Un vol Air France entre Paris-Charles de Gaulle et Detroit a été dérouté vers Montréal, mercredi 20 mai 2026, après l’intervention des autorités américaines.
Selon les éléments rapportés par plusieurs médias, un passager ayant récemment été présent en République démocratique du Congo aurait été autorisé à embarquer alors qu’il était concerné par les restrictions sanitaires décidées par Washington.
Le vol AF378, qui devait rejoindre l’aéroport Detroit Metropolitan Wayne County, a finalement été redirigé vers l’aéroport Montréal-Trudeau.
D’après les déclarations d’Air France transmises à l’AFP, il n’y avait pas d’urgence médicale à bord. La compagnie a toutefois rappelé qu’elle devait se conformer aux exigences d’entrée des pays desservis. Les autorités américaines ont, de leur côté, estimé que le passager n’aurait pas dû se trouver à bord d’un vol à destination des États-Unis.
Des restrictions américaines décidées pour 30 jours
L’incident intervient quelques jours après la mise en place de mesures sanitaires américaines ciblant les voyageurs liés à trois pays africains.
Le 18 mai 2026, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont publié un ordre suspendant, pour une durée de 30 jours, l’entrée aux États-Unis de certains ressortissants étrangers ayant quitté ou ayant été présents en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud au cours des 21 jours précédant leur entrée ou tentative d’entrée sur le territoire américain.
Cette mesure ne vise pas les citoyens américains, les ressortissants américains, les résidents permanents légaux, ni certaines catégories bénéficiant d’exceptions prévues par l’ordre des CDC. Elle s’accompagne de contrôles sanitaires renforcés, de mesures de suivi des voyageurs et d’une coordination avec les compagnies aériennes, les partenaires internationaux et les autorités aux points d’entrée. Les CDC estiment, à ce stade, que le risque immédiat pour le grand public américain reste faible.
Les CDC indiquent que ces mesures ont été prises face à l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo. Selon la page de situation publiée par l’agence, le 18 mai 2026, les CDC et le Department of Homeland Security (DHS) ont mis en œuvre des contrôles de voyage renforcés, des restrictions d’entrée et d’autres mesures de santé publique pour prévenir l’introduction de la maladie à virus Ebola aux États-Unis.
Washington-Dulles devient le point d’arrivée désigné
En complément de l’ordre du CDC, le DHS et l’U.S. Customs and Border Protection (CBP) ont publié, le 21 mai 2026 au Federal Register, un avis imposant des restrictions d’arrivée à certains vols internationaux vers les États-Unis. Selon ce document, les vols transportant des personnes ayant récemment séjourné ou transité en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud doivent atterrir à l’aéroport international de Washington-Dulles, en Virginie.
Cette obligation s’applique aux vols partant après 23 h 59, heure avancée de l’Est, le mercredi 20 mai 2026. Elle restera en vigueur jusqu’à son annulation ou sa modification par le secrétaire à la Sécurité intérieure, avec publication d’un nouvel avis au Federal Register.
L’objectif est de concentrer les moyens sanitaires américains dans un seul aéroport, afin d’y appliquer les mesures de contrôle, de suivi et d’évaluation des voyageurs concernés. Les équipages et les vols transportant uniquement du fret sont exclus de cette mesure.
Cette distinction est importante pour les voyageurs. Les restrictions américaines ne se limitent pas à la nationalité inscrite sur le passeport. Elles prennent aussi en compte la présence récente dans l’un des trois pays concernés au cours des 21 jours précédents, quelle que soit l’origine du voyageur.
Les services de visas suspendus dans trois ambassades américaines
Le Département d’État américain a également annoncé une suspension temporaire de tous les services de visas dans les ambassades des États-Unis à Juba, au Soudan du Sud, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, et à Kampala, en Ouganda.
Cette suspension concerne les demandes de visas immigrants et non-immigrants, y compris les visas de tourisme, d’affaires, d’études ou d’échange. Les demandeurs concernés doivent être informés directement de la reprogrammation de leurs rendez-vous lorsque les services reprendront.
Le Département d’État précise toutefois que cette mesure n’affecte pas les visas américains déjà valides. Les frais de demande de visa non-immigrant restent valables 365 jours à compter de la date d’émission du reçu de paiement, selon les précisions publiées par les autorités américaines.
Une mesure sanitaire qui peut aussi concerner des voyageurs en correspondance
Pour les voyageurs internationaux, le point le plus sensible concerne la notion de présence récente dans les pays visés. L’ordre des CDC ne s’applique pas uniquement aux personnes résidant en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud. Il vise aussi certains ressortissants étrangers qui ont quitté ces pays, ou qui y ont été présents, au cours des 21 jours précédant leur arrivée ou leur tentative d’arrivée aux États-Unis.
Un voyageur ayant simplement transité ou séjourné récemment dans l’un de ces trois pays peut donc être concerné par les restrictions, même si son itinéraire vers les États-Unis commence dans un autre pays. C’est cette logique qui semble avoir conduit au déroutement du vol Air France Paris-Detroit, selon les informations communiquées aux médias.
Pour les compagnies aériennes, ces mesures impliquent un contrôle renforcé avant l’embarquement, notamment sur l’historique récent de voyage des passagers. Pour les voyageurs, elles ajoutent un point de vigilance supplémentaire avant tout déplacement vers les États-Unis.







