Asie - Thaïlande

Thaïlande : des taxes de 450 bahts à l’arrivée et 1 000 bahts au départ en préparation

La Thaïlande avance sur deux projets de taxation des voyageurs. Alors qu’une taxe touristique de 450 bahts à l’arrivée se rapproche d’un examen gouvernemental, le ministère des Finances consulte actuellement le public sur une taxe de 1 000 bahts applicable aux départs du pays. Les deux mesures, encore à l’étude, pourraient représenter un coût supplémentaire de 1 450 bahts pour les visiteurs étrangers voyageant en avion.

Rédigé par VisasNews

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Thaïlande : des taxes de 450 bahts à l’arrivée et 1 000 bahts au départ en préparation
La Thaïlande envisage deux nouvelles taxes qui pourraient augmenter le coût des voyages internationaux © Depositphotos

Entrer en Thaïlande, puis en repartir, pourrait prochainement coûter plus cher aux voyageurs internationaux.

À Bangkok, deux projets de taxation distincts progressent simultanément. Le premier concerne une taxe touristique de 450 bahts à l’arrivée, destinée aux visiteurs étrangers. Le second prévoit une taxe de 1 000 bahts au départ, qui pourrait s’appliquer aux voyageurs de toutes nationalités, y compris aux ressortissants thaïlandais.

Ces deux mesures ont connu de nouveaux développements les 6 et 7 octobre 2026, à travers une réunion du ministère du Tourisme et des Sports et la présentation d’un avant-projet de loi soumis à consultation publique par l’administration fiscale thaïlandaise.

Leur éventuelle adoption pourrait porter à 1 450 bahts le montant cumulé de ces deux nouvelles taxes pour un touriste étranger arrivant et repartant par avion, indépendamment des redevances aéroportuaires déjà intégrées aux billets.

À ce stade, toutefois, aucune de ces deux nouvelles taxes n’est entrée en vigueur.

Une taxe touristique de 450 bahts à l’arrivée, « à l’instar de plus de 80 pays dans le monde »

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Le projet de taxe touristique de 450 bahts, déjà évoqué ces derniers mois, vient de franchir une nouvelle étape dans son processus de préparation.

Le 6 octobre, le ministre thaïlandais du Tourisme et des Sports, Surasak Phancharoenworakul, a présidé une réunion réunissant des représentants du gouvernement, du secteur touristique et de la société civile afin d’examiner les modalités de perception de cette contribution.

Dans un communiqué officiel publié le même jour, le ministère rappelle que plus de 80 pays dans le monde appliquent déjà, sous différentes formes, des taxes ou redevances liées au tourisme, notamment en Europe, au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou encore à Bali, en Indonésie.

La Thaïlande souhaite s’inspirer de ces dispositifs pour faire participer les visiteurs étrangers au financement de leur sécurité, de leur couverture médicale et de l’entretien des destinations touristiques, sans faire reposer ces dépenses uniquement sur les contribuables thaïlandais.

Le ministre a notamment rappelé le poids considérable du tourisme dans l’économie nationale.

« Le tourisme est un moteur essentiel de l’économie thaïlandaise », a déclaré Surasak Phancharoenworakul, précisant que plus de 22 millions de touristes étrangers avaient visité le pays entre janvier et septembre 2026, générant plus de 1 000 milliards de bahts de recettes.

Au-delà des revenus attendus, le gouvernement souhaite faire de cette nouvelle contribution un outil de financement de la sécurité des visiteurs et de l’amélioration des infrastructures touristiques.

« Pour maintenir la confiance, il est nécessaire de veiller à la fois à la sécurité des voyageurs et à la qualité des sites touristiques », a souligné le ministre.

Selon lui, les consultations engagées doivent également permettre de définir un système d’assurance pour les touristes, afin d’alléger les dépenses supportées par les établissements médicaux et les contribuables thaïlandais, tout en garantissant que les recettes collectées bénéficient aux sites touristiques et aux communautés locales.

Selon le ministère, au moins 8 milliards de bahts par an pourraient être consacrés à l’amélioration des destinations touristiques, après déduction des frais de perception et du coût de l’assurance.

Cette somme serait notamment destinée à entretenir les infrastructures, préserver les ressources naturelles et soutenir le développement des destinations touristiques et des communautés locales.

Une consultation publique favorable au projet

La consultation organisée du 24 août au 28 septembre 2026 a recueilli 5 954 contributions.

Parmi les participants, 80,50 % se sont déclarés favorables au projet de taxe touristique, tandis que 78,30 % ont approuvé le montant proposé de 450 bahts par personne.

Le dispositif envisagé prévoit une mise en place progressive :

  • Arrivées aériennes : les touristes étrangers concernés seraient soumis à la taxe dès l’entrée en vigueur du dispositif.
  • Arrivées terrestres et maritimes : la perception serait introduite un an plus tard.
  • Entrées multiples : les voyageurs pourraient entrer plusieurs fois en Thaïlande sans payer de nouveau la contribution pendant une période de 30 jours, sous réserve des conditions de couverture prévues.

Le projet prévoit également plusieurs exemptions, notamment pour certains titulaires de passeports diplomatiques ou de service, les détenteurs d’un permis de travail thaïlandais, les utilisateurs de laissez-passer frontaliers, les passagers en transit, les équipages et les enfants de moins de deux ans.

La méthode de perception reste également à définir. Lors de la consultation, l’intégration de la taxe au prix du billet de transport a constitué l’option la plus soutenue, avec 36,26 % des réponses, afin de limiter les formalités supplémentaires aux postes d’immigration.

Une assurance médicale financée par la taxe touristique

Une partie des recettes de cette future contribution serait consacrée au financement d’une assurance destinée aux visiteurs ayant acquitté la taxe, couvrant notamment certains frais médicaux et les décès, selon des conditions qui restent à préciser.

Le gouvernement souhaite ainsi réduire les dépenses de santé non recouvrées auprès des patients étrangers et alléger la charge supportée par les établissements médicaux publics.

Les autorités thaïlandaises entendent notamment mettre en place un système permettant aux hôpitaux de vérifier facilement les droits des visiteurs assurés et d’obtenir le remboursement effectif des soins.

Cette couverture doit encore être définie avec les autorités sanitaires et les représentants du secteur touristique.

Les professionnels ont notamment demandé que les garanties, les exclusions et les modalités de prise en charge soient clairement communiquées aux voyageurs.

Lors des discussions, des représentants du secteur privé ont également estimé que plus de 80 % des touristes, particulièrement ceux provenant d’Europe et d’Amérique, disposaient déjà d’une assurance voyage. Cette estimation soulève la question de l’articulation entre les couvertures personnelles existantes et celle qui serait financée par la taxe.

Après cette nouvelle phase de concertation, le ministère du Tourisme doit transmettre le projet au Comité national de politique touristique, puis au gouvernement pour examen.

Une taxe de départ de 1 000 bahts envisagée pour toutes les nationalités

Parallèlement, le ministère thaïlandais des Finances travaille sur un second dispositif, susceptible de concerner un nombre encore plus important de voyageurs.

Le Revenue Department, l’administration fiscale thaïlandaise, a ouvert le 30 septembre 2026 une consultation publique sur les principes d’un nouveau Departure Tax Act, un projet de loi relatif à la taxation des départs du territoire.

Contrairement à la contribution touristique de 450 bahts, cette nouvelle taxe ne serait pas limitée aux visiteurs étrangers. Elle concernerait les voyageurs de toutes nationalités quittant la Thaïlande, y compris les citoyens thaïlandais.

Selon le document officiel de consultation, le dispositif envisagé prévoit initialement :

  • 1 000 bahts par départ aérien, pour les voyageurs concernés.
  • Une exemption des départs par voie terrestre et maritime durant la première phase.
  • Une perception de la taxe lors de l’achat du billet d’avion, directement par les transporteurs ou leurs agents.
  • Des exemptions notamment pour les enfants âgés de deux ans ou moins, certains passagers en transit et les équipages voyageant dans le cadre de leurs fonctions.

Le texte fixe également un plafond légal de 5 000 bahts par départ, permettant de déterminer ultérieurement le montant applicable par voie réglementaire. Le tarif initial actuellement envisagé reste néanmoins de 1 000 bahts.

Autre précision importante pour les voyageurs anticipant leurs déplacements : les billets achetés avant l’entrée en vigueur de la future loi seraient exemptés de cette taxe, même pour un départ intervenant ultérieurement.

Le projet prévoit une entrée en vigueur 180 jours après sa publication à la Royal Gazette, sous réserve de son adoption.

La consultation publique reste ouverte jusqu’au 29 octobre 2026.

Le 7 octobre, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, a défendu ce projet en expliquant qu’il pourrait également encourager les Thaïlandais à privilégier les vacances dans leur propre pays, afin de favoriser la consommation intérieure et de limiter les dépenses touristiques à l’étranger.

Jusqu’à 2 570 bahts de taxes et redevances cumulées pour certains voyageurs ?

Alors que le pays vient tout juste de réduire de 60 à 30 jours la durée de l’exemption de visa accordée aux ressortissants de 60 pays et territoires, dont la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, ces deux projets suscitent déjà des inquiétudes parmi les professionnels du tourisme thaïlandais

Le 7 octobre, l’Association of Thai Travel Agents (ATTA) a exprimé son opposition à la future taxe de départ de 1 000 bahts.

Comme le rapporte The Nation, l’organisation estime que l’accumulation des taxes pourrait peser sur les visiteurs étrangers et nuire à la compétitivité touristique du pays.

L’association rappelle notamment qu’une autre augmentation est déjà intervenue cette année.

Depuis le 20 juin 2026, les six aéroports exploités par Airports of Thailand (AOT), dont ceux de Bangkok-Suvarnabhumi, Don Mueang et Phuket, appliquent une redevance de service aux passagers internationaux au départ de 1 120 bahts, contre 730 bahts auparavant.

Cette redevance, appelée Passenger Service Charge (PSC), est déjà intégrée au prix des billets d’avion concernés.

Si les deux nouvelles taxes entraient en vigueur dans leur forme actuellement proposée, un touriste étranger arrivant en Thaïlande par avion et repartant depuis l’un de ces six aéroports pourrait ainsi supporter :

Taxe ou redevanceMontant
Taxe touristique à l’arrivée (projet)450 bahts
Taxe au départ (projet)1 000 bahts
Redevance aéroportuaire AOT au départ (déjà en vigueur)1 120 bahts
Total cumulé potentiel2 570 bahts

Ces 2 570 bahts ne représenteraient toutefois pas des frais entièrement nouveaux. La redevance aéroportuaire de 1 120 bahts est déjà appliquée et comprise dans le prix des billets concernés.

Les deux projets actuellement examinés représenteraient, à eux seuls, 1 450 bahts de prélèvements supplémentaires pour un voyageur étranger effectuant un aller-retour aérien et soumis aux deux dispositifs.

Le secrétaire général de l’ATTA, Adith Chairattananon, a averti qu’une multiplication de ces contributions, sans coordination entre les autorités, risquait d’alourdir les dépenses des touristes et de fragiliser les professionnels du secteur.

L’association prépare une objection formelle auprès du ministère des Finances et demande une meilleure visibilité sur l’utilisation des recettes fiscales et sur les améliorations concrètes apportées aux infrastructures touristiques.

Quand ces deux taxes pourraient-elles entrer en vigueur ?

Malgré les avancées enregistrées ces derniers jours, aucune date définitive de mise en application n’a été officiellement annoncée pour les deux mesures.

La taxe touristique de 450 bahts doit encore franchir plusieurs étapes d’approbation gouvernementale, tandis que la taxe au départ de 1 000 bahts reste au stade de la consultation législative.

Leurs calendriers pourraient donc évoluer indépendamment l’un de l’autre, et les montants comme les exemptions restent susceptibles d’être modifiés avant leur adoption définitive.

Pour les Français, les Belges, les Suisses, les Canadiens et les autres voyageurs internationaux préparant un séjour en Thaïlande, aucune démarche supplémentaire ni aucun paiement correspondant à ces deux projets ne sont actuellement exigés.

Les modalités définitives de perception, les exemptions et les dates d’application devront être confirmées par les autorités thaïlandaises avant toute modification effective des conditions financières d’entrée et de sortie du pays.

L’éclairage VisasNews

Les deux projets examinés par la Thaïlande répondent à des objectifs et à des procédures distincts. La contribution touristique de 450 bahts concernerait principalement les visiteurs étrangers à l’arrivée et financerait notamment une assurance voyage ainsi que l’entretien des sites touristiques. La taxe de départ de 1 000 bahts pourrait, quant à elle, s’appliquer à toutes les nationalités quittant le territoire par avion. Leur éventuelle mise en œuvre représenterait 1 450 bahts de prélèvements supplémentaires pour un touriste étranger effectuant un aller-retour aérien, en plus des redevances aéroportuaires existantes. À ce stade, aucune de ces deux nouvelles taxes n’est applicable et leurs dates d’entrée en vigueur restent à confirmer.

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