Le représentant américain Ed Case, élu d’Hawaï et membre de la sous-commission de la sécurité intérieure de la commission des crédits de la Chambre des représentants, a exprimé ses préoccupations face au projet de règlement du Département de la sécurité intérieure (DHS) visant à renforcer la collecte de données auprès des voyageurs entrant aux États-Unis.
La proposition concernerait notamment les voyageurs des pays participant au Programme d’exemption de visa américain (Visa Waiver Program ou VWP), qui utilisent actuellement le système électronique d’autorisation de voyage (ESTA) pour se rendre aux États-Unis pour de courts séjours sans visa.
Dans un communiqué publié le 9 mars, l’élu estime que ces nouvelles exigences pourraient modifier profondément l’expérience des voyageurs. « Ces exigences supplémentaires représentent un changement fondamental dans le processus d’entrée sur le territoire américain pour les voyageurs légitimes », a-t-il déclaré.
Selon lui, la mesure pourrait avoir un effet dissuasif sur certains visiteurs. « Elles auraient pour effet de freiner un large éventail de voyages vers notre pays en imposant des exigences générales et indiscriminées qui nuiraient inutilement à des secteurs clés liés aux voyages internationaux, tels que le tourisme, l’éducation et le commerce, en particulier avec nos alliés et partenaires les plus proches », ajoute-t-il.
Des informations personnelles plus nombreuses pour les demandeurs d’ESTA
Selon la proposition évoquée par les autorités américaines, les voyageurs pourraient être amenés à fournir davantage d’informations lors de leur demande d’ESTA.
Parmi les éléments évoqués figurent notamment cinq années d’historique sur les réseaux sociaux, des informations de contact détaillées, des données biographiques concernant certains membres de la famille ou encore des identifiants biométriques supplémentaires.
Ces exigences concerneraient les ressortissants des 42 pays, dont plusieurs marchés touristiques majeurs pour les États-Unis comme de nombreux pays européens et asiatiques.
Dans sa lettre adressée à Kristi Noem, la Secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Ed Case reconnaît la nécessité de garantir la sécurité nationale, tout en appelant à la prudence dans l’évolution des procédures d’entrée.
Si le renforcement de la sécurité est important, l’ampleur de ces exigences risque de créer une perception de complexité, d’intrusion et d’imprévisibilité.
Ed Case – Représentant américain du 1er district congressionnel d’Hawaï – 5 mars 2026
Pour l’heure, ces évolutions restent toutefois à l’étude : ni la portée exacte des changements envisagés pour l’ESTA ni leur calendrier éventuel d’application n’ont été définitivement arrêtés.
Hawaï particulièrement sensible à l’évolution des règles d’entrée
Dans ses déclarations, l’élu insiste sur l’importance du tourisme international pour l’économie hawaïenne.
Selon les chiffres qu’il cite, l’archipel a accueilli environ 9,6 millions de visiteurs en 2025, générant près de 12 milliards de dollars d’activité économique à Honolulu, soutenant 64 000 emplois et contribuant à 1,9 milliard de dollars de recettes fiscales.
La situation géographique d’Hawaï, 50ᵉ État des États-Unis, explique en grande partie cette dépendance. Situé au cœur du Pacifique, l’archipel attire traditionnellement une part importante de visiteurs internationaux en provenance d’Asie et d’Océanie, notamment du Japon, de Corée du Sud ou encore de l’Australie, des pays qui figurent parmi les principaux participants au Programme d’exemption de visa américain et dont les ressortissants voyagent vers les États-Unis avec une autorisation ESTA.
Dans ce contexte, il estime que même un léger effet dissuasif pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour certaines destinations américaines.
Pour une destination aussi éloignée qu’Hawaï, où les visiteurs internationaux doivent déjà entreprendre un long voyage, même des effets dissuasifs marginaux peuvent avoir des conséquences économiques disproportionnées pour notre État.
Ed Case – Représentant américain du 1er district congressionnel d’Hawaï – 5 mars 2026
L’élu rappelle également que l’industrie touristique demeure un pilier essentiel de l’économie locale. « Les voyages et le tourisme sont et resteront le principal moteur économique d’Hawaï », indique-t-il.
Une demande de révision du projet
Dans sa lettre adressée au DHS et au service des douanes et de la protection des frontières (CBP), Ed Case appelle donc les autorités fédérales à réexaminer la proposition.
Il demande notamment que les mesures de sécurité envisagées soient ajustées afin de ne pas décourager les voyages légaux vers les États-Unis.
« Je demande respectueusement au ministère de reconsidérer et de réviser cette proposition afin de garantir que les mesures de sécurité renforcées soient strictement adaptées et ne dissuadent pas involontairement les voyages légaux », écrit-il.
L’élu plaide également pour une concertation avec les autorités locales et les acteurs du secteur touristique avant toute modification des règles d’entrée.
La prise de position d’Ed Case n’est pas totalement anodine. L’élu démocrate d’Hawaï siège en effet à la sous-commission des crédits de la Chambre des représentants chargée de la sécurité intérieure, une instance parlementaire qui supervise le financement et le contrôle du Département de la sécurité intérieure (DHS) et de ses agences, dont les services chargés de la gestion de l’ESTA.
Si cette fonction ne lui permet pas d’intervenir directement dans le processus réglementaire en cours, elle lui confère néanmoins une capacité d’influence dans le débat politique entourant ces évolutions, notamment par le biais du contrôle parlementaire, des auditions ou des discussions budgétaires concernant les agences fédérales responsables de ces dispositifs.







