Un Mondial, trois frontières ! Le tableau final de la Coupe du Monde 2026 est désormais complet, avec 48 équipes réparties dans 12 groupes après les derniers barrages du 31 mars.
Pour les supporters, une réalité s’impose déjà : assister au tournoi en Amérique du Nord ne relèvera pas d’une seule formalité, mais de trois régimes d’entrée distincts selon que l’on voyage vers les États-Unis, le Canada ou le Mexique. Et d’un pays à l’autre, les règles changent parfois radicalement, y compris pour un même itinéraire de voyage.
À l’heure où les réservations commencent à se dessiner et où certains fans envisagent déjà de suivre leur sélection sur plusieurs villes, voire plusieurs pays, la question des documents de voyage prend une dimension très concrète. ESTA, AVE, exemption de visa, e-Visa ou autorisation électronique : derrière l’affiche d’un Mondial coorganisé, les règles d’entrée restent strictement nationales.
Voici ce que les supporters des équipes qualifiées devront anticiper pour préparer leur voyage vers la Coupe du Monde 2026.
The stage is set for the biggest-ever FIFA World Cup!
— FIFA (@FIFAcom) April 1, 2026
The line-up for the @FIFAWorldCup 2026™ has been completed with six teams clinching the remaining places among the 48 that will make the upcoming tournament in North America the most inclusive ever.
États-Unis : l’ESTA pour certains pays qualifiés, le visa B1/B2 pour les autres
Pour les États-Unis, la porte d’entrée la plus simple reste l’ESTA (Electronic System for Travel Authorization), réservé aux ressortissants des pays du Visa Waiver Program (VWP). Parmi les nations qualifiées pour le Mondial 2026, cela concerne l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, la Corée du Sud, la Croatie, l’Espagne, la France, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Qatar, la République tchèque, la Suède, la Suisse, ainsi que le Royaume-Uni, ce qui couvre notamment les supporters de l’Angleterre et de l’Écosse. Dans le cas de Curaçao, la situation dépend du passeport néerlandais utilisé pour voyager.
L’ESTA doit être obtenu avant l’embarquement et permet un séjour de 90 jours ou moins au titre du tourisme ou des affaires. Le portail officiel esta.cbp.dhs.gov affiche désormais un tarif de 40,27 dollars. En revanche, les voyageurs relevant du VWP qui ont séjourné en Iran, en Irak, en Libye, en Somalie, au Soudan, en Syrie, au Yémen, en Corée du Nord depuis le 1er mars 2011, ou à Cuba depuis le 12 janvier 2021, ne peuvent en principe plus utiliser ce régime et doivent passer par un visa.
Pour toutes les autres nationalités qualifiées, du Brésil à l’Argentine, du Maroc au Sénégal, de la Bosnie-Herzégovine à l’Ouzbékistan, c’est donc le visa visiteur B1/B2 qui s’impose.
À cela s’ajoute une évolution récente à suivre de près : à compter du 2 avril 2026, Washington étend à 50 pays son programme de caution pour certains visas B1/B2. Le Département d’État précise qu’un demandeur par ailleurs éligible peut alors se voir imposer une caution de 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars. Parmi les pays déjà qualifiés pour la Coupe du Monde, cinq sont directement concernés par cette extension : l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Tunisie.
Les supporters concernés par un visa pourront aussi se tourner vers le dispositif FIFA PASS, lancé par les autorités américaines en lien avec la FIFA. Réservé aux personnes ayant acheté leurs billets directement auprès de la FIFA et ayant choisi d’adhérer au programme, il permet d’accéder à un rendez-vous prioritaire pour un entretien de visa B1/B2 avant le début du tournoi. Ce mécanisme ne modifie toutefois ni les conditions d’éligibilité ni l’examen du dossier : il facilite l’obtention d’un créneau consulaire, sans garantir la délivrance du visa. Il vise donc surtout les supporters qui ne peuvent pas voyager avec une autorisation ESTA.
Canada : l’AVE pour les voyageurs dispensés de visa, avec une catégorie intermédiaire à ne pas négliger
Le Canada accueillera ses matches à Toronto et Vancouver. Toronto doit recevoir six rencontres, dont le premier match de l’histoire de la Coupe du Monde masculine joué sur le sol canadien, avec l’entrée en lice du Canada le 12 juin 2026, tandis que Vancouver en accueillera sept.
Sur le plan des formalités, l’autorisation de voyage électronique AVE demeure la règle pour les voyageurs dispensés de visa arrivant par avion. Parmi les équipes qualifiées, cela vise directement l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, la Corée du Sud, la Croatie, l’Espagne, la France, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Qatar, la République tchèque, la Suède, la Suisse, ainsi que les détenteurs d’un passeport britannique, donc notamment les supporters de l’Angleterre et de l’Écosse. Là encore, les voyageurs de Curaçao relevant d’un passeport néerlandais entrent dans cette logique. Facturée 7 dollars canadiens, l’AVE est valable jusqu’à cinq ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport, et permet en principe des entrées multiples pour de courts séjours.
Le cas canadien est toutefois plus subtil que celui des États-Unis, car certains pays normalement soumis à visa peuvent malgré tout demander une AVE, mais uniquement dans des conditions précises. Pour les pays qualifiés au Mondial, cela concerne l’Argentine, le Brésil, le Mexique, le Maroc, le Panama et l’Uruguay, à condition d’avoir déjà détenu un visa de visiteur canadien au cours des dix dernières années ou de détenir un visa non-immigrant américain valide, et d’arriver par avion. En revanche, ces voyageurs doivent toujours obtenir un visa visiteur s’ils arrivent en voiture, en bus, en train ou en bateau.
Pour les autres nationalités qualifiées, le visa canadien reste la voie normale.
Mexique : une exemption de visa large, des autorisations électroniques ciblées et un e-Visa pour les Brésiliens
Le Mexique, qui donnera le coup d’envoi du tournoi à Mexico le 11 juin, applique un régime globalement plus souple pour les courts séjours sans activité rémunérée, pouvant aller jusqu’à 180 jours.
Selon la liste officielle publiée par les autorités migratoires mexicaines, parmi les équipes qualifiées pour la Coupe du Monde 2026, sont actuellement dispensés de visa pour se rendre au Mexique les ressortissants de l’Allemagne, de l’Argentine, de l’Australie, de l’Autriche, de la Belgique, du Canada, de la Corée du Sud, de la Croatie, de Curaçao, de l’Espagne, des États-Unisde la France, du Japon, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, du Panama, du Portugal, de la République tchèque, de la Suède, de la Suisse, de l’Uruguay et du Royaume-Uni, ce qui concerne donc notamment les supporters de l’Angleterre et de l’Écosse.
Le Mexique a par ailleurs réintroduit, depuis le 5 février 2026, un visa électronique pour les ressortissants brésiliens voyageant par voie aérienne pour tourisme ou affaires : il est valable pour une seule entrée, jusqu’à 180 jours.
Les ressortissants russes, ukrainiens et turcs peuvent, eux aussi, utiliser une autorisation électronique pour voyager au Mexique par avion, là encore pour une seule entrée et jusqu’à 180 jours.
Pour les autres nationalités qui ne figurent pas sur la liste d’exemption, un visa consulaire reste nécessaire, sauf en cas de détention d’un visa valide ou d’un statut de résident permanent dans des pays comme les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon ou l’espace Schengen. Les autorités mexicaines rappellent en outre que le passeport doit rester valide pendant toute la durée du séjour, et que ces autorisations ne valent pas garantie d’admission à la frontière.
Le vrai piège pour les supporters : changer de pays, c’est souvent changer de document
C’est probablement le point le plus important pour les supporters qui voudraient “suivre” le tournoi d’un pays à l’autre.
Un voyageur dispensé de visa pour les États-Unis peut revenir des courts détours au Canada ou au Mexique dans la limite de sa période initiale de 90 jours sous VWP.
À l’inverse, au Canada, l’AVE concerne l’aérien : les voyageurs des pays à éligibilité conditionnelle devront ainsi obtenir un visa s’ils franchissent la frontière par voie terrestre ou maritime.
Et au Mexique, les solutions électroniques accordées aux Brésiliens, Russes, Ukrainiens et Turcs ne valent que pour une arrivée par avion : une entrée par voie terrestre ou maritime renvoie, elle, vers le visa ordinaire.
En clair, un itinéraire “Los Angeles – Toronto – Mexico City” peut exiger trois lectures différentes des formalités, même lorsqu’il s’agit d’un seul et même voyage de Coupe du Monde.







