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Royaume-Uni : le Parlement approuve un texte ouvrant la voie à une hausse du prix de l’ETA

Le Parlement britannique a approuvé un texte réglementaire permettant d’augmenter le plafond légal du prix de l’autorisation de voyage électronique (ETA), ouvrant la voie à une future hausse du tarif actuellement fixé à £16. Dans le même temps, le gouvernement annonce le retrait du Nicaragua et de Sainte-Lucie du programme ETA et l’introduction prochaine d’une obligation de visa pour les ressortissants de ces deux pays.

Rédigé par VisasNews

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Royaume-Uni : le Parlement approuve un texte ouvrant la voie à une hausse du prix de l’ETA
Illustration : Depositphotos

Le prix de l’autorisation de voyage électronique (ETA) pour se rendre au Royaume-Uni va-t-il bientôt augmenter ? Tout semble en tout cas indiquer que le chemin est désormais tracé vers une hausse…

Le 3 mars 2026, la Chambre des Lords a examiné le projet “Immigration and Nationality (Fees) (Amendment) Order 2026”, un texte réglementaire visant à modifier les plafonds légaux de plusieurs frais liés à l’immigration et à la nationalité.

La motion visant à examiner et approuver ce texte a été adoptée, permettant ainsi à la procédure parlementaire de se poursuivre.

Parmi les mesures prévues figure l’augmentation du plafond du prix de l’autorisation de voyage électronique (ETA), qui passerait de £16 à £20, comme révélé précédemment par VisasNews.

Cette modification ne change pas immédiatement le tarif payé par les voyageurs, mais elle permet au gouvernement britannique de relever ultérieurement le prix de cette autorisation de voyage.

Cette évolution intervient alors que le Royaume-Uni vient tout juste d’achever la généralisation de son système ETA, désormais pleinement appliqué à la majorité des voyageurs exemptés de visa se rendant dans le pays pour de courts séjours depuis le 25 février 2026.

Augmentation du prix de l’ETA : un alignement avec les autres autorisations de voyage

Votre ETA en quelques clics

Lors du débat parlementaire, le ministre d’État au Home Office, Lord Hanson of Flint, a expliqué que cette augmentation s’inscrivait dans une logique d’harmonisation avec d’autres systèmes d’autorisation de voyage dans le monde.

« Le passage de 16 à 20 livres nous permettra de nous aligner sur le tarif américain ainsi que sur celui qui doit être appliqué prochainement en Europe », a-t-il déclaré devant les parlementaires, faisant référence à l’ESTA exigé pour se rendre aux États-Unis et à l’ETIAS que l’Union européenne prévoit d’introduire prochainement pour les voyageurs exemptés de visa.

Selon lui, ce montant reste raisonnable pour les voyageurs et ne devrait pas dissuader les visiteurs internationaux de se rendre au Royaume-Uni. « Je ne pense sincèrement pas qu’un tarif de 20 livres dissuadera quelqu’un de visiter la grande ville de Belfast, les montagnes de Mourne ou la Chaussée des Géants, ni, plus largement, de venir à Londres et découvrir les nombreux sites que compte le Royaume-Uni », a-t-il ajouté.

Les autorités britanniques justifient également cette évolution par le financement du système migratoire et des contrôles aux frontières.

Les frais liés aux visas, autorisations de voyage et procédures de nationalité constituent en effet une source importante de financement pour le ministère de l’Intérieur. Comme l’a rappelé le ministre, les montants perçus ne servent pas uniquement à couvrir les coûts administratifs des demandes.

« Toute recette générée par des frais supérieurs au coût de traitement des demandes sert à financer le fonctionnement global du système migratoire », a expliqué Lord Hanson of Flint.

Selon le gouvernement, cette approche permet de réduire la charge financière pour les contribuables, en faisant contribuer davantage les utilisateurs du système migratoire.

Une hausse du prix de l’ETA encore conditionnée à d’autres étapes législatives

Le gouvernement britannique a toutefois précisé que ce texte n’entraîne pas directement une augmentation du prix payé par les voyageurs.

L’ordonnance examinée modifie uniquement les plafonds légaux de certains frais, une étape préalable nécessaire pour permettre une éventuelle hausse. Le tarif réellement appliqué devra être fixé ultérieurement dans une réglementation distincte sur les frais d’immigration et de nationalité.

Concrètement, après l’approbation définitive de cette ordonnance par les deux chambres du Parlement, le gouvernement devra déposer un nouveau texte fixant le montant effectif du tarif de l’ETA, qui pourrait alors être porté à £20.

Dans l’immédiat, le prix de l’ETA reste donc fixé à £16, mais l’adoption de ce texte constitue une étape importante vers une hausse future du tarif.

Le Nicaragua et Sainte-Lucie retirés du programme ETA

Parallèlement à ces évolutions tarifaires, le gouvernement britannique a annoncé ce 5 mars un changement important dans sa politique migratoire : les ressortissants du Nicaragua et de Sainte-Lucie ne pourront bientôt plus voyager au Royaume-Uni avec une ETA.

Les deux pays seront retirés de la liste des nationalités éligibles au système et leurs ressortissants devront désormais obtenir un visa de visite avant leur départ.

Le gouvernement justifie cette décision par l’augmentation du nombre de demandes d’asile déposées par des ressortissants de ces deux pays après leur arrivée au Royaume-Uni.

Entre janvier 2022 et décembre 2025, 609 ressortissants du Nicaragua ont demandé l’asile au Royaume-Uni, dont 505 directement à la frontière. À la fin de l’année 2025, 261 Nicaraguayens bénéficiaient d’une aide liée à l’asile, dont la grande majorité hébergés dans des logements fournis par le ministère de l’Intérieur.

Les autorités évoquent également une hausse des demandes en provenance de Sainte-Lucie, avec 360 demandes d’asile enregistrées entre 2022 et 2025, dont 128 déposées à l’arrivée dans les ports britanniques. À la fin de 2025, 222 ressortissants de Sainte-Lucie recevaient une assistance liée à l’asile.

Face à ces évolutions, la ministre britannique de l’Intérieur Shabana Mahmood a adopté un ton ferme.

Je ne tolérerai pas que les personnes bénéficiant du privilège d’entrer sans visa abusent systématiquement de la générosité de la Grande-Bretagne. Qu’il s’agisse d’imposer des obligations de visa ou de supprimer complètement les visas, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour rétablir l’ordre et le contrôle à nos frontières.

Shabana Mahmood – Ministre britannique de l’Intérieur – 5 mars 2026

Une période de transition prévue jusqu’à mi-avril

Le gouvernement souligne aussi les risques associés aux programmes de citoyenneté par investissement, en particulier celui de Sainte-Lucie. Selon Londres, la croissance rapide de ce dispositif ces dernières années aurait contribué à une augmentation du nombre de passeports saint-luciens utilisés pour entrer au Royaume-Uni afin de demander l’asile ou de travailler illégalement.

Afin d’éviter des perturbations pour les voyageurs ayant déjà planifié leur séjour, les autorités britanniques ont prévu une période de transition de six semaines.

Les ressortissants du Nicaragua et de Sainte-Lucie pourront encore se rendre au Royaume-Uni sans visa jusqu’au 16 avril 2026 à 15h00 (BST), à condition de disposer d’une réservation de voyage confirmée effectuée avant l’introduction de l’obligation de visa et d’une ETA valide.

Les demandes d’ETA pour ces deux nationalités sont en revanche fermées depuis ce 5 mars 2026 à 15h00 GMT.

À l’issue de cette période transitoire, les voyageurs concernés devront obligatoirement obtenir un visa de visite avant leur départ, y compris pour certains cas de transit aérien via le Royaume-Uni.

Auteur:
La rédaction de VisasNews
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