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Taxe de séjour en Angleterre : le WTTC chiffre à plus de 14 milliards de livres les pertes potentielles pour l’économie britannique

Alors que la consultation publique du gouvernement britannique sur l’instauration d’une taxe de séjour en Angleterre s’achève ce mercredi 18 février, le World Travel & Tourism Council (WTTC) publie une étude évaluant à au moins 14 milliards de livres sterling les pertes économiques potentielles liées à une taxe journalière de 10 livres.

Rédigé par VisasNews

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Taxe de séjour en Angleterre : le WTTC chiffre à plus de 14 milliards de livres les pertes potentielles pour l’économie britannique
Illustration : Depositphotos

Le World Travel & Tourism Council (WTTC), qui représente le secteur privé du voyage et du tourisme, estime que l’introduction d’une taxe de séjour de 10 livres sterling par nuit aurait des conséquences économiques majeures pour l’Angleterre, et plus généralement le Royaume-Uni.

Selon une étude menée entre le 7 et le 11 février 2026 auprès de 2 502 personnes par le WTTC et l’agence GSIQ, 29 % des voyageurs issus des principaux marchés émetteurs vers le Royaume-Uni, à savoir les États-Unis, la France et l’Allemagne, déclarent qu’ils envisageraient de choisir une autre destination ou de renoncer à leur voyage si une taxe de 10 euros était appliquée.

L’organisation chiffre l’impact potentiel à 14,4 milliards de livres sterling de dépenses touristiques en moins d’ici 2027 si une telle mesure était mise en place. Une contraction qui, selon elle, provoquerait un « effet domino » sur l’ensemble de la chaîne de valeur du tourisme.

Gloria Guevara, présidente et directrice générale du WTTC, affirme que « l’étude est on ne peut plus claire : les taxes proposées sur les visiteurs entraîneraient une chute du nombre de visiteurs internationaux au Royaume-Uni, ainsi qu’une forte baisse du nombre de visiteurs nationaux dans les destinations anglaises populaires ».

« Des milliards de livres sterling seraient perdus pour l’économie britannique, ce qui entraînerait une hausse considérable du chômage, en particulier dans les petits commerces, les restaurants et les fournisseurs du secteur de l’hôtellerie et de la restauration », précise Gloria Guevara.

Un impact marqué sur le tourisme domestique

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L’étude souligne également une réaction négative au sein même de la population britannique. Interrogés sur l’hypothèse d’une taxe de 10 livres par nuit, 39 % des Britanniques déclarent qu’ils envisageraient de passer leurs vacances ailleurs ou qu’ils ne choisiraient pas le Royaume-Uni comme destination.

Les familles apparaissent particulièrement sensibles à cette perspective : 42 % des répondants estiment qu’une telle taxe constituerait « un problème important ou très important » lorsqu’ils voyagent en famille.

Pour le WTTC, cette double contraction, internationale et domestique, fragiliserait un secteur qui soutient environ 4,5 millions d’emplois au Royaume-Uni, soit près d’un emploi sur huit.

L’organisation rappelle également que la croissance attendue du PIB touristique britannique en 2025 (+4,3 %) resterait inférieure à la moyenne mondiale estimée à +6,7 %, ce qui, selon elle, souligne l’enjeu de compétitivité pour le pays.

Une consultation gouvernementale qui s’achève ce 18 février

Ce mercredi 18 février marque la fin de la consultation publique lancée le 26 novembre 2025 par le ministère du Logement, des Communautés et des Collectivités locales et le Trésor public sur l’introduction possible d’une taxe de séjour en Angleterre.

Ce dispositif, nommé « overnight visitor levy », vise à donner aux maires des grandes zones urbaines anglaises le pouvoir de prélever une taxe locale sur les nuitées des visiteurs dans les hébergements commerciaux (hôtels, bed & breakfast, locations de vacances, …).

Concrètement, il s’agirait d’un petit montant ajouté à la facture d’hébergement, soit sous la forme d’un montant fixe par nuitée, soit d’un pourcentage du prix de la chambre, une pratique déjà courante dans de nombreuses villes européennes pour financer des services publics, améliorer les infrastructures ou soutenir l’accueil touristique.

Pour l’heure, aucune taxe nationale n’existe encore en Angleterre ; la consultation ne porte pas sur une taxe obligatoire pour tout le pays, mais sur la possibilité pour certaines autorités locales ou maires de créer leur propre prélèvement, s’ils estiment que cela peut aider à financer des projets locaux.

Des maires favorables à un outil de financement local

Si le WTTC met en garde contre des pertes économiques potentielles, plusieurs maires anglais défendent au contraire la taxe sur les nuitées comme un levier d’investissement local.

Dans un communiqué publié en novembre dernier, le gouvernement souligne que cette mesure placerait les villes anglaises « sur un pied d’égalité avec les principales destinations touristiques du monde entier », telles que New York, Paris ou Milan, où des taxes similaires sont déjà en vigueur.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est montré particulièrement favorable à cette évolution : « Donner aux maires le pouvoir de prélever une taxe touristique est une excellente nouvelle pour Londres. Ces fonds supplémentaires soutiendront directement l’économie londonienne et contribueront à consolider notre réputation de destination touristique et commerciale mondiale ». Il a également indiqué vouloir travailler « en étroite collaboration avec les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme » afin de maximiser les bénéfices pour la capitale.

À Liverpool, le maire de la région, Steve Rotheram, estime que « des villes comme la nôtre sont censées être compétitives sur la scène mondiale sans disposer des outils de base que d’autres endroits considèrent comme acquis ». Selon lui, « une taxe modeste permettrait de garder l’argent au niveau local et de le réinvestir dans ce qui fait la particularité de notre région », rappelant que l’économie touristique locale représente plus de 6 milliards de livres par an et 55 000 emplois.

Dans le Grand Manchester, Andy Burnham voit également dans cette mesure un instrument de consolidation de la croissance : « C’est une excellente nouvelle que le gouvernement s’engage à donner aux maires régionaux le pouvoir d’introduire une taxe de séjour. (…) Cette taxe nous permettra d’investir dans les infrastructures dont ces visiteurs ont besoin ». Il rappelle que près de deux millions de visiteurs internationaux génèrent environ 9 milliards de livres par an pour l’économie locale.

D’autres édiles, notamment dans l’Ouest de l’Angleterre, le Nord-Est ou le Yorkshire, évoquent un « vote de confiance » en faveur de la décentralisation et la possibilité de financer transports, événements culturels, infrastructures et services publics locaux grâce à une contribution qu’ils qualifient de « modeste ».

Entre taxe de séjour et ETA, un cadre d’entrée au Royaume-Uni en pleine évolution

Ce débat intervient dans un contexte d’évolution des conditions d’entrée au Royaume-Uni.

À compter du 25 février 2026, les voyageurs exemptés de visa britannique, notamment les ressortissants français, belges, suisses, canadiens ou encore américains, devront obligatoirement obtenir une autorisation de voyage électronique (ETA) avant leur départ. Cette nouvelle formalité payante s’ajoute aux coûts de déplacement et pourrait, selon certains acteurs du secteur, peser sur l’attractivité de la destination.

Par ailleurs, le prix de l’ETA, actuellement fixé à 16 livres sterling, pourrait prochainement être relevé à 20 livres, renforçant les interrogations sur l’impact cumulé des nouvelles charges pour les visiteurs internationaux.

Auteur:
La rédaction de VisasNews
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