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EES et ETIAS : ce qui change concrètement pour les voyageurs aux frontières de l’Union européenne

La modernisation des frontières extérieures de l’Union européenne est désormais engagée. Depuis l’automne 2025, le système d’entrée/sortie (EES) est progressivement déployé, tandis que l’ETIAS, attendu fin 2026, viendra compléter ce nouveau paysage numérique. Deux acronymes souvent confondus, mais deux dispositifs bien distincts, qui redéfinissent les formalités de voyage vers l’Europe. Décryptage.

Rédigé par VisasNews

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EES et ETIAS : ce qui change concrètement pour les voyageurs aux frontières de l’Union européenne
Illustration : Depositphotos

ETIAS, EES… pour de nombreux voyageurs, ces sigles s’ajoutent à la longue liste d’acronymes et peuvent prêter à confusion.

Derrière ces appellations techniques se cachent pourtant deux dispositifs bien distincts, appelés à transformer en profondeur l’expérience des voyageurs, à l’heure où l’Union européenne modernise la gestion de ses frontières extérieures, une dynamique réaffirmée hier par la Commission européenne.

Pendant des décennies, le contrôle des voyageurs reposait sur des tampons apposés manuellement sur les passeports, avec une visibilité limitée sur les entrées, sorties et durées de séjour.

Avec l’EES et l’ETIAS, Bruxelles mise sur la numérisation, l’automatisation et l’interconnexion des données. Objectif affiché : renforcer la sécurité, mieux contrôler le respect des séjours de courte durée et fluidifier, à terme, le passage aux frontières, dans un contexte de reprise durable des flux touristiques et professionnels.

Si ces deux systèmes poursuivent des finalités communes, ils n’interviennent ni au même moment, ni pour les mêmes voyageurs.

L’EES, déjà en place, transforme le passage à la frontière

L’EES, déjà en place, transforme le passage à la frontière

Entré en service le 12 octobre 2025, le système d’entrée/sortie EES (pour Entry/Exit System) est désormais une réalité pour les voyageurs en provenance de pays tiers, c’est-à-dire extérieurs à l’espace Schengen.

Il s’applique aux courts séjours, jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours, dans les 29 pays européens suivants:

  • Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse.

Concrètement, l’EES remplace le tamponnage manuel des passeports par un enregistrement numérique systématique lors du passage à une frontière extérieure de l’Union européenne.

Les autorités collectent et enregistrent :

  • les données figurant sur le passeport ;
  • une image faciale ;
  • les empreintes digitales ;
  • les dates et lieux d’entrée et de sortie.

Ce système permet de calculer automatiquement la durée de séjour autorisée et de détecter plus efficacement les dépassements.

À date, l’EES n’est pas encore déployé de manière uniforme. Les États membres concernés introduisent le dispositif progressivement à leurs points de passage frontaliers, qu’ils soient terrestres, maritimes ou aériens.

Cette phase de montée en puissance doit s’achever au plus tard le 10 avril 2026, date à laquelle l’ensemble des frontières extérieures utilisant l’EES devraient être pleinement opérationnelles. Durant cette période transitoire, certains voyageurs peuvent encore constater des procédures mixtes, combinant contrôles traditionnels et enregistrements numériques.

L’ETIAS : une nouvelle étape avant le départ pour les voyageurs exemptés de visa Schengen

L’ETIAS : une nouvelle étape avant le départ pour les voyageurs exemptés de visa Schengen

À la différence de l’EES, l’ETIAS (pour European Travel Information and Authorisation System) n’intervient pas à la frontière, mais en amont du voyage.

Ce système concerne les ressortissants de pays exemptés de visa Schengen qui souhaitent se rendre dans les 30 pays européens suivants pour un court séjour:

  • Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Suisse.

Qui devra obtenir une autorisation ETIAS pour voyager en Europe ?

Prévu pour une mise en service au cours du dernier trimestre 2026, l’ETIAS introduira une obligation nouvelle : obtenir une autorisation de voyage électronique avant le départ pour les citoyens des 59 pays et territoires suivants:

  • Albanie, Antigua-et-Barbuda, Argentine, Australie, Bahamas, Barbade, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Brunei, Canada, Chili, Colombie, Corée du Sud, Costa Rica, Dominique, Émirats arabes unis, États-Unis, Géorgie, Grenade, Guatemala, Honduras, Hong Kong, Îles Marshall, Îles Salomon, Israël, Japon, Kiribati, Kosovo, Macao, Macédoine du Nord, Malaisie, Maurice, Mexique, Micronésie, Moldavie, Monténégro, Nicaragua, Nouvelle-Zélande, Palau, Panama, Paraguay, Pérou, Royaume-Uni, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salvador, Samoa, Serbie, Seychelles, Singapour, Taïwan, Timor oriental, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tuvalu, Ukraine, Uruguay et Venezuela.

Cette autorisation ne constitue pas un visa, mais une vérification préalable visant à évaluer les risques migratoires, sécuritaires ou sanitaires avant l’arrivée sur le territoire européen.

La demande d’ETIAS s’effectuera via le site officiel ou l’application mobile dédiée. Les voyageurs devront :

  • remplir un formulaire numérique avec leurs données personnelles et celles de leur passeport ;
  • fournir des informations relatives à leur voyage ;
  • s’acquitter de frais de demande s’élevant à 20 €.

Selon les autorités européennes, la majorité des demandes seront approuvées en quelques minutes. Une fois accordée, l’autorisation sera liée électroniquement au passeport, sans document papier à présenter.

Sa validité sera de trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport si celle-ci intervient plus tôt.

Point clé à retenir : l’ETIAS devra être obtenu avant l’embarquement. Les compagnies aériennes, maritimes et les transporteurs terrestres auront l’obligation de vérifier que les voyageurs disposent bien d’une autorisation valide. À défaut, l’accès au moyen de transport pourra être refusé.

Ce mécanisme rapproche l’Europe de systèmes déjà en place dans d’autres régions du monde, comme l’ESTA américain ou l’AVE canadien.

EES et ETIAS : deux systèmes complémentaires, pas interchangeables

Différences entre l'EES et l'ETIAS
© Direction générale des migrations et des affaires intérieures – Commission européenne

La Direction générale des migrations et des affaires intérieures (DG HOME) présente deux exemples concrets qui permettent de mieux saisir la distinction :

  • Un citoyen américain devra, à partir de la mise en service de l’ETIAS, obtenir une autorisation avant son départ. À son arrivée en Europe, il sera ensuite enregistré dans l’EES.
  • Un citoyen indien, soumis à l’obligation de visa, n’aura pas besoin d’ETIAS (car soumis à l’exigence de visa Schengen), mais verra ses données systématiquement enregistrées dans l’EES lors du passage à la frontière.

Autrement dit, l’ETIAS conditionne le voyage, tandis que l’EES encadre l’entrée et la sortie du territoire.

Pour accompagner cette transition, l’Union européenne propose également l’application mobile « Travel to Europe », permettant aux voyageurs de préenregistrer certaines données jusqu’à 72 heures avant leur arrivée. Cette option, disponible selon les pays (uniquement en Suède pour l’instant), vise à réduire les temps d’attente aux frontières, un enjeu crucial dans les hubs touristiques et aéroportuaires.

Avec l’EES déjà opérationnel et l’ETIAS en approche, l’année 2026 marque une étape clé dans la transformation des frontières européennes. Pour les voyageurs, ces évolutions impliquent surtout davantage d’anticipation, mais aussi la promesse, à terme, de contrôles plus fluides et plus transparents.

Dans ce nouveau cadre, bien s’informer en amont devient un réflexe indispensable pour éviter les mauvaises surprises, et voyager en Europe en toute sérénité.

Auteur:
La rédaction de VisasNews
Fort de plus de 30 ans d’expérience dans les démarches administratives pour les voyageurs et les professionnels du secteur touristique, VisasNews est le 1er média francophone d’informations et d’actualités sur les formalités de voyage à travers le monde.

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