Vous prévoyez un week-end à Londres, un séjour culturel à Édimbourg, un city-break à Belfast ou une escapade à Cardiff ? Depuis ce 25 février 2026, un nouveau réflexe s’impose avant de boucler votre valise pour le Royaume-Uni : vérifier que vous disposez bien d’une ETA valide.
Déployée pleinement le 2 avril 2025, l’ETA, pour Electronic Travel Authorisation, s’inscrit dans la stratégie britannique de modernisation et de sécurisation des frontières. Si le dispositif était opérationnel depuis cette date, une période dite de « tolérance » permettait encore à certains voyageurs éligibles d’embarquer sans autorisation de voyage électronique valide.
Cette période prend donc fin aujourd’hui. Désormais, les visiteurs étrangers exemptés de visa britannique qui ne disposent pas d’une ETA approuvée ne pourront pas monter à bord de leur avion, train ou ferry à destination du Royaume-Uni.
Le gouvernement britannique justifie cette évolution par la volonté de mettre en place « un système d’immigration numérique plus rationalisé, plus rapide et plus sûr » pour les millions de personnes franchissant chaque année la frontière britannique.
« Le programme ETA est un élément essentiel de notre travail visant à renforcer la sécurité des frontières du Royaume-Uni, contribuant à offrir un service plus efficace et moderne qui profite à la fois aux visiteurs et au public britannique », déclare Mike Tapp, le ministre de l’Immigration et de la Citoyenneté. Il invite « toutes les personnes souhaitant se rendre au Royaume-Uni à s’assurer qu’elles sont prêtes à voyager et qu’elles disposent des autorisations nécessaires, afin que leur voyage se déroule dans les meilleures conditions ».
L’ETA, qu’est-ce que c’est exactement ?

L’ETA est une autorisation numérique pour voyager au Royaume-Uni.
Elle n’est pas un visa, ni une taxe d’entrée, et ne garantit pas l’admission sur le territoire. Elle autorise simplement le voyage vers le Royaume-Uni pour les ressortissants dispensés de visa pour des séjours courts (jusqu’à six mois) ou ne disposant pas déjà d’un statut d’immigrant au Royaume-Uni.
Valable deux ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport si celle-ci intervient plus tôt, l’ETA permet des séjours multiples de six mois maximum à chaque entrée.
Son coût est actuellement fixé à 16 livres sterling. Le gouvernement britannique précise toutefois que, comme pour l’ensemble des frais administratifs, ce tarif est régulièrement révisé et qu’une augmentation à 20 livres sterling est envisagée à l’avenir.
Comment demander une ETA ?
La procédure se veut simple et rapide.
Le moyen le plus direct est d’utiliser l’application officielle « UK ETA », disponible sur Google Play et l’App Store. Les voyageurs sans smartphone peuvent effectuer leur demande via le site officiel GOV.UK.
La majorité des demandeurs reçoivent une réponse automatique en quelques minutes. Néanmoins, les autorités recommandent de déposer la demande au moins trois jours ouvrables avant le départ, certains dossiers pouvant nécessiter un examen approfondi.
Pour obtenir une ETA, il faut :
- scanner ou insérer une copie du passeport ;
- fournir une photo numérique conforme aux exigences officielles ;
- répondre à une série de questions sur son aptitude au voyage et son casier judiciaire ;
- communiquer ses coordonnées ;
- régler les frais d’autorisation ETA.
Il est impératif de voyager avec le même passeport que celui utilisé lors de la demande.
Les voyageurs peuvent également vérifier la validité de leur autorisation grâce au service en ligne « Check My ETA » sur GOV.UK.
Quelles nationalités sont concernées par l’ETA ?
L’ETA concerne les ressortissants des 84 pays et territoires suivants exemptés de visa pour des séjours de courte durée au Royaume-Uni :
| Allemagne | Grèce | Nouvelle-Zélande |
| Andorre | Grenade | Oman |
| Antigua-et-Barbuda | Guatemala | Palaos |
| Arabie saoudite | Guyana | Panama |
| Argentine | Hong Kong | Papouasie-Nouvelle-Guinée |
| Australie | Hongrie | Paraguay |
| Autriche | Îles Marshall | Pays-Bas |
| Bahamas | Îles Salomon | Pérou |
| Bahreïn | Islande | Pologne |
| Barbade | Israël | Portugal |
| Belgique | Italie | Qatar |
| Belize | Japon | République tchèque |
| Brésil | Kiribati | Roumanie |
| Brunei | Koweït | Saint-Christophe-et-Niévès |
| Bulgarie | Lettonie | Sainte-Lucie |
| Canada | Liechtenstein | Saint-Marin |
| Chili | Lituanie | Saint-Vincent-et-les Grenadines |
| Chypre | Luxembourg | Samoa |
| Corée du Sud | Macao | Seychelles |
| Costa Rica | Malaisie | Singapour |
| Croatie | Maldives | Slovaquie |
| Danemark | Malte | Slovénie |
| Émirats arabes unis | Maurice | Suède |
| Espagne | Mexique | Suisse |
| Estonie | Micronésie | Tonga |
| États-Unis | Monaco | Tuvalu |
| Finlande | Nicaragua | Uruguay |
| France | Norvège | Vatican |
Avec l’ETA, le Royaume-Uni rejoint des dispositifs déjà en vigueur dans d’autres pays, notamment les États-Unis (ESTA), l’Australie (ETA/eVisitor), la Corée du Sud (K-ETA) et bientôt l’Union européenne (ETIAS).
Depuis l’introduction progressive du programme en octobre 2023 jusqu’à fin septembre 2025, presque 20 millions d’ETA ont été accordées, signe d’une montée en puissance rapide du système.
Cas particuliers : transit, Irlande du Nord, double nationalité et refus d’ETA
Transit aéroportuaire
Les voyageurs éligibles qui transitent par le Royaume-Uni et passent le contrôle des passeports britannique doivent disposer d’une ETA.
En revanche, ceux qui effectuent un transit sans franchir le contrôle aux frontières, notamment dans les aéroports d’Heathrow et Manchester, ne sont actuellement pas tenus d’obtenir une ETA.
Irlande du Nord et zone de voyage commune (CTA)
Le Royaume-Uni ne procède pas à des contrôles d’immigration systématiques au sein de la Common Travel Area (CTA) et n’effectue aucun contrôle à la frontière terrestre entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.
Toutefois, toute personne entrant au Royaume-Uni, y compris en Irlande du Nord, doit respecter les règles d’immigration britanniques, donc disposer d’une ETA si elle y est soumise.
Les résidents légaux d’Irlande dont la nationalité est habituellement exemptée de visa (par exemple, ressortissants européens ou américains) n’ont pas besoin d’ETA lorsqu’ils voyagent au sein de la CTA, à condition de pouvoir prouver leur résidence légale.
Double nationalité britannique
Les personnes possédant la double nationalité britannique ou irlandaise sont exemptées d’ETA.
Les binationaux britanniques doivent en principe voyager avec un passeport britannique valide ou un Certificat de Droit.
À compter du 25 février 2026, ceux qui ne peuvent pas présenter l’un de ces documents s’exposent à des contrôles d’identité supplémentaires et ne pourront pas passer le contrôle des passeports tant que leur nationalité britannique n’aura pas été vérifiée.
Toutefois, les autorités britanniques précisent désormais qu’il appartient aux transporteurs (compagnies aériennes, ferroviaires ou maritimes) de décider s’ils acceptent ou non des justificatifs alternatifs, comme un passeport britannique expiré, et, le cas échéant, quels types de documents ils consentent à reconnaître. Cette décision relève donc de la politique propre à chaque transporteur.
Dans ce contexte, les autorités recommandent vivement aux personnes concernées de voyager avec un passeport britannique en cours de validité ou un certificat de droit afin d’éviter tout risque de refus d’embarquement.
Rejet ou refus d’ETA
Si une demande d’ETA est rejetée, le voyageur en est informé et peut soumettre une nouvelle demande.
En revanche, en cas de refus, aucun recours n’est possible : il faudra alors solliciter un visa classique pour pouvoir voyager.
L’eVisa, une nouvelle étape dans la numérisation des frontières britanniques

Cette date du 25 février 2026 marque également une autre évolution majeure : l’accélération du passage au système d’immigration numérique britannique, avec la généralisation de l’eVisa.
Porté par le service des visas et de l’immigration (UKVI), ce dispositif remplace progressivement les documents physiques (vignettes et autocollants visa) par un enregistrement numérique du statut migratoire accessible via un compte UKVI.
Concrètement, les personnes déposant une demande de visa de visite ou certains autres types de visas à partir d’aujourd’hui ne recevront plus de vignette apposée dans leur passeport. Elles devront consulter leur autorisation directement en ligne via leur eVisa avant de voyager.
Le mouvement est déjà engagé : depuis le 30 octobre 2025, certains demandeurs de visas de travail, d’études ou familiaux ne reçoivent plus systématiquement de vignette, et les eVisas ont commencé à remplacer les autocollants pour plusieurs catégories dès juillet 2025.
Les autorités assurent que cette transition n’affecte ni le statut d’immigration ni les conditions d’entrée ou de séjour.
L’eVisa présente plusieurs avantages : un document sécurisé qui ne peut être perdu ou falsifié, une preuve de statut plus rapide à présenter à la frontière ou à communiquer à un employeur ou un propriétaire, et une simplification des échanges avec certaines administrations publiques, grâce au partage automatisé des informations pertinentes.







