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La demande d’AVE pour le Canada pourrait bientôt évoluer

Au Canada, la demande d’AVE pourrait prochainement ne plus se limiter à un simple formulaire rempli manuellement en ligne. Ottawa envisage désormais une collecte numérique des données du passeport afin de préremplir la demande, limiter les erreurs et ainsi renforcer les vérifications dès le dépôt.

Rédigé par VisasNews

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La demande d’AVE pour le Canada pourrait bientôt évoluer
© Depositphotos

Jusqu’ici, demander une AVE pour le Canada relevait surtout d’un formulaire en ligne à compléter manuellement. Mais les autorités canadiennes envisagent désormais une évolution technique qui pourrait, à terme, changer assez concrètement la manière dont les voyageurs remplissent leur demande.

Le document publié hier par IRCC (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada) ne crée pas, à ce stade, une nouvelle obligation immédiatement applicable aux voyageurs, exemptés ou non de visa canadien, mais d’une initiative réglementaire ajoutée au « Plan prospectif de la réglementation : 2026-2028 » du ministère, avec des modifications proposées au Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés.

La direction prise est désormais claire, puisque le Canada entend intégrer une technologie de « saisie numérique » dans plusieurs démarches, notamment l’autorisation de voyage électronique (AVE) et le visa de résident temporaire.

Selon le texte, cette saisie numérique doit permettre la « collecte à distance des informations figurant sur les passeports » des requérants afin de remplir automatiquement les demandes, de réduire les erreurs de données et d’authentifier les passeports « au moment de la demande ». IRCC précise aussi que le dispositif devra fonctionner selon différents profils, par exemple selon que le demandeur possède ou non un passeport électronique.

Côté voyageurs, l’intérêt pourrait être réel. En réduisant les erreurs de saisie dans la demande d’AVE, une telle technologie pourrait limiter certains problèmes très concrets, comme un refus d’embarquement lié à des données incohérentes ou des difficultés lors des contrôles à la frontière.

Une nouvelle étape dans l’évolution de l’AVE au Canada

Votre AVE en quelques clics

Aujourd’hui, la procédure de demande d’AVE reste relativement légère : le demandeur doit avoir son passeport en main, remplir le formulaire en ligne et payer les frais de 7 dollars canadiens. Le portail officiel ne prévoit pas, dans son parcours standard, de téléversement systématique d’une copie du passeport, même si certains demandeurs peuvent ensuite être invités à soumettre des documents supplémentaires.

Cette orientation n’arrive pas de nulle part. En juillet 2025, une autre initiative réglementaire d’IRCC, déjà relevée par VisasNews, laissait entrevoir un possible élargissement de la collecte et de l’utilisation des données biométriques pour certains programmes d’immigration, avec l’idée d’introduire une nouvelle exigence biométrique pour les voyageurs exemptés de visa demandant une AVE.

La nouveauté mise en avant aujourd’hui est toutefois d’une autre nature. Le texte publié cette semaine ne vise pas, pour l’heure, la photo du voyageur, le selfie ou une capture faciale explicite, contrairement aux États-Unis qui ont déjà fait du selfie un élément du parcours ESTA et en ont récemment resserré le contrôle. Il se concentre sur les données du passeport et sur la manière de les récupérer à distance pour fiabiliser et automatiser davantage la demande.

Vers le téléversement d’une copie du passeport sur le portail AVE…

La première piste, et sans doute la plus simple à mettre en place, serait l’ajout d’une étape demandant au voyageur de téléverser ou de capturer la page d’identité de son passeport directement sur le portail AVE. Une telle évolution permettrait au système de lire automatiquement les informations présentes sur le document, notamment celles de la zone MRZ, puis de préremplir certains champs du formulaire sans dépendre entièrement d’une saisie manuelle.

Cette hypothèse n’est pas explicitement détaillée par IRCC, mais elle correspond très directement à l’objectif affiché de collecte à distance des données du passeport et d’authentification du document dès la demande. D’un côté, réduire les erreurs de frappe qui peuvent compliquer le traitement d’un dossier ou créer des écarts entre les données déclarées et les données réellement portées par le passeport. De l’autre, mieux sécuriser l’identification du voyageur en s’appuyant plus directement sur le document lui-même.

IRCC souligne d’ailleurs que les transporteurs aériens consultés ont soutenu cette orientation, estimant qu’une collecte plus précise des données pourrait « réduire le nombre de cas où une personne se voit refuser l’embarquement en raison d’une erreur de frappe sur son visa ou son AVE ».

… ou la création d’une application dédiée à l’AVE et aux visas temporaires

L’autre scénario, plus structurant, serait le développement d’une application mobile dédiée à l’AVE, ou plus largement aux visas de résident temporaire et autres démarches de court séjour.

Dans un tel schéma, le téléphone du voyageur pourrait devenir l’outil principal de lecture du passeport : capture visuelle de la page biographique, extraction automatique des données grâce à la technologie NFC, et, selon les cas, parcours différencié pour les détenteurs d’un passeport électronique et ceux qui n’en ont pas. Là encore, IRCC ne parle pas noir sur blanc d’une future application, mais la logique technique décrite dans le document laisse cette possibilité ouverte.

Une telle évolution irait dans le sens de ce que l’on observe déjà dans d’autres dispositifs d’autorisation de voyage ou de contrôle préalable.

IRCC explique d’ailleurs lui-même que « les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et bientôt l’Union européenne, ont des exigences similaires ». Le Canada semble donc vouloir rapprocher son AVE de standards internationaux où la vérification de l’identité s’appuie de plus en plus sur des outils numériques et sur le document de voyage lui-même.

Officiellement, IRCC présente cette réforme comme un moyen d’améliorer la qualité des données, l’intégrité des décisions et les processus de gestion de l’identité. Mais le ministère reconnaît aussi que cette saisie numérique créerait une étape supplémentaire, avec des coûts potentiels supplémentaires, pour les ressortissants étrangers demandant un visa ou une autorisation d’entrée au Canada, y compris les demandeurs d’AVE.

Le secteur touristique canadien pourrait également s’inquiéter de l’effet de ces changements sur la décision de certains visiteurs de se rendre au Canada.

C’est tout l’enjeu de cette future évolution : rendre l’AVE plus fiable, sans lui faire perdre ce qui a longtemps fait sa force, à savoir une procédure rapide, légère et largement dématérialisée, avec un prix abordable.

Auteur:
La rédaction de VisasNews
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