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Le tourisme mondial repart plus vite que l’économie, selon le WTTC

Après avoir retrouvé son niveau de 2019, le tourisme mondial devrait continuer à croître plus vite que l’économie mondiale, selon les dernières prévisions du World Travel & Tourism Council (WTTC).

Rédigé par VisasNews

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Le tourisme mondial repart plus vite que l’économie, selon le WTTC
Le voyage et le tourisme devraient représenter près de 12 000 milliards de dollars en 2026 © Depositphotos

Le tourisme international a retrouvé son niveau d’avant la pandémie de Covid-19 et entre désormais dans une nouvelle phase de croissance.

Le World Travel & Tourism Council (WTTC), l’organisation internationale représentant le secteur privé du voyage et du tourisme, dresse un constat très positif pour le secteur du voyage et du tourisme.

Après plusieurs années marquées par la pandémie, les restrictions sanitaires, les tensions géopolitiques et les perturbations économiques, l’organisation estime que le secteur a démontré une forte capacité de résistance et qu’il devrait continuer à croître plus rapidement que l’économie mondiale au cours des prochaines années.

Selon les dernières données du WTTC, le voyage et le tourisme ont contribué à hauteur de 11 600 milliards de dollars au PIB mondial en 2025, soit 9,8 % de l’économie mondiale, et ont soutenu 366 millions d’emplois, soit environ un emploi sur neuf dans le monde. En 2026, cette contribution devrait atteindre 12 000 milliards de dollars, pour représenter 9,9 % du PIB mondial, avec 376 millions d’emplois liés au secteur.

Le tourisme mondial a retrouvé son niveau d’avant-crise

Le WTTC s’appuie notamment sur son nouveau rapport intitulé Accelerating Travel & Tourism Recovery – Global Evidence from Four Decades of Crises, publié en partenariat avec Chemonics International et la George Washington University School of Business.

L’étude, fondée sur quarante ans de données et l’analyse de 100 crises majeures, souligne qu’aucune destination n’a connu d’effondrement durable une fois la crise terminée, à condition notamment que les pouvoirs publics et le secteur privé mettent en place des réponses coordonnées.

Même après la pandémie de Covid-19, décrite par le WTTC comme le choc le plus sévère subi par le tourisme mondial à l’époque moderne, les voyages internationaux ont fortement rebondi. Après une chute de 72 % en 2020, les arrivées internationales sont remontées à 1,47 milliard en 2024, soit un niveau équivalent à celui de 2019. En 2025, les dépenses des visiteurs internationaux ont atteint un record de 2 020 milliards de dollars.

Pour le WTTC, la question n’est donc plus seulement celle de la reprise, mais celle de la vitesse à laquelle les destinations peuvent retrouver leur attractivité et transformer une période de crise en phase d’investissement, de modernisation et de croissance.

Une croissance attendue plus rapide que celle de l’économie mondiale

Dans son étude d’impact économique 2026, réalisée avec Oxford Economics et sponsorisée par Chase Travel, le WTTC prévoit que le secteur du voyage et du tourisme progressera de 3,2 % au niveau mondial en 2026, contre 2,4 % pour l’économie mondiale.

Sur la prochaine décennie, l’organisation anticipe une croissance annuelle moyenne de 3,6 % pour le PIB lié au voyage et au tourisme, soit 1,5 fois plus vite que l’économie mondiale. Le secteur pourrait également soutenir près de 89 millions de nouveaux emplois dans le monde, soit environ un tiers de tous les nouveaux emplois attendus dans l’économie mondiale sur la période.

Cette dynamique confirme le rôle stratégique du tourisme dans l’économie mondiale, non seulement pour les grandes destinations internationales, mais aussi pour les compagnies aériennes, l’hôtellerie, les croisières, les plateformes de réservation, les agences de voyages, les prestataires de services et les petites entreprises locales liées à l’économie touristique.

L’Europe reste l’un des moteurs de la croissance touristique

Le WTTC souligne également la bonne tenue du tourisme en Europe, malgré un contexte économique plus contraint. Alors que la croissance du PIB européen est attendue à seulement 1 % en 2026, le PIB lié au voyage et au tourisme sur le continent devrait progresser de 3,6 %, soit près de quatre fois plus rapidement.

Les dépenses des visiteurs internationaux en Europe devraient augmenter de 7,1 % en 2026, un rythme supérieur à la moyenne mondiale prévue de 3,7 %. Le WTTC explique cette tendance par le choix croissant de destinations plus proches, dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques et les perturbations observées dans certaines régions du monde.

L’Europe du Sud continue de porter une partie importante de cette dynamique. Le WTTC cite notamment l’Espagne, l’Italie, la France et la Turquie parmi les marchés européens bénéficiant d’une forte attractivité, à condition de maintenir la compétitivité, l’accessibilité et la fluidité des parcours de voyage.

Connectivité, innovation et frontières fluides au cœur des enjeux

Pour maintenir cette trajectoire, le WTTC insiste sur plusieurs leviers : les investissements dans les infrastructures, l’innovation numérique, la gestion durable des destinations, le développement des compétences et la connectivité transfrontalière. L’organisation mentionne également le rôle croissant de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies pour améliorer l’expérience des voyageurs, l’efficacité opérationnelle et la formation des travailleurs du secteur.

Ces recommandations font écho aux transformations déjà visibles dans de nombreuses destinations : généralisation des autorisations de voyage électroniques (ETA), développement des cartes d’arrivée numériques, modernisation des systèmes de contrôle aux frontières, automatisation des procédures d’enregistrement et renforcement des outils de gestion des flux.

Pour les voyageurs, cette évolution peut se traduire par des formalités plus rapides, mais aussi par une multiplication des démarches à anticiper avant le départ. Pour les professionnels du voyage, elle confirme l’importance de suivre de près les nouvelles exigences d’entrée, les obligations de visa, d’e-Visa, d’ETA ou de déclaration numérique qui accompagnent la reprise du trafic international.

Une reprise solide, mais dépendante des politiques publiques

Le WTTC rappelle toutefois que la reprise touristique n’est jamais automatique. La rapidité du rebond dépend notamment de la coordination entre les gouvernements et le secteur privé, de la clarté des messages adressés aux voyageurs, du maintien de la connectivité aérienne et du soutien apporté aux petites et moyennes entreprises, souvent les plus exposées en période de crise.

L’organisation recommande aussi d’éviter les réponses excessives en matière de communication ou de réglementation, de préserver les capacités de transport et d’utiliser les périodes de perturbation pour moderniser l’offre touristique.

Le message du WTTC est donc double. Le tourisme mondial a prouvé sa résilience après les crises récentes, mais sa croissance future dépendra de la capacité des destinations à investir, à rester accessibles et à rendre les voyages plus simples, plus fluides et plus prévisibles.

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