Le Kazakhstan avance sur le déploiement de son ETA, une nouvelle formalité électronique d’entrée destinée aux voyageurs exemptés de visa.
Le ministère kazakhstanais de l’Intérieur a soumis à consultation publique un projet destiné à encadrer la délivrance d’une autorisation de voyage électronique (ETA) préalable aux ressortissants étrangers et aux personnes apatrides.
Publié le 31 juillet 2026 sur le portail gouvernemental « Open NPA », le projet doit modifier les règles relatives à l’entrée, au séjour et à la sortie des étrangers adoptées en 2012. La consultation doit rester ouverte jusqu’au 17 août 2026.
La fiche officielle évoque un déploiement progressif entre août et décembre 2026, afin d’adapter les infrastructures numériques, logistiques et frontalières. Elle ne précise toutefois pas encore le tarif de l’ETA, la liste officielle des nationalités concernées ni la date à laquelle la formalité deviendra effectivement obligatoire.
Cette évolution intervient alors que le Kazakhstan soutient parallèlement la relance du projet de visa touristique commun en Asie centrale, récemment remis en avant par le Kirghizistan avec l’appui de l’Ouzbékistan.
Une ETA destinée aux voyageurs exemptés de visa

Comme l’indique la plateforme QazETA, l’autorisation de voyage électronique (ETA) doit être demandée depuis l’application mobile disponible sur l’App Store et Google Play.
Les autorités kazakhstanaises indiquent clairement que cette autorisation est destinée aux ressortissants des pays dispensés de visa d’entrée au Kazakhstan.
L’ETA ne remplacera donc pas un visa. Les voyageurs concernés continueront de bénéficier de leur exemption de visa, mais devront à terme obtenir une autorisation de voyage électronique avant leur départ, sur un modèle comparable aux systèmes déjà utilisés par plusieurs autres pays.
QazETA fonctionne actuellement en phase pilote. Durant cette période, l’obtention de l’ETA est recommandée, mais elle n’est pas obligatoire. Les autorités annoncent qu’elle sera progressivement rendue obligatoire après la fin de cette expérimentation.
La demande doit, selon les modalités actuellement présentées, être déposée dans l’application mobile au plus tard 72 heures avant le voyage. L’autorisation est valable pendant 180 jours.
Cette durée de validité ne détermine pas la période pendant laquelle son titulaire peut séjourner au Kazakhstan. La durée autorisée reste celle prévue par le régime d’exemption de visa correspondant à sa nationalité.
L’obtention d’une ETA ne garantit pas non plus l’admission sur le territoire. La décision finale reste prise par les autorités kazakhstanaises lors du contrôle frontalier.
Une ETA qui deviendra payante
L’ETA doit prendre la forme d’une formalité payante.
La loi kazakhstanaise n° 326-VIII du 24 juin 2026 crée le cadre juridique de cette autorisation électronique d’entrée. Elle la définit comme un document numérique contenant la décision des autorités compétentes d’accorder à un ressortissant étranger ou à une personne apatride le droit d’entrer au Kazakhstan ou de transiter par son territoire.
L’autorisation sera délivrée par les services du ministère de l’Intérieur, après accord des autorités de sécurité nationale.
Le gouvernement doit encore fixer le montant de la redevance et ses modalités de paiement. Une partie des sommes collectées doit servir à financer le fonctionnement et la modernisation des systèmes numériques de contrôle migratoire, tandis que l’autre doit contribuer au développement du tourisme au Kazakhstan.
Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, de rendre l’entrée au Kazakhstan payante pour tous les étrangers. Le paiement portera sur l’autorisation électronique préalable demandée à certaines catégories de voyageurs.
Le 25 août 2026 ne marque pas encore le début de l’obligation
La plupart des dispositions de la loi n° 326-VIII doivent entrer en vigueur 60 jours calendaires après sa première publication officielle, soit le 25 août 2026.
Cette date correspond à l’entrée en vigueur du cadre juridique permettant au Kazakhstan de délivrer une ETA payante. Elle ne signifie pas que tous les voyageurs exemptés de visa devront obligatoirement présenter une autorisation de voyage électronique dès le 25 août.
La loi précise que l’absence d’autorisation pourra constituer un motif de refus d’entrée pour les ressortissants des pays qui seront désignés par le gouvernement kazakhstanais.
Un texte d’application reste donc nécessaire pour déterminer :
- les nationalités soumises à l’ETA ;
- les éventuelles exclusions ou périodes transitoires ;
- la date d’obligation pour chaque catégorie de voyageurs ;
- le tarif de la formalité ;
- les délais et conditions de traitement ;
- les motifs de refus ou d’annulation.
Les titulaires de passeports diplomatiques ou de service, les membres de délégations officielles et les représentants du corps diplomatique accrédités au Kazakhstan sont annoncés comme exemptés de l’ETA.
Quels voyageurs pourraient être concernés par l’ETA pour le Kazakhstan ?
À ce stade, le gouvernement kazakhstanais n’a pas encore publié la liste officielle des nationalités qui devront obligatoirement obtenir une ETA.
La liste ci-dessous recense les 85 pays et territoires dont les titulaires d’un passeport ordinaire bénéficient actuellement d’une entrée sans visa au Kazakhstan. Elle représente donc le périmètre potentiel de la future ETA, sans permettre d’affirmer que toutes ces nationalités seront concernées simultanément.
Séjour au Kazakhstan sans visa jusqu’à 14 jours
- Hong Kong, Inde, Iran et Macao.
Séjour au Kazakhstan sans visa jusqu’à 28 jours
- Barbade.
Séjour au Kazakhstan sans visa jusqu’à 30 jours
- Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bahreïn, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Corée du Sud, Croatie, Danemark, Émirats arabes unis, Équateur, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Indonésie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Koweït, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malaisie, Maldives, Malte, Maroc, Mexique, Monaco, Nicaragua, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Serbie, Seychelles, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Tchéquie, Thaïlande, Vatican et Vietnam.
Séjour au Kazakhstan sans visa jusqu’à 60 jours
- République dominicaine.
Séjour au Kazakhstan sans visa jusqu’à 90 jours
- Albanie, Andorre, Biélorussie, Géorgie, Kirghizistan, Moldavie, Mongolie, Ouzbékistan, Russie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Marin, Tadjikistan, Turquie et Ukraine.
Séjour au Kazakhstan sans visa jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours
- Arménie et Azerbaïdjan.
Le futur texte d’application pourra néanmoins retenir une liste plus limitée, prévoir un calendrier différent selon les pays ou exclure certaines catégories de voyageurs, notamment dans le cadre d’accords bilatéraux ou régionaux.
L’éclairage VisasNews
L’ETA, via l’application mobile QazETA, est appelée à devenir une formalité supplémentaire pour les voyageurs qui entrent aujourd’hui au Kazakhstan sans visa, et non un remplacement de l’exemption de visa. Pour le moment, aucune démarche obligatoire ne doit être effectuée : l’ETA reste en phase pilote et aucune date générale d’application ni aucun tarif n’ont été annoncés. Le 25 août 2026 marque l’entrée en vigueur du cadre légal, mais pas nécessairement le début des contrôles obligatoires pour les voyageurs.







