Asie - Chine

La Chine ouvre la voie à l’introduction d’un visa électronique

Longtemps restée en retrait sur la dématérialisation des visas, la Chine amorce un tournant. Dans une série de mesures publiées ce 20 mars, Pékin évoque pour la première fois la mise en place d’un visa électronique, tout en poursuivant l’extension de ses dispositifs d’exemption de visa et la simplification des formalités d’entrée.

Rédigé par VisasNews

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La Chine ouvre la voie à l’introduction d’un visa électronique
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Dans le cadre d’une stratégie nationale visant à relancer le tourisme entrant et à stimuler la consommation des visiteurs étrangers, la Chine formalise une nouvelle série de mesures en matière d’entrée des voyageurs internationaux.

Le ministère du Commerce, en coordination avec huit autres administrations, dont les Affaires étrangères et l’Administration nationale des migrations, a publié aujourd’hui un ensemble de « mesures politiques visant à promouvoir l’exportation des services de voyage et à accroître la consommation des visiteurs étrangers ».

Ce plan s’inscrit directement dans les orientations du Comité central du Parti communiste chinois et du Conseil des affaires d’État, avec pour objectif de renforcer l’attractivité internationale du pays et de soutenir le développement du commerce des services.

C’est dans ce cadre que Pékin évoque, pour la première fois de manière explicite, la mise en place d’un système de visa électronique.

Les autorités chinoises indiquent en effet qu’elles s’apprêtent à « étudier la mise en place du visa électronique, tester le système de demande en ligne et raccourcir les délais de traitement ».

Jusqu’à présent, la Chine faisait figure d’exception parmi les grandes destinations internationales. Là où de nombreux pays ont généralisé les visas électroniques (e-Visa) ou les autorisations de voyage électroniques (ETA), à l’image de l’Inde, de la Thaïlande, des États-Unis, du Royaume-Uni et prochainement de l’Europe, la Chine continue de s’appuyer majoritairement sur un système de visas consulaires, impliquant le dépôt de dossiers physiques via des centres agréés.

L’introduction d’un e-Visa représenterait donc un changement structurel majeur, susceptible de simplifier considérablement les démarches pour les voyageurs internationaux soumis à cette obligation.

À ce stade, les autorités chinoises n’ont toutefois communiqué ni calendrier, ni modalités concrètes de mise en œuvre, laissant entendre que le projet en est encore à une phase d’étude et d’expérimentation.

Visa électronique pour la Chine : une expérimentation déjà en place avec le “Port e-Visa”

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Si la Chine ne dispose pas encore d’un e-Visa national accessible au grand public, elle a déjà amorcé, depuis 2024, une première forme de dématérialisation avec un dispositif spécifique : le visa électronique portuaire, souvent désigné sous le nom de « Port e-Visa ».

Déployé notamment à Shanghai, ce système repose sur une logique entièrement numérique. Contrairement au visa traditionnel, aucune vignette n’est apposée dans le passeport : les informations sont délivrées sous forme électronique, et le voyageur peut entrer sur le territoire en présentant son passeport accompagné du document numérique correspondant. La demande est initiée en ligne par une entreprise ou une institution basée en Chine, via des plateformes administratives dédiées, puis validée par les autorités locales avant émission du document électronique.

Ce dispositif permet aujourd’hui la délivrance de plusieurs catégories de visas, notamment pour des motifs commerciaux, de visite, de travail ou liés à des affaires personnelles. Il reste toutefois encadré, avec une validité limitée, généralement une seule entrée, pour une période de 15 jours, un séjour n’excédant pas 30 jours, et un point d’entrée imposé à Shanghai, même si la sortie peut s’effectuer via d’autres postes-frontières ouverts.

Au-delà de ses caractéristiques techniques, le « Port e-Visa » constitue surtout une première étape dans la transformation numérique de la politique migratoire chinoise. En supprimant le support papier, en dématérialisant la procédure de demande et en simplifiant certaines démarches, il préfigure les évolutions que Pékin semble désormais envisager à plus grande échelle.

Mais en l’état, ce système reste limité dans son accès et dans son périmètre. Il s’adresse principalement à des profils invités par des entités locales et ne constitue pas un équivalent d’e-Visa touristique ouvert à l’ensemble des voyageurs.

L’exemption de visa en Chine, une politique appelée à s’étendre

Parallèlement à cette réflexion sur le visa électronique, la Chine confirme sa volonté de poursuivre l’élargissement de ses politiques d’exemption de visa.

Les autorités chinoises évoquent aujourd’hui leur volonté d’étendre de façon « ordonnée » de la liste des pays éligibles à la politique unilatérale d’exemption de visa, dans la continuité des décisions prises ces derniers mois pour faciliter les séjours de courte durée. Ces dernières prévoient également d’« optimiser en permanence la politique d’exemption de visa pour le transit », un dispositif déjà largement utilisé par de nombreux voyageurs.

Cette stratégie s’est déjà traduite par l’ouverture de l’exemption de visa à de nombreux pays, dont plusieurs en Europe, permettant à leurs ressortissants de se rendre en Chine sans visa pour des séjours limités à 30 jours, dans un cadre touristique, professionnel ou familial.

Les 48 pays et territoires suivants bénéficient actuellement de cette politique unilatérale jusqu’au 31 décembre 2026, tandis que la Russie dispose d’un calendrier spécifique fixé au 14 septembre 2026:

  • Allemagne, Andorre, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bahreïn, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Chypre, Corée du Sud, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Japon, Koweït, Lettonie, Liechtenstein, Luxembourg, Macédoine du Nord, Malte, Monaco, Monténégro, Norvège, Nouvelle-Zélande, Oman, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Uruguay.

Promouvoir la carte d’arrivée numérique

Dans le prolongement de cette modernisation, les autorités chinoises entendent également renforcer la digitalisation des procédures frontalières en promouvant le remplissage en ligne de la carte d’arrivée pour les voyageurs étrangers.

Cette orientation s’inscrit dans une démarche amorcée le 20 novembre dernier avec l’introduction de la carte d’arrivée numérique, la communication du jour exposant la volonté des autorités chinoises d’en généraliser l’usage et de l’intégrer pleinement dans le parcours des voyageurs internationaux.

Concrètement, ce système permet aux voyageurs de compléter cette formalité en ligne, jusqu’à 90 jours avant leur arrivée en Chine, en renseignant leurs informations personnelles ainsi que les détails de leur séjour.

Une fois complétée, la carte peut être présentée sous format électronique, facilitant ainsi les opérations de contrôle. Les autorités entendent désormais encourager massivement ce mode de remplissage en ligne, qui devrait progressivement devenir la norme dans les principaux points d’entrée du pays.

Les autorités maintiennent tout de même quelques solutions alternatives afin d’accompagner la phase de transition. Les voyageurs peuvent ainsi toujours remplir leur carte d’arrivée sur place, notamment via des bornes connectées installées dans les principaux ports d’entrée ou en scannant un code QR. Une version papier reste également disponible de manière transitoire, afin de garantir l’accessibilité du dispositif à l’ensemble des passagers.

Une transformation globale de l’expérience des visiteurs étrangers

Le plan présenté ce 20 mars par Pékin ne se limite pas aux seules questions de visa ou formalités d’entrée et couvre plus largement l’ensemble de l’expérience des visiteurs étrangers.

Les autorités souhaitent notamment structurer une véritable marque touristique nationale, articulée autour de concepts tels que « Hello! China », « Shop in China », « Study in China » ou encore « Travel in China », et développer une plateforme d’information centralisée destinée aux voyageurs étrangers.

L’offre touristique doit également évoluer vers des formats plus intégrés, combinant transport, hébergement, visites et consommation, avec une attention particulière portée aux séjours multi-destinations et aux périodes creuses afin de mieux répartir les flux.

Dans le même temps, les autorités mettent en avant l’amélioration des services en langues étrangères, la modernisation des infrastructures d’accueil, ainsi que le recours accru aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle pour développer un tourisme plus connecté.

Les autorités entendent également faciliter l’expérience des visiteurs en matière de paiements, de remboursement de TVA, de connectivité ou encore d’accès aux services du quotidien, souvent perçus comme des points de friction pour les voyageurs étrangers.

Enfin, une attention particulière est portée aux grands événements internationaux, qu’ils soient sportifs, culturels ou commerciaux, avec la mise en place de procédures d’entrée simplifiées et de dispositifs spécifiques pour accueillir les participants et spectateurs dans des conditions optimales.

Auteur:
La rédaction de VisasNews
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