Asie - Philippines

Philippines : l’immigration temporise sur la possible « taxe » de 480 pesos pour les voyageurs

Le Bureau philippin de l’immigration précise que son projet CAISS de modernisation du contrôle aux frontières n’a pas encore été signé ni finalisé. L’agence confirme qu’une redevance passagers a bien été évoquée dans la proposition, mais assure qu’aucune décision n’a été prise à ce stade.

Rédigé par VisasNews

Publié le

Philippines : l’immigration temporise sur la possible « taxe » de 480 pesos pour les voyageurs
Les Philippines examinent encore le projet CAISS, sans application immédiate d’une redevance voyageurs © Depositphotos

Les Philippines cherchent à calmer les inquiétudes autour de leur futur système de contrôle aux frontières.

Le Bureau de l’immigration philippin, ou Bureau of Immigration (BI), précise que le projet CAISS, pour Civil Aviation and Immigration Security Services, reste à ce stade une proposition. Le dispositif n’a pas encore été signé ni finalisé par l’agence, indique le commissaire du BI, Joel Anthony Viado, dans un communiqué publié ce 2 juin 2026.

Cette mise au point intervient après la diffusion d’informations évoquant la perception prochaine d’une redevance de 480 pesos auprès des voyageurs entrant ou sortant des Philippines. Selon les autorités, ce montant ne correspond pas à une mesure déjà approuvée, mais à des éléments issus d’une proposition encore en cours d’examen.

Joel Anthony Viado a ainsi indiqué que ces informations « reposaient sur une proposition qui n’a pas encore reçu les autorisations finales ». Le responsable a également précisé avoir demandé un examen complet et un processus de consultation des parties prenantes concernant la composante tarifaire du projet CAISS, qui évoque une redevance d’utilisation de 4 dollars, soit environ 247 pesos.

Une modernisation des frontières toujours envisagée

Le Bureau de l’immigration insiste toutefois sur le fait qu’il soutient le principe d’une modernisation des contrôles frontaliers.

Le projet CAISS reste présenté comme une initiative de partenariat public-privé destinée à améliorer les opérations d’immigration grâce à des systèmes biométriques avancés, à l’évaluation des risques en temps réel, à l’intégration des données et à des technologies automatisées de contrôle aux frontières.

Le dispositif pourrait notamment intégrer des outils numériques, une meilleure exploitation des données passagers et, parmi les fonctionnalités envisagées, une autorisation de voyage électronique accessible via une application mobile. À ce stade, cette possible ETA philippine ne constitue toutefois pas une mesure officiellement annoncée ni une nouvelle obligation pour les voyageurs.

Pour Joel Anthony Viado, la modernisation reste nécessaire afin de répondre aux enjeux de sécurité. Le commissaire a expliqué que le BI reconnaissait « l’importance de moderniser [son] infrastructure de gestion des frontières afin de mieux lutter contre la criminalité transnationale, la traite des êtres humains, le terrorisme et d’autres menaces émergentes pour la sécurité ».

Toute redevance devra être justifiée et expliquée

Le responsable du Bureau de l’immigration a cependant tenu à distinguer le principe de modernisation du système et l’éventuelle création d’une nouvelle charge pour les voyageurs.

Selon lui, toute proposition ayant un impact financier doit être traitée avec prudence. Joel Anthony Viado a rappelé que les autorités comprennent « les sentiments de [leurs] compatriotes, en particulier en cette période économique difficile », avant d’ajouter que toute mesure susceptible d’affecter les voyageurs financièrement doit faire l’objet « d’un examen approfondi, de consultations et d’une communication claire auprès du public ».

Le BI indique que l’examen portera notamment sur la nécessité de la redevance proposée, son caractère raisonnable et sa justification par des bénéfices concrets pour les passagers. Les consultations devront également associer les secteurs de l’aviation, du tourisme et des transports.

Les autorités veulent aussi évaluer les améliorations attendues en matière de confort des passagers et d’efficacité du traitement aux frontières, ainsi que les garanties prévues pour la confidentialité des données et la cybersécurité. Des mécanismes de transparence et de responsabilité devront également être prévus tout au long de la mise en œuvre du projet, si celui-ci venait à être approuvé.

Pas de nouvelle formalité annoncée pour les voyageurs

Dans son communiqué, Joel Anthony Viado a insisté sur la nécessité de ne pas imposer de nouvelles charges sans explication suffisante. Il a estimé que le public ne devait pas être pris au dépourvu par des propositions ayant un effet supplémentaire sur ses dépenses, rappelant que « la sécurité de nos frontières est importante », mais qu’il est tout aussi important que la population sente que sa situation est écoutée et prise en compte.

Le commissaire a conclu que l’objectif des autorités était de disposer d’un système de contrôle aux frontières « plus sûr et plus moderne », mais que celui-ci devait être mis en place de manière claire, équitable et en gagnant la confiance du public. Avant toute décision, a-t-il ajouté, les autorités doivent s’assurer que le projet soit étudié de façon approfondie et correctement expliqué aux citoyens.

Pour les voyageurs, aucune nouvelle formalité liée au CAISS n’est donc applicable à ce stade. Le Bureau de l’immigration indique qu’il poursuivra l’évaluation du projet avec les agences gouvernementales concernées et les autres parties prenantes, afin de garantir que ses bénéfices soient réellement maximisés.

La clarification est importante pour le secteur du voyage : le CAISS demeure l’un des principaux projets de modernisation des frontières philippines, mais ni la redevance évoquée, ni les fonctionnalités futures du système, dont une éventuelle autorisation de voyage électronique, ne sont aujourd’hui présentées comme des mesures définitives.

Vous pourriez aimer:

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.