenne maintient officiellement l’ETIAS pour fin 2026
Officiellement, le calendrier n’a pas encore changé.
Sur son portail dédié, l’Union européenne indique toujours que l’ETIAS doit entrer en service au dernier trimestre 2026. La Commission européenne précise également que le système n’est pas encore opérationnel et qu’aucune demande d’autorisation de voyage n’est collectée pour le moment.
L’UE rappelle aussi que la date exacte de lancement sera communiquée plusieurs mois avant l’entrée en service. Autrement dit, les voyageurs n’ont actuellement aucune démarche à effectuer et doivent se méfier des sites qui prétendent déjà vendre une autorisation ETIAS.
Le cadre juridique prévoit par ailleurs que la date de mise en service de l’ETIAS doit être fixée par la Commission européenne, une fois les conditions nécessaires réunies, notamment après les phases de tests et de validation technique. C’est donc à la Commission, et non à eu-LISA seule, qu’il revient d’acter officiellement le lancement du dispositif.
ETIAS : une formalité attendue par 1,4 milliard de voyageurs
L’ETIAS concernera les ressortissants de 59 pays exemptés de visa pour les courts séjours dans l’espace Schengen et à Chypre. Sont notamment visés les voyageurs britanniques, américains, canadiens, australiens, japonais, sud-coréens ou encore brésiliens.
Selon l’Union européenne, environ 1,4 milliard de personnes issues de pays et territoires exemptés de visa devront, à terme, obtenir une autorisation de voyage électronique ETIAS avant leur départ.
La demande devra être effectuée en ligne, via le site officiel ou l’application mobile ETIAS. Le coût de l’autorisation a récemment été porté à 20 €, contre 7 € initialement prévus. Une fois délivrée, l’autorisation ETIAS permettra de voyager pour des courts séjours, dans la limite habituelle de 90 jours sur toute période de 180 jours.
L’ETIAS ne sera pas un visa. Il s’agira d’une autorisation préalable de voyage destinée aux voyageurs qui n’ont pas besoin de visa pour se rendre dans les pays européens concernés.
ETIAS et EES : deux systèmes différents, mais liés
Le possible report de l’ETIAS illustre aussi la difficulté de faire entrer en service plusieurs grands systèmes frontaliers européens en même temps.
L’EES intervient au moment du passage de la frontière. Il enregistre les entrées, sorties et refus d’entrée des voyageurs non ressortissants de l’UE effectuant un court séjour, avec des données biométriques.
L’ETIAS, lui, interviendra avant le départ. Les voyageurs exemptés de visa devront obtenir une autorisation électronique avant d’embarquer vers les pays européens concernés. Les transporteurs devront ensuite vérifier que le passager dispose bien de cette autorisation lorsque le système sera opérationnel.
Dans les faits, les deux dispositifs sont donc complémentaires. Mais leur articulation technique et opérationnelle reste sensible, en particulier pour les aéroports, compagnies aériennes, postes-frontières terrestres et autorités nationales chargées des contrôles.
Une personne au courant des discussions citées par le Financial Times évoque encore « quelques problèmes informatiques » autour de l’ETIAS. Une autre source proche du dossier juge même un lancement cette année « illusoire »…
L’éclairage VisasNews
Pour les voyageurs, l’ETIAS reste une formalité à surveiller, mais pas encore une démarche à effectuer. Le possible report à 2027 ne serait pas vraiment une surprise : l’Europe vient déjà de franchir une étape lourde avec l’EES, et ajouter immédiatement une pré-autorisation de voyage pourrait compliquer encore davantage les contrôles aux frontières. Le bon réflexe reste donc simple : attendre le portail officiel, éviter les sites intermédiaires prématurés et vérifier le calendrier avant tout départ vers l’espace Schengen.







