Le Royaume-Uni a officiellement relevé aujourd’hui le tarif de son autorisation de voyage électronique pour les voyageurs exemptés de visa britannique. Jusqu’ici fixée à 16 livres sterling (environ 19 euros), l’ETA (pour Electronic Travel Authorisation) coûte désormais 20 £ (presque 24 €), soit une hausse de 25 %.
Pour les voyageurs concernés, la hausse n’est pas énorme en valeur absolue, mais elle alourdit malgré tout le coût d’un city break, d’un déplacement familial ou d’un court séjour professionnel au Royaume-Uni. Lors du lancement du programme, à l’automne 2023, l’ETA était facturée 10 livres. Son prix avait déjà été porté à 16 livres en avril 2025, ce qui représentait alors une augmentation de 60 %. En deux relèvements successifs, le coût de l’ETA a ainsi doublé en un peu plus de deux ans.
Le programme ETA n’est pas nouveau, il a vu le jour à l’automne 2023. Les demandes ont d’abord ouvert le 25 octobre 2023 pour les ressortissants qataris, puis le 1er février 2024 pour ceux de Bahreïn, de Jordanie, du Koweït, d’Oman, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Une nouvelle vague a suivi en novembre 2024 pour les autres nationalités non européennes éligibles, avant la dernière grande étape du déploiement, lorsque les Européens ont à leur tour pu commencer à déposer une demande pour voyager au Royaume-Uni à partir du 2 avril 2025.
L’ETA est pleinement entrée en vigueur le 25 février 2026 et, selon le Home Office, 24,8 millions d’ETA ont été délivrées entre le lancement du programme en octobre 2023 et la fin de l’année 2025.
Demain, les dépendances de la Couronne entrent à leur tour dans le dispositif ETA
Le programme ETA ne s’arrête pas au Royaume-Uni lui-même. À partir de demain, 9 avril 2026, les demandes d’autorisations ouvriront aussi pour Jersey, Guernesey et l’île de Man, en vue d’une mise en œuvre pour les voyages directs à compter du 23 avril. Les dépendances de la Couronne indiquent que l’ouverture des demandes débutera demain à 10 h.
Ce calendrier mérite d’être suivi de près par les voyageurs qui prévoyaient un séjour direct dans les îles Anglo-Normandes ou sur l’île de Man. Jusqu’ici, certains déplacements restaient en dehors du champ du dispositif lorsqu’ils ne passaient pas par le Royaume-Uni. Ce ne sera bientôt plus le cas pour les visiteurs non soumis à visa qui arriveront directement depuis l’extérieur de la Common Travel Area.
Cette évolution s’accompagne toutefois d’une précision importante pour les voyageurs français : à Jersey comme à Guernesey, l’exemption d’ETA accordée aux ressortissants français effectuant une excursion d’une journée sur simple présentation d’une carte nationale d’identité reste maintenue. Autrement dit, tous les visiteurs français ne basculeront pas automatiquement dans le régime ETA dès le 23 avril, du moins pour ces allers-retours à la journée, qui conservent un statut particulier dans les îles Anglo-Normandes.
Ce maintien a d’ailleurs récemment ravivé le débat outre-Manche et dans les îles, après les critiques formulées par Nigel Farage contre cette dérogation. À Guernesey, Marc Leadbeater a au contraire défendu un dispositif présenté comme utile pour le tourisme de proximité et les liaisons avec la côte française.
Qui doit aujourd’hui demander une ETA pour voyager au Royaume-Uni ?
À ce jour, 83 pays et territoires sont éligibles à l’ETA britannique, à savoir :
- Allemagne, Andorre, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bahamas, Bahreïn, Barbade, Belgique, Belize, Brésil, Brunei, Bulgarie, Canada, Chili, Chypre, Corée du Sud, Costa Rica, Croatie, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Grenade, Guatemala, Guyana, Hong Kong, Hongrie, Îles Marshall, Îles Salomon, Islande, Israël, Italie, Japon, Kiribati, Koweït, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macao, Malaisie, Maldives, Malte, Maurice, Mexique, Micronésie, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Palaos, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, Qatar, Roumanie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Samoa, Seychelles, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Taïwan, Tonga, Tchéquie, Tuvalu, Uruguay et Vatican.
Le ministère britannique de l’Intérieur rappelle en parallèle plusieurs points pratiques : les voyageurs en transit qui passent par le contrôle des passeports britannique doivent en principe disposer d’une ETA, tandis que ceux qui restent côté piste à Heathrow ou Manchester en sont, pour l’instant, dispensés. L’administration recommande aussi de déposer la demande au moins trois jours ouvrables avant le départ, même si la majorité des réponses arrivent en quelques minutes.







