Le portail officiel de demande d’ETA du Kenya vient d’intégrer concrètement l’assurance santé voyage obligatoire dans le parcours des voyageurs.
Lors d’un test effectué ce 6 octobre 2026, VisasNews et Action-Visas ont constaté qu’il n’était plus possible de finaliser une demande d’ETA lorsqu’aucune assurance n’était reconnue par le système.
À l’issue du formulaire, avant le paiement de l’autorisation de voyage électronique, une nouvelle page intitulée « Mandatory Inbound Travel Health Insurance Requirement » apparaît sous l’en-tête du ministère kényan de la Santé.

Le portail rappelle que l’exigence repose sur la Gazette Notice No. 11492, publiée fin juillet 2026, et indique que tous les voyageurs concernés doivent disposer d’une assurance santé voyage valide avant leur arrivée au Kenya.
Lorsque le système ne retrouve aucune couverture associée au demandeur, le message « You do not have an existing travel insurance » s’affiche.
Une assurance à 44 dollars directement intégrée à la demande d’ETA
Le portail etakenya.go.ke propose alors deux options : rechercher le statut d’une assurance existante avec « Search Status » ou en obtenir une avec « Get Now ».
En sélectionnant cette seconde option, le voyageur accède à un module intitulé « Apply for Inbound Travel Health Insurance », portant le logo de l’Insurance Regulatory Authority (IRA), l’autorité kényane de régulation des assurances.
Les informations du demandeur d’ETA sont automatiquement reprises. Lorsque celui-ci ne possède aucune couverture reconnue par le système, la mention « Insurance REF: None » apparaît.
Le montant de la prime est alors affiché : 44 dollars américains (soit environ 40 €) par voyageur. Le demandeur est ensuite invité à poursuivre vers le paiement de cette assurance.
Des frais additionnels s’ajoutent toutefois au moment du paiement : 1 dollar de frais d’accès (« Access Fee »), puis des frais de passerelle de paiement (« Gateway Fee »). Lors du test réalisé par VisasNews, le montant total facturé atteint donc 52 dollars (environ 47 €) par voyageur.
Lors de ce même test, aucune fonction permettant de téléverser directement une attestation d’assurance française ou étrangère n’était proposée à cette étape.
Le tarif de 44 dollars avait déjà été annoncé en août
Cette somme de 44 dollars n’est pas nouvelle.
Le 20 août 2026, lors d’une réunion entre les autorités kényanes et les professionnels du voyage, la directrice générale de l’Immigration, Evelyn Cheluget, et le directeur général d’eCitizen, Isaac Ochieng, avaient présenté les principales modalités du futur dispositif.
Selon la Kenya Association of Travel Agents (KATA), les autorités avaient annoncé une assurance obligatoire au prix de 44 dollars par voyageur, intégrée directement au portail ETA pour les personnes soumises à cette autorisation électronique. Les voyageurs exemptés d’ETA devaient pour leur part pouvoir l’obtenir via eCitizen.
Le mécanisme désormais visible sur le portail officiel correspond donc très étroitement au fonctionnement présenté aux professionnels kényans le 20 août.
KATA indiquait également que la couverture devait être délivrée dans le cadre du dispositif kényan par un assureur réglementé par l’IRA. Selon les informations communiquées lors de cette réunion, une assurance voyage classique souscrite à l’étranger ne devait pas suffire à satisfaire à cette nouvelle exigence.
Une assurance souscrite à l’étranger peut-elle être utilisée ?
Ce point reste toutefois entouré d’une importante contradiction.
Dans une clarification publiée le 7 août, le ministère kényan de la Santé avait expliqué qu’un voyageur disposant déjà d’une assurance souscrite dans son pays d’origine n’aurait pas à acheter une nouvelle couverture, à condition que son contrat respecte les niveaux de garantie prescrits par la Gazette Notice No. 11492.
Le ministère indiquait alors que le voyageur devait téléverser son attestation d’assurance dans le système ETA afin qu’elle soit vérifiée avant son déplacement.
La Gazette fixe une couverture cumulée minimale de 50 000 dollars, comprenant notamment 20 000 dollars pour les frais médicaux, 25 000 dollars pour le transport médical d’urgence et 5 000 dollars pour le rapatriement de la dépouille, auxquels s’ajoutent des montants destinés aux médicaments prescrits et à certains soins de santé mentale.
Mais lors de la réunion du 20 août avec l’industrie du voyage, les autorités ont présenté un modèle différent, reposant sur une assurance délivrée dans le cadre kényan et réglementée par l’IRA.
Le fonctionnement observé ce 6 octobre semble pour l’instant se rapprocher de cette seconde approche.
Le bouton « Search Status » laisse néanmoins penser que certaines assurances déjà enregistrées peuvent être reconnues par le système. Les autorités n’ont pas encore expliqué publiquement quelles couvertures sont susceptibles d’être détectées ni comment un voyageur disposant d’un contrat étranger conforme peut actuellement le faire reconnaître.
Qu’en est-il des voyageurs qui possèdent déjà leur ETA ?
L’apparition de cette nouvelle étape soulève une question immédiate pour les voyageurs ayant obtenu leur ETA avant l’activation de l’assurance dans le portail mais qui ne sont pas encore entrés au Kenya.
À ce stade, aucune instruction publique identifiée par VisasNews n’indique qu’une ETA déjà approuvée doit être remplacée, modifiée ou faire l’objet d’une nouvelle demande.
Le portail officiel rappelle d’ailleurs qu’une ETA autorise son titulaire à voyager vers le Kenya, mais que l’admission définitive sur le territoire reste décidée au point d’entrée.
La question de l’assurance reste donc distincte de la validité de l’ETA lui-même.
Les dispositions kényanes relatives à l’assurance santé voyage prévoient qu’une personne entrant dans le pays doit disposer d’une couverture pour l’ensemble de son séjour. Elles précisent également qu’un voyageur peut obtenir cette assurance au point d’entrée au Kenya.
Dans sa clarification du 7 août, le ministère de la Santé avait également indiqué que les services d’immigration devaient vérifier la conformité de l’assurance à travers le système ETA mais aussi aux points d’entrée du pays. Un voyageur arrivant sans assurance conforme devait pouvoir en souscrire une sur place auprès d’un assureur autorisé avant d’être admis sur le territoire.
En conséquence, un voyageur disposant déjà d’une ETA délivrée avant le changement pourrait être amené à justifier d’une assurance à son arrivée, voire à souscrire la couverture requise au point d’entrée si aucune assurance valable n’est reconnue.
Il n’existe toutefois, à ce stade, aucune instruction récente précisant la procédure exacte applicable à ces titulaires d’ETA déjà approuvées.
VisasNews n’a pas non plus identifié, au 6 octobre, de retours suffisamment documentés permettant de confirmer que cette assurance à 44 dollars est déjà systématiquement contrôlée auprès des voyageurs arrivant dans les aéroports et aux autres frontières du Kenya.
Les voyageurs disposant déjà de leur ETA n’ont donc, pour l’heure, aucune instruction leur imposant d’en demander un nouveau, mais la question du contrôle de l’assurance à leur arrivée reste ouverte.
Une obligation suspendue par la justice fin août
Cette activation du dispositif est d’autant plus notable que sa mise en œuvre avait été suspendue quelques semaines auparavant par la Haute Cour du Kenya.
Le 24 août 2026, le juge Francis Rayola Olel avait ordonné la suspension de l’« operationalisation and enforcement » de la Gazette Notice No. 11492, à la suite d’un recours introduit par deux habitants du comté de Marsabit.
La mesure devait rester suspendue dans l’attente de l’examen de leur demande, initialement fixé au 16 septembre. Les requérants contestaient notamment le pouvoir du ministère de la Santé d’imposer aux services d’immigration une nouvelle condition d’entrée et de l’intégrer au système ETA.
Une seconde procédure avait également été engagée concernant les modalités du programme et la sélection des assureurs chargés de proposer cette couverture.
À la date du 6 octobre 2026, VisasNews n’a identifié aucune décision judiciaire publique récente confirmant explicitement que l’ordonnance de suspension du 24 août a été levée.
L’activation effective du dispositif dans le portail ETA constitue donc un changement important qui reste, pour l’instant, sans explication publique détaillée des autorités sur l’évolution du contentieux.
Plusieurs questions restent donc à éclaircir : la possibilité de faire reconnaître une assurance étrangère, le traitement des ETA délivrées avant le changement, les contrôles pratiqués à l’arrivée et, surtout, le fondement permettant la mise en œuvre du dispositif malgré la dernière suspension judiciaire rendue publique.
VisasNews continuera de suivre l’évolution de cette nouvelle formalité et actualisera ces informations dès qu’une clarification officielle sera apportée.
L’éclairage VisasNews
Depuis ce 6 octobre 2026, l’assurance santé voyage n’est plus seulement un projet annoncé par les autorités kényanes : elle est concrètement intégrée au parcours de demande d’ETA, avec une prime affichée à 44 dollars lorsque le système ne reconnaît aucune couverture existante. La situation reste toutefois à clarifier pour les voyageurs ayant déjà obtenu leur ETA et pour ceux disposant d’une assurance souscrite à l’étranger. En l’absence de nouvelles instructions officielles, aucun élément n’indique qu’une ETA déjà délivré doive être renouvelé, mais un contrôle de l’assurance reste possible à l’arrivée, les textes kényans prévoyant également son acquisition au point d’entrée.

