Le projet de visa touristique unique pour voyager à travers l’Asie centrale revient sur la table.
Le 31 juillet 2026, le président kirghize Sadyr Japarov a de nouveau défendu cette initiative devant les dirigeants de la région, réunis à Cholpon-Ata, au Kirghizistan.
Le chef de l’État a indiqué que le Kazakhstan et l’Ouzbékistan soutenaient désormais la proposition. Il a également invité les ministères des Affaires étrangères à intensifier leurs consultations afin de rapprocher les positions des différents pays.
L’objectif reste de permettre aux visiteurs étrangers de découvrir plusieurs États d’Asie centrale avec un seul visa, plutôt que d’avoir à accomplir des démarches séparées pour chaque destination.
Le visa unique revient devant les dirigeants d’Asie centrale
Sadyr Japarov s’est exprimé lors de la réunion consultative informelle des chefs d’État d’Asie centrale et d’Azerbaïdjan, organisée du 30 juillet au 1er août 2026 à Cholpon-Ata, sur les rives du lac Issyk-Koul.
La rencontre réunissait les présidents du Kirghizistan, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Azerbaïdjan. Les dirigeants ont notamment abordé le développement du commerce régional, des transports, de l’énergie et du tourisme.
Dans son intervention, notamment relayée par l’agence nationale kirghize Kabar, le président kirghize a d’abord mis en avant les atouts que les pays de la région pourraient promouvoir ensemble auprès des visiteurs internationaux.
« Les pays d’Asie centrale et l’Azerbaïdjan ont à offrir au monde un patrimoine unique, caractérisé par des villes anciennes, des sites de la Grande Route de la Soie, des paysages montagneux et lacustres, des traditions nationales et une grande diversité culturelle », a déclaré Sadyr Japarov.
C’est dans cette perspective qu’il a de nouveau défendu la création d’une autorisation commune destinée aux ressortissants étrangers.
« Le Kirghizistan a pris l’initiative d’instaurer un visa touristique unique pour les pays d’Asie centrale à l’intention des ressortissants étrangers », a poursuivi le chef de l’État.
Sadyr Japarov a ensuite présenté le Kazakhstan et l’Ouzbékistan comme les premiers soutiens régionaux du projet.
« Je tiens à remercier le président de l’Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, et le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, pour leur soutien à cette initiative. J’espère également pouvoir compter sur le soutien des autres chefs d’État dans ce sens ».
Les diplomaties invitées à intensifier leurs consultations
Au-delà de cette déclaration de soutien, le président kirghize a proposé aux ministères des Affaires étrangères des pays concernés d’intensifier leurs consultations afin de parvenir à des positions coordonnées.
Cette demande constitue la principale évolution par rapport à la proposition formulée en 2025. Le projet n’est plus seulement présenté comme une ambition touristique portée par le Kirghizistan, mais comme un sujet devant désormais faire l’objet d’un travail diplomatique entre les États de la région.
Il reste cependant difficile de déterminer le niveau d’avancement de ces discussions. Aucune information n’a été communiquée sur la création éventuelle d’un groupe de travail, la préparation d’un accord régional ou l’élaboration d’une feuille de route.
Un projet proposé par le Kirghizistan en 2025
Sadyr Japarov avait déjà proposé la création d’un visa commun en mars 2025.
Le président kirghize souhaitait permettre aux visiteurs étrangers de voyager à travers le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan avec une seule autorisation, sur un modèle comparable, dans son principe, au visa Schengen.
L’idée s’inscrivait dans un contexte de rapprochement régional et de développement de circuits touristiques associant plusieurs destinations d’Asie centrale.
Le projet faisait également écho au « Silk Road Visa », une initiative précédemment portée par le Kazakhstan et l’Ouzbékistan à partir de 2018, mais qui n’avait jamais été déployée.
La nouvelle déclaration de Sadyr Japarov montre que le Kirghizistan n’a pas abandonné cette ambition et cherche désormais à obtenir l’adhésion politique de l’ensemble de ses voisins.
Des politiques de visa encore très différentes
La mise en place d’un visa commun nécessiterait de rapprocher des politiques d’entrée qui restent sensiblement différentes selon les pays.
Le Kazakhstan, qui prépare son ETA via le portail QazETA, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan accordent une exemption de visa à de nombreuses nationalités. Le Tadjikistan a lui aussi étendu son régime sans visa ces dernières années et dispose, comme ces trois pays, d’un système de visa électronique.
Le Turkménistan conserve, en revanche, une politique d’entrée nettement plus restrictive et impose encore un visa à la plupart des visiteurs étrangers. Le pays prépare toutefois l’introduction d’un e-Visa, inscrit dans sa législation depuis avril 2025, mais dont les modalités et la date de lancement n’ont pas encore été annoncées.
Les États participants devraient donc s’entendre sur de nombreux éléments, notamment les nationalités éligibles, les conditions de délivrance, le partage des données, les contrôles aux frontières et la reconnaissance mutuelle des autorisations émises.
Ils devraient également déterminer si le visa permettrait de circuler librement entre les pays participants ou s’il simplifierait uniquement les démarches administratives tout en maintenant les contrôles à chaque frontière.
Aucun calendrier annoncé pour le visa touristique unique
Aucune date de lancement n’a encore été communiquée.
Le prix du visa, sa durée de validité, le nombre d’entrées autorisées, la durée maximale de séjour et la procédure de demande restent également inconnus. Aucun portail commun, projet pilote ou texte réglementaire n’a été présenté.
La prochaine réunion consultative des dirigeants d’Asie centrale doit se tenir le 8 octobre 2026 à Avaza, au Turkménistan. Sadyr Japarov a confirmé la participation du Kirghizistan à ce rendez-vous, mais rien n’indique encore que le visa unique figurera officiellement à l’ordre du jour.
En attendant d’éventuelles décisions communes, les voyageurs doivent continuer à respecter les formalités d’entrée propres à chaque pays d’Asie centrale.
L’éclairage VisasNews
La déclaration de Sadyr Japarov donne un nouvel élan au projet de visa touristique unique lancé en 2025. Le soutien annoncé du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, ainsi que l’appel à intensifier les consultations diplomatiques, constituent des signaux encourageants. Le dispositif reste néanmoins au stade politique : aucun accord, aucune procédure et aucune date de lancement n’ont encore été présentés. La participation du Tadjikistan et surtout du Turkménistan sera déterminante pour permettre un jour aux voyageurs de parcourir les cinq « Stans » avec une seule autorisation.







