Le ministère britannique de l’Intérieur a récemment annoncé que sa direction Digital, Data and Technology porterait désormais le nom de Home Office Digital, une évolution présentée comme une nouvelle étape dans la modernisation technologique du département.
Dans une communication publiée le 10 mars, le directeur du numérique, des données et de la technologie au sein du ministère, Rob Thompson, souligne que ce changement reflète le rôle désormais central du numérique dans la gestion des services publics du ministère.

« Nous avons mis en place une capacité numérique résiliente et hautement performante qui est au cœur de la manière dont le Home Office répond aux besoins du public », écrit-il, estimant que ces outils ont profondément transformé les démarches liées aux passeports, aux visas ou encore aux contrôles aux frontières.
À cette occasion, le ministère a également partagé plusieurs indicateurs illustrant l’ampleur de cette transformation, notamment concernant le traitement des autorisations de voyage et visas électroniques.
Des décisions d’ETA prises en « seulement 45 secondes »
Parmi les exemples mis en avant par le Home Office figure le fonctionnement du système d’Electronic Travel Authorisation (ETA), l’autorisation de voyage électronique introduite pour les ressortissants de pays exemptés de visa se rendant au Royaume-Uni pour de courts séjours.
Selon les autorités britanniques, certaines décisions relatives aux demandes d’ETA peuvent désormais être prises en « seulement 45 secondes » grâce à des systèmes d’analyse numérique automatisés.
Le dispositif, désormais pleinement entré en vigueur depuis le 25 février 2026, impose aux voyageurs concernés d’obtenir cette autorisation avant leur départ vers le Royaume-Uni. Il permet aux autorités d’effectuer des vérifications préalables à partir des informations fournies par les passagers, dans l’objectif de déplacer une partie des contrôles migratoires en amont du voyage.
L’ETA concerne notamment les visiteurs se rendant au Royaume-Uni pour le tourisme, les affaires ou des séjours de courte durée. La demande s’effectue en ligne et l’autorisation est actuellement facturée 16 £, un montant que le gouvernement britannique prévoit toutefois de porter prochainement à 20 £.
Comparable à des dispositifs déjà en place dans d’autres pays, comme l’ESTA aux États-Unis, l’ETIAS bientôt imposé en Europe ou encore le JESTA en préparation au Japon, l’ETA britannique repose sur un traitement largement automatisé des demandes, avec pour objectif de faciliter le passage aux frontières tout en permettant aux autorités de procéder à des vérifications préalables avant l’arrivée des voyageurs.
Environ 7 millions d’utilisateurs d’eVisa
Le département digital du ministère britannique de l’Intérieur met également en avant les progrès réalisés dans la transition vers un système d’immigration entièrement numérique basé sur les eVisas.
Ce dispositif remplace progressivement les documents physiques par un enregistrement numérique du statut migratoire, accessible via un compte en ligne du service UK Visas and Immigration (UKVI). Selon les autorités britanniques, environ 7 millions de personnes peuvent désormais accéder rapidement à leur statut d’immigration sous forme numérique au Royaume-Uni.
Le déploiement de ces visas électroniques s’effectue par étapes. Les eVisas ont déjà remplacé les vignettes de visa pour plusieurs catégories de demandeurs, notamment les visas de travail, d’études et familiaux, pour les demandes introduites depuis 2025. Depuis le 25 février 2026, la majorité des personnes obtenant un visa de visite ou d’autres catégories de visas britanniques reçoivent désormais uniquement un eVisa, accessible via leur compte UKVI avant leur voyage.
Dans le cadre des dernières mises à jour annoncées par les autorités, les documents de voyage délivrés par le Home Office sont désormais automatiquement liés aux comptes UKVI, permettant aux titulaires d’un eVisa de consulter leurs informations migratoires et leurs documents de voyage dans un même espace numérique.
Selon le gouvernement britannique, ce système vise à faciliter la preuve du statut migratoire auprès des autorités, des employeurs ou d’autres organismes, tout en réduisant les risques de perte ou de falsification associés aux documents physiques.
76 millions de passages frontaliers via les eGates
La transformation numérique concerne également les infrastructures de contrôle aux frontières.
Dans les principaux aéroports britanniques, les portiques automatisés eGates traiteraient désormais près de 76 millions de passages frontaliers chaque année, selon les données communiquées par le Home Office.
Déployés progressivement depuis plusieurs années, ces dispositifs permettent aux voyageurs éligibles, notamment les ressortissants britanniques, européens et de certains pays partenaires, de franchir les contrôles d’identité de manière automatisée à l’aide d’un passeport biométrique.
Le système vérifie l’identité du passager à l’aide de technologies de reconnaissance faciale et interroge en temps réel plusieurs bases de données gouvernementales.
Pour les autorités britanniques, ces infrastructures constituent un élément central de la modernisation des frontières, permettant à la fois d’accélérer le passage des voyageurs et de renforcer les capacités de contrôle grâce à l’intégration des données issues des systèmes migratoires numériques.
Une stratégie numérique à l’horizon 2030
Ces évolutions s’inscrivent dans la Digital Strategy 2030 du Home Office, présentée comme la première feuille de route numérique unifiée du ministère britannique de l’Intérieur.
Lancée en 2025, cette stratégie vise à faire du Home Office l’un des départements gouvernementaux les plus avancés du Royaume-Uni dans l’utilisation du numérique, des données et des technologies pour la gestion de ses missions, notamment en matière d’immigration et de sécurité aux frontières.
Le plan prévoit plusieurs transformations structurantes, parmi lesquelles une automatisation accrue des services grâce à l’intelligence artificielle, l’amélioration des plateformes numériques utilisées pour les visas et les autorisations de voyage, un renforcement des capacités de cybersécurité, ainsi qu’une meilleure collecte et circulation des données entre les différents services du Home Office et les administrations publiques.
Les autorités souhaitent également développer des systèmes technologiques plus évolutifs et réduire les coûts d’exploitation des services numériques, tout en renforçant les compétences numériques au sein du ministère.
Pour Rob Thompson, ces transformations doivent permettre de placer durablement le numérique au cœur du fonctionnement du ministère. « Nous avons beaucoup de raisons d’être fiers, mais encore beaucoup à faire. Le changement de nom reflète notre rôle et notre ambition pour l’avenir. Nous sommes là pour établir la norme en matière de gouvernement moderne grâce à l’innovation, à des partenariats plus solides et en plaçant le numérique au cœur de toutes nos activités », souligne-t-il.







