Le gouvernement japonais a approuvé hier un projet de loi visant à modifier la loi sur le contrôle de l’immigration et la reconnaissance des réfugiés, marquant une nouvelle étape dans la réforme des politiques d’entrée sur le territoire.
Le texte, désormais soumis à la Chambre des représentants, prévoit notamment la création du futur système d’autorisation électronique de voyage au Japon baptisé JESTA (Japan Electronic System for Travel Authorization).
Déjà évoqué ces derniers mois par les autorités japonaises, dont la Première ministre Sanae Takaichi, ce dispositif vise à introduire un mécanisme de contrôle préalable pour certains voyageurs avant leur départ vers le Japon.
Inspiré de systèmes similaires déjà mis en place dans plusieurs destinations, comme l’ESTA aux États-Unis ou l’ETA au Royaume-Uni, il permettrait aux autorités japonaises d’anticiper l’arrivée de voyageurs étrangers et de renforcer les contrôles migratoires en amont.
Concrètement, les voyageurs concernés devront transmettre certaines informations en ligne avant leur voyage afin d’obtenir une autorisation d’embarquement. Les autorités japonaises pourront ainsi identifier en amont les personnes susceptibles de ne pas remplir les conditions d’entrée, tandis que les voyageurs autorisés pourraient bénéficier de procédures d’inspection plus rapides à l’arrivée.
Le dispositif JESTA visera les voyageurs de 74 pays exemptés de visa souhaitant effectuer un court séjour, notamment pour des motifs touristiques ou professionnels. Les documents officiels publiés hier indiquent également que d’autres catégories de voyageurs seront concernées, comme les passagers arrivant à bord de navires de croisière ou encore les personnes qui transitent par le Japon.
Comme annoncé il y a quelques mois, le système d’autorisation JESTA devrait entrer en vigueur au plus tard le 31 mars 2029, une fois les infrastructures techniques et administratives mises en place.
JESTA, une réponse à la forte hausse du tourisme international
Les autorités justifient cette réforme par l’augmentation rapide du nombre de visiteurs étrangers ces dernières années.
Selon les données présentées hier par l’Agence japonaise des services d’immigration, le Japon a enregistré environ 39,18 millions de nouvelles entrées d’étrangers en 2025, un niveau record. Parmi ces voyageurs, environ 38,46 millions étaient des visiteurs de courte durée, principalement des touristes.
Les autorités soulignent également qu’environ 80 % de ces voyageurs provenaient de pays bénéficiant d’une exemption de visa, ce qui signifie qu’ils peuvent actuellement entrer sur le territoire japonais sans contrôle préalable avant leur départ.
Cette situation, combinée à la forte reprise du tourisme international, a contribué à allonger les procédures d’inspection à l’arrivée et les temps d’attente dans les aéroports, selon les autorités.
Dans les documents accompagnant la réforme, les autorités japonaises reconnaissent également certaines limites du système actuel.
Si les services d’immigration s’efforcent déjà de refuser l’entrée aux personnes susceptibles de rester illégalement, les autorités indiquent que l’expulsion des personnes ayant dépassé la durée autorisée de séjour nécessite des efforts importants et des coûts élevés.
La mise en place d’un système d’autorisation préalable comme JESTA vise ainsi à empêcher en amont l’entrée de voyageurs susceptibles de poser problème, tout en permettant aux services d’immigration de mieux anticiper les flux de voyageurs.
Les autorités présentent également ce dispositif comme un moyen de renforcer le contrôle migratoire tout en simplifiant les procédures aux frontières, grâce à un filtrage effectué avant même l’embarquement.
Une réforme qui touche aussi les frais administratifs d’immigration au Japon
Si la création du système JESTA attire particulièrement l’attention du secteur du voyage, le projet de loi comporte également d’autres mesures importantes.
Le texte prévoit notamment d’augmenter fortement le plafond légal des frais administratifs liés aux démarches de séjour pour les étrangers, notamment pour :
- le changement de statut de résidence ;
- le renouvellement de la durée de séjour ;
- l’obtention de la résidence permanente.
Le plafond pourrait être relevé jusqu’à trente fois le niveau actuel, une évolution qui constituerait la première révision de ces plafonds depuis 1981. Les montants effectivement appliqués continueront toutefois d’être fixés par décret gouvernemental.
Cette réforme des plafonds tarifaires pourrait entrer en vigueur d’ici le 31 mars 2027 au plus tard, selon le calendrier prévu dans le projet de loi.
Après son approbation par le gouvernement, le projet de loi a été transmis à la Chambre des représentants, où il doit désormais être examiné par les parlementaires.
L’exécutif espère que le texte sera adopté au cours de la session parlementaire en cours, ouvrant ainsi la voie à la mise en place progressive du futur système JESTA.







