Alors que les autorités américaines viennent d’annoncer l’arrivée du dispositif Mobile Passport Control (MPC) dans quatre postes-frontières terrestres piétons de l’État de Washington, à la frontière avec le Canada, l’occasion est bonne de revenir sur cette application encore peu connue d’une partie des voyageurs internationaux.
Développée par le U.S. Customs and Border Protection (CBP), elle ne constitue ni un visa, ni une autorisation de voyage, ni un droit d’entrée supplémentaire aux États-Unis. Son rôle est plus simple. Elle permet à des voyageurs éligibles d’envoyer en amont certaines données de voyage et d’identité depuis leur téléphone, avant de se présenter au contrôle frontalier.
Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis met en avant plusieurs avantages concrets, parmi lesquels des temps d’attente potentiellement plus courts, une application gratuite et facile à utiliser, ainsi que la possibilité de traiter ensemble jusqu’à douze personnes dans une même soumission.
Pour les voyageurs qui découvrent cet outil, la bonne approche consiste donc à le voir comme un service de pré-déclaration venant s’ajouter aux formalités habituelles, et non comme un dispositif qui les remplace.
Une application officielle pour préparer son arrivée aux États-Unis

Sur sa page dédiée, le CBP présente Mobile Passport Control (MPC) comme une application mobile gratuite et sécurisée permettant aux voyageurs éligibles de soumettre leur document de voyage, leur photo et leur déclaration douanière avant l’inspection.
En pratique, l’utilisateur crée d’abord son profil dans l’application, avec les données de son passeport. Il peut ensuite renseigner les informations de voyage demandées, puis transmettre sa déclaration au CBP peu avant l’arrivée.
Le CBP indique que, pour les arrivées par avion, cette étape peut être effectuée jusqu’à quatre heures avant l’atterrissage ou immédiatement après l’arrivée. Une fois dans la zone de contrôle, le voyageur doit rechercher la file MPC, lorsqu’elle existe, et présenter son passeport, ou sa carte de résident permanent selon le cas, à l’agent frontalier.
L’application ne supprime donc pas l’entretien ni la vérification documentaire. Elle vise surtout à rendre le passage plus fluide lorsque le point d’entrée est équipé pour cela.
Pour qui l’application Mobile Passport Control est-elle prévue et quels avantages concrets pour les voyageurs ?
Les autorités américaines expliquent que Mobile Passport Control n’est pas ouvert à tous les voyageurs.
L’application est accessible aux citoyens américains, aux résidents permanents légaux des États-Unis, aux visiteurs canadiens titulaires d’un visa B1 ou B2, ainsi qu’aux voyageurs relevant du Visa Waiver Program avec un ESTA approuvé. MPC ne se substitue donc pas à l’autorisation ESTA.
Un voyageur français, britannique, espagnol, japonais ou australien, qui entre aux États-Unis dans le cadre du programme d’exemption de visa, doit ainsi toujours disposer d’un ESTA valide lorsque celui-ci est requis. L’application ajoute simplement une étape numérique de préparation du contrôle et ne modifie ni les conditions d’admission, ni le pouvoir d’appréciation de l’agent du CBP au point d’entrée.
Pour les personnes qui voyagent avec un visa américain, la logique est la même. L’application peut faciliter le passage si le voyageur fait partie des publics éligibles, mais elle ne modifie pas la base juridique de son admission.
Le CBP met en avant plusieurs bénéfices pratiques. Le premier est la réduction potentielle du temps passé dans la file d’attente et lors du passage initial au contrôle. Le deuxième est la simplicité d’usage, puisque l’application est gratuite et peut être utilisée sur smartphone. Le troisième est son intérêt pour les groupes et les familles, avec la possibilité d’intégrer jusqu’à douze profils dans une même transaction.
Les voyageurs qui utilisent correctement l’application n’ont plus à remplir de formulaire papier de déclaration douanière et peuvent, selon les sites, être dirigés vers une file dédiée. Cela ne garantit pas un passage instantané, mais l’outil peut contribuer à limiter la congestion et à raccourcir certaines démarches sur place.
Le formulaire I-94, l’autre volet des formalités terrestres
Autre point important pour bien comprendre l’outil, le formulaire I-94 ne disparaît pas pour autant. Ce document, aussi appelé Arrival/Departure Record, sert au suivi de l’admission et des mouvements d’entrée et de sortie de nombreux voyageurs non immigrants aux États-Unis. Le CBP rappelle qu’il permet notamment d’accéder à son numéro d’admission et à son historique de voyage, et qu’une demande provisoire peut être effectuée avant l’arrivée à une frontière terrestre.
Dans le cas des entrées par voie terrestre, le CBP encourage les visiteurs internationaux à demander leur I-94 en ligne ou via l’application CBP Link avant d’arriver au poste-frontière. Les autorités précisent aussi qu’un lien direct vers cette démarche figure dans l’application Mobile Passport Control. Cela montre bien que les deux outils sont complémentaires : MPC sert à préparer la présentation au contrôle, tandis que l’I-94 reste, pour de nombreux voyageurs concernés, une formalité d’admission distincte.
Où peut-on utiliser l’application Mobile Passport Control (MPC) ?
Voici 59 les points d’entrée (aériens, maritimes et terrestres) où l’application Mobile Passport Control est actuellement proposée :
Aéroports (51) :
- Aéroport international Zayed d’Abu Dhabi (AUH)
- Aéroport international d’Anchorage (ANC)
- Aéroport international Hartsfield-Jackson d’Atlanta (ATL)
- Aéroport international Reine Beatrix d’Aruba (AUA)
- Aéroport international L.F. Wade des Bermudes (BDA)
- Aéroport international Thurgood Marshall de Baltimore/Washington (BWI)
- Aéroport international Logan de Boston (BOS)
- Aéroport international de Calgary (YYC)
- Aéroport international Cleveland Hopkins (CLE)
- Aéroport international Charlotte Douglas (CLT)
- Aéroport international O’Hare de Chicago (ORD)
- Aéroport international de Dallas/Fort Worth (DFW)
- Aéroport international de Denver (DEN)
- Aéroport métropolitain de Détroit (DTW)
- Aéroport international de Dulles (IAD)
- Aéroport de Dublin (DUB)
- Aéroport international d’Edmonton (YEG)
- Aéroport international de Fairbanks (FAI)
- Aéroport international de Fort Lauderdale-Hollywood (FLL)
- Aéroport international Stanfield de Halifax (YHZ)
- Aéroport international Daniel K. Inouye de Honolulu (HNL)
- Aéroport intercontinental George Bush de Houston (IAH)
- Aéroport international William P. Hobby de Houston (HOU)
- Aéroport international John F. Kennedy de New-York (JFK)
- Aéroport international de Kansas City (MCI)
- Aéroport international Harry Reid de Las Vegas (LAS)
- Aéroport international de Los Angeles (LAX)
- Aéroport international de Miami (MIA)
- Aéroport international de Minneapolis-Saint Paul (MSP)
- Aéroport international Trudeau de Montréal (YUL)
- Aéroport international Lynden Pindling de Nassau (NAS)
- Aéroport international Newark Liberty New-York (EWR)
- Aéroport international d’Oakland (OAK)
- Aéroport international d’Orlando (MCO)
- Aéroport international d’Ottawa (YOW)
- Aéroport international de Philadelphie (PHL)
- Aéroport international Phoenix Sky Harbor (PHX)
- Aéroport international de Pittsburgh (PIT)
- Aéroport international de Portland (PDX)
- Aéroport international de Sacramento (SMF)
- Aéroport international de Salt Lake City (SLC)
- Aéroport international de San Diego (SAN)
- Aéroport international de San Francisco (SFO)
- Aéroport international de San Jose (SJC)
- Aéroport de San Juan (SJU)
- Aéroport international de Seattle-Tacoma (SEA)
- Aéroport de Shannon (SNN)
- Aéroport international de Tampa (TPA)
- Aéroport international Pearson de Toronto (YYZ)
- Aéroport international de Vancouver (YVR)
- Aéroport international James A. Richardson de Winnipeg (YWG)
Ports maritimes (4) :
- Port de Miami (MSE)
- Port de Palm Beach (WPB)
- Port Everglades de Fort Lauderdale (PEV)
- Port de San Juan (SAJ)
Postes-frontières piétons (4) :
- Poste-frontière piéton de Blaine – Peace Arch (État de Washington)
- Poste-frontière piéton de Blaine – Pacific Highway (État de Washington)
- Poste-frontière piéton de Lynden-Aldergrove (État de Washington)
- Poste-frontière piéton de Sumas (État de Washington)
Un outil utile, mais qui ne change pas les règles d’entrée
Au final, Mobile Passport Control peut être vu comme un accélérateur de parcours pour certains voyageurs, et non comme une nouvelle formalité autonome.
L’application peut faire gagner du temps, éviter le papier et simplifier le passage pour un couple, une famille ou un petit groupe. Elle n’accorde toutefois aucun avantage sur le fond du dossier. Passeport, ESTA, visa ou I-94 restent soumis aux règles habituelles selon la situation du voyageur.
Pour les personnes éligibles, l’intérêt de MPC est donc avant tout pratique. C’est un outil de préparation et de fluidification, pas un raccourci juridique vers l’entrée aux États-Unis.







