Afrique

UniVisa : la SADC avance sur son projet de visa touristique commun

Le futur visa touristique commun de la SADC s’impose comme l’un des grands chantiers régionaux pour simplifier les voyages en Afrique australe et stimuler la fréquentation touristique.

Rédigé par VisasNews

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UniVisa : la SADC avance sur son projet de visa touristique commun
Le SADC UniVisa vise à simplifier les déplacements touristiques entre les pays d’Afrique australe © Depositphotos

Le projet de visa touristique commun de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), discuté depuis plusieurs années, se rapproche d’une possible adoption régionale.

Dans une publication diffusée le 20 mai 2026, la SADC affirme que le projet de SADC UniVisa a « franchi des étapes importantes vers son adoption et sa mise en œuvre », après son examen par les ministres chargés du Tourisme. L’annonce ne signifie pas encore que ce visa est disponible pour les voyageurs, mais elle confirme que le dossier avance dans le processus institutionnel régional.

La SADC a présenté ces avancées en marge de l’Africa’s Travel Indaba, grand rendez-vous professionnel du tourisme africain organisé chaque année à Durban, en Afrique du Sud, lors d’un événement conjoint avec la Southern Africa Tourism Alliance.

Un visa touristique unique pour faciliter les circuits régionaux

Le SADC UniVisa est présenté comme un outil destiné à simplifier les voyages combinant plusieurs pays d’Afrique australe. L’objectif est de rendre plus fluides les itinéraires transfrontaliers, notamment pour les voyageurs internationaux qui combinent plusieurs destinations lors d’un même séjour.

Selon la SADC, le projet s’inscrit désormais dans un processus interministeriel régional. Marygoreth Mushi, chargée des politiques et du développement des marchés au Secrétariat de la SADC, a indiqué que le SADC Tourism UniVisa avançait vers l’étape des chefs d’État. Cette précision est importante : le projet n’est pas seulement discuté dans le secteur touristique, mais semble désormais progresser dans la chaîne de décision politique régionale.

La SADC regroupe 16 États membres : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Comores, Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, République démocratique du Congo, Seychelles, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

Visas, accès aérien et frontières au cœur des priorités

Lors de l’événement organisé à Durban, les échanges ont porté sur trois leviers considérés comme essentiels pour développer le tourisme régional : les visas, l’accès aérien et l’efficacité des frontières. Ces trois sujets sont régulièrement cités par les acteurs du tourisme comme des freins aux séjours multi-destinations en Afrique australe, malgré la proximité géographique de plusieurs sites majeurs.

La SADC indique que le travail ne porte pas seulement sur le visa commun. Le programme régional inclut également une étude sur l’accès aérien, des recommandations sur l’harmonisation des politiques aériennes, ainsi qu’un audit des postes-frontières, dont le lancement est prévu en juillet 2026. L’objectif est de produire des lignes directrices de bonnes pratiques pour les principaux points de passage de la région.

Les participants ont aussi évoqué la nécessité de procédures plus cohérentes aux frontières, de files dédiées aux touristes et d’une meilleure coordination entre les États membres. La Southern Africa Tourism Alliance doit désormais travailler avec le Secrétariat de la SADC à l’élaboration d’une position régionale coordonnée, chiffrée et structurée sur les visas, l’accès aérien et l’efficacité des frontières avant le sommet d’août.

Un précédent avec le KAZA UniVisa

Le projet de SADC UniVisa rappelle la dynamique déjà amorcée à une échelle plus réduite avec le KAZA UniVisa. Ce visa commun permet actuellement aux voyageurs éligibles de visiter la Zambie et le Zimbabwe avec un même visa, avec la possibilité d’effectuer des excursions d’une journée au Botswana via certains points de passage. Ce visa coûte 50 dollars américains et reste valable jusqu’à 30 jours, sous conditions.

En 2024, les pays de l’aire de conservation transfrontalière Kavango-Zambezi, qui comprend l’Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe, avaient déjà annoncé leur volonté d’étendre ce mécanisme. L’initiative SADC UniVisa irait plus loin, puisqu’elle vise une logique régionale plus ambitieuse, potentiellement applicable à l’ensemble de la communauté d’Afrique australe.

Pour les voyageurs, un tel dispositif pourrait réduire le nombre de demandes de visas séparées, faciliter les circuits combinant plusieurs pays et rendre les itinéraires régionaux plus attractifs. Pour les professionnels du tourisme, il pourrait aussi encourager la création d’offres multi-pays, notamment autour des parcs transfrontaliers, des chutes Victoria, des safaris et des grands axes touristiques d’Afrique australe.

Pas encore de lancement ni de conditions d’éligibilité

À ce stade, la SADC n’a pas annoncé de date de lancement, de liste de nationalités éligibles, de prix, de durée de validité ou de plateforme officielle de demande pour le futur SADC UniVisa. Aucune modalité pratique ne permet donc encore aux voyageurs de demander ce visa.

Les règles d’entrée restent celles de chaque pays de destination. Les voyageurs doivent continuer à vérifier les conditions applicables auprès des autorités nationales compétentes avant tout déplacement en Afrique australe, notamment en cas de voyage combinant plusieurs États de la région.

Le signal envoyé par la SADC reste toutefois important. Le projet de visa touristique commun n’est plus seulement présenté comme une idée de facilitation à long terme : il est désormais associé à un calendrier de travail régional, à des discussions ministérielles et à des actions complémentaires sur les frontières et l’accès aérien.

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